«Un projet exemplaire qui répond aux enjeux éducatifs contemporains tout en intégrant les spécificités du territoire. » Telle est l’introduction à la présentation du projet architectural du futur groupe scolaire de Saint-Jean faite par le cabinet parisien Bulle, Poirier et Justman. Ce dernier, mandataire, a travaillé en étroite collaboration avec l’agence Bruneau Ghezzi Architectes de Saint-Barthélemy afin d’imaginer et de concevoir la structure qui a été retenue par la Collectivité territoriale. Celle-ci présente quelques évolutions par rapport au projet initial de délocalisation, abandonné en janvier 2023 par la nouvelle majorité (lire encadré). Avec, en premier lieu, un parking souterrain.
Celui-ci comprendra 98 places ainsi que des espaces pour stationner des deux-roues. « Le parking fonctionnera de manière pendulaire avec celui du stade et des Mangliers », souligne Jérémie Ghezzi. Mais uniquement lorsqu’il ne sera pas utilisé par les personnels de l’établissement. De plus, le futur aménagement a été pensé avec un système de pompes pour évacuer les eaux en cas d’inondation.
Articulé autour de patios végétalisés
« Tout le concept du projet se veut simple et rationnel », explique Jérémie Ghezzi. Sur une surface de 3.466 mètres carrés, les bâtiments vont accueillir les classes de maternelle et de primaire, un pôle administratif, un centre de documentation, un réfectoire (la cantine scolaire reste à Gustavia), le tout articulé autour de patios végétalisés et dans un ensemble que les architectes ont souhaité « flexible, efficace, utile » et « inspiré du savoir des anciens pour se mettre dans des conditions idéales ».
Ainsi, l’implantation des bâtiments tient compte du relief, de l’orientation au vent, de l’ensoleillement et des risques naturels. La structure a été imaginée de manière à favoriser une pénétration de l’air grâce à des espaces de ventilation naturelle. Notamment dans les classes. « L’objectif est de ne pas être dépendant de la climatisation, même si elle sera présente », indique Yannick Bruneau.
Une unité de production solaire
De plus, un « gros parc photovoltaïque » permettra au groupe scolaire de disposer d’une petite unité de production solaire qui sera aussi utile à l’île pour les périodes de haute consommation, quand l’établissement est fermé (vacances de Noël, pour exemple). Un dispositif qui est encore en phase d’élaboration.
Dans son fonctionnement, le futur groupe scolaire se divisera en deux sections d’éducation distinctes. La maternelle, dans un espace plus réduit, et la primaire. Celle-ci disposera d’une grande cour et d’un imposant préau conçus pour faciliter la ventilation naturelle.
Un cocon
En termes de matériaux de construction, Jérémie Ghezzi et Yannick Bruneau insistent sur la prédominance du bois «qui fait partie intégrante du concept ». Un bois qui devrait venir en grande partie de Guyane. « Pour travailler avec un territoire français mais aussi réduire les coûts carbone, explique Jérémie Ghezzi. Une étude est menée dans ce sens et un appel d’offres sera lancé. »
Si l’architecture du projet se veut contemporaine, elle sera donc aussi marquée par la tradition. En s’inspirant du tressage du latanier, par exemple. « On le retrouve dans beaucoup de détails, assurent les architectes. D’habitude, une école a tendance à être tournée vers l’extérieur. Là, on a créé un cocon autour des patios, avec un microclimat. »
Une zone d’arrêt pour déposer les écoliers sera élaborée devant l’entrée de l’établissement. Mais elle sera réservée aux bus scolaires. Les parents devront stationner leur véhicule sur le parking du stade, qui devrait être réaménagé, avant d’accompagner leur enfant, ou ils pourront se garer dans le parking souterrain. Par ailleurs, une citerne de récupération des eaux de pluie a été rajoutée au programme initial. De plus, une étude environnementale est en cours. Lorsqu’il a été lancé sous l’ancienne mandature, le projet de nouveau groupe scolaire à Saint-Jean était estimé à un peu plus de vingt millions d’euros. Un coût global qui, au budget primitif 2026, est désormais évalué à hauteur de 28 millions. Pour une durée de construction de cinq ans.
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Un projet abandonné puis relancé |
