Sous le grand panneau d’affichage, de volumineux lambeaux de pelouse synthétique jonchent la piste d’athlétisme. Sur ce qui était, et va redevenir, le terrain de sport, deux hommes de la société Art Dan travaillent à la pose d’un revêtement spécial composé de cailloux. En chantier depuis plusieurs semaines, le stade de Saint-Jean restera fermé au public jusqu’au 25 septembre. Mais lorsqu’il rouvrira ses grilles, ce sera pour offrir une structure flambant neuve et élaborée avec des équipements haut de gamme.
Jean-Marc Zingaretti est le chef de chantier. Il travaille pour l’entreprise Art Dan, experte dans la pose de revêtements sportifs. « On fait environ 150 terrains par an, explique Jean-Marc Zingaretti. On va de la création des synthétiques à la pose en passant par l’entretien. On a aussi une usine de traitement des déchets. D’habitude, quand on est sur nos bases, on enroule directement la pelouse remplacée, on la met sous plastique et elle part en usine. » A Saint-Barthélemy, le procédé sera différent.
Plusieurs internautes ont posé la question de savoir s’il était possible de récupérer des pans de l’ancienne pelouse. A priori, la réponse est non car c’est Paprec Energies qui va les récupérer pour les détruire sur le site de propreté de Ouanalao Environnement, à Public. Pour la couche de PUNR (Pneus usagers non réutilisables) broyés qui se trouvait sous l’ancienne pelouse, le chef de chantier précise qu’elle est généralement envoyée dans une cimenterie qui l’utilise pour « chauffer la pierre ».

Jean-Marc Zingaretti de l’entreprise Art Dan.
« Rien à voir avec ce qui était posé avant »
Pour l’heure, la zone de jeu est recouverte par le revêtement de cailloux spécialement constitué pour l’équipement. Une première étape qui s’accompagne de mesures et autres prises de cotes. « On doit suivre des nouvelles normes précises, indique Jean-Marc Zingaretti. Un bureau spécialisé dans les terrains de sport fera un contrôle à la fin des travaux. » Par-dessus cette première pose va être placé une « couche de souplesse ». Le chef de chantier explique : « Comme il y a du rugby, un test de rebond est réalisé pour que ce soit normalisé. » Une bonne nouvelle pour les Barracudas et les joueuses de l’Entente des Iles du Nord, récentes championnes des Antilles Guyane avec des Rascasses dans leurs rangs. Ensuite viendra la pose du gazon.
« Il s’agit d’un gazon sans remplissage, souligne Jean-Marc Zingaretti. Ça veut dire qu’il reste pur, tels qu’il est posé. Avec un million de brins au mètre carré, on récupère la même qualité sportive que sur un gazon naturel. Ça n’a rien à voir avec ce qui était posé avant. » Pas moins de 90 rouleaux de pelouse synthétique vont être nécessaire pour reconstituer le terrain. Ils seront solidement fixés avec un système de blocage.

Les terrains de l’OM
En 2025, Art Dan a installé 34 terrains du même type en France hexagonale. Mais pas uniquement. Le premier essai de ce gazon d’un nouveau type a été entrepris pour le club de football du PSV Eindhoven, aux Pays-Bas. Depuis, de nombreuses commandes ont été enregistrées. « Quand les professionnels ont vu le résultat, sourit le chef de chantier. En ce moment, on travaille sur les terrains d’entraînement de l’Olympique de Marseille. » Pour entretenir cette nouvelle pelouse, Jean-Marc Zingaretti assure qu’un «balayage » pratiqué toutes les trois semaines est suffisant. « Une machine spéciale fait partie du package et va arriver bientôt, précise-t-il. On fournit tout ! »
Quand l’installation du terrain sera terminée, l’équipe attaquera la pose de la nouvelle piste d’athlétisme. «Ce sera un revêtement préfabriqué qui est le top du top», affirme le chef de chantier. Quant au système de drainage des pluies, il a été entièrement contrôlé et curé. « Tout est nickel », se réjouit Jean-Marc Zingaretti.
Pour l’ensemble de ces travaux, un délai de quatre mois est nécessaire. Pour la Collectivité territoriale, la rénovation de la pelouse et de la piste représente un investissement de deux millions d’euros.
En 2017, l’ouragan Irma avait ravagé la structure. L’oligarque russe Roman Abramovich, qui possède un vaste domaine à Gouverneur, avait alors financé la remise à neuf du stade et de la piste. Pour ce faire, il avait investi près de trois millions d’euros. La société T3 Global Projects, basée à Baton Rouge en Louisiane, avait effectué les travaux.
