La société 369 St Barth Beach Club a quatre mois pour présenter un permis modificatif qui soit en accord avec les règles d'urbanisme, notamment concernant la surface minimale d’espaces végétalisés.
Après l’affaire de l'Émeraude St Barth (JSB1674), c’est le projet de restaurant de plage à Lorient qui est passé devant la cour d’appel administrative de Bordeaux. Cette fois, la requête était lancée par les opposants au projet : un collectif de voisins. Ce groupe de riverains avait déjà demandé au tribunal administratif l’annulation du permis de construire de la société SC Management, devenue société 369 St Barth Beach Club, qui souhaitait bâtir un restaurant-bar-hôtel au bord de la plage à Lorient. Une demande rejetée par le tribunal administratif de Saint-Barthélemy le 28 novembre 2023.
Trois points à régulariser
Le collectif ne s’est pas avoué vaincu et a porté l’affaire devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Après l’audience qui s’est tenue le 18 juin dernier, la cour d’appel a rendu sa décision le 9 juillet 2026. Celle-ci a décidé d’un sursis à statuer, « afin de permettre à la société 369 St Barth Beach Club de notifier à la cour, dans le délai de quatre mois », un « nouvel arrêté lui accordant le permis de construire sollicité, régularisant les vices mentionnés aux points 8,10 et 16 du présent arrêté.» La société dispose donc de quatre mois pour présenter à la Cour un permis modificatif qui prend en compte les modifications notifiées par la justice. Trois points du permis doivent être régularisés puisqu’ils ne correspondent pas aux règles d’urbanisme. En premier lieu, il s’agit d’une portion de la passerelle pour accéder à la plage et une partie du mur nord qui sont prévus en zone N, alors que c’est une zone dite inconstructible. D’autre part, la Cour avance qu’une partie de la construction n’est pas en accord avec les règles d’urbanisme puisqu’un mur qui doit être implanté en “secteur deck” « ne peut être regardé comme un aménagement léger ou peu haut ». Enfin, la Cour d’appel souligne que le permis accordé ne prévoit pas suffisamment d’espaces végétalisés.
“Une petite victoire”
Une décision considérée comme « une petite victoire pour le bien-être de Saint-Barth » aux yeux du collectif de riverains. « Ils auraient pu annuler le permis puisqu’on sait que les 70 mètres carrés d’espaces végétalisés sont quasiment impossibles à trouver dans l’état actuel », réagit le collectif, qui se dit «mitigé » suite à cette décision. Il reste toutefois vigilant et surveille la décision du conseil exécutif qui devra voter le permis modificatif. « Si la Collectivité le refuse, ce projet sera annulé purement et simplement, ce qui serait cette foi-ci une très grande victoire », espèrent les voisins. Sollicité par le JSB, le président de la société 369 St Barth Beach Club, Julien Sormonte, n’a pas donné suite avant la publication du journal.
