Saint-Barth -

Route sous le fort : pas de réouverture programmée

«Et la route sous le fort, elle rouvre quand ?" A priori, ça ne sera pas pour tout de suite. La question, telle qu’elle est posée ci-dessus, a été formulée par Bruno Magras, président honoraire de la Collectivité territoriale, à l’attention de son successeur à la tête de l’institution depuis 2022, Xavier Lédée. La scène se déroule dans la salle des mariages, le 27 septembre dernier, en marge de l’élection sénatoriale. Xavier Lédée répond à son interlocuteur que le dossier avance et que des procédures sont en cours. Depuis, rien n’a véritablement bougé. 
Pour mémoire, le 20 novembre 2025, plusieurs roches, dont une des plus imposantes, s’étaient détachées du morne avant de s’écraser sur la voie de circulation, juste devant l’entrée du port de commerce. Un incident qui n’avait fait aucun blessé. 
Dans un premier temps, la route dite sous le fort, c’est-à-dire la portion qui conduit de la zone commerciale et industrielle de Public jusqu’à l’entrée de Gustavia, a été entièrement fermée à la circulation. Elle a ensuite été rouverte mais uniquement dans le sens Public-Gustavia. Fin décembre 2025, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de Guadeloupe a dépêché un scientifique à Saint-Barth (JSB 1644). Celui-ci a procédé à l’examen de plusieurs sites désignés comme «sensibles», dont celui du massif qui surplombe la voie qui relie l’entrée du port de commerce à celle de Gustavia. Le spécialiste a rédigé un rapport basé sur ses constatations qu’il a remis pendant la période des fêtes de fin d’année aux services de la Collectivité.


Une étude pour compléter une étude
Sur la base de ce rapport, la Collectivité a sollicité la rédaction d’une étude géologique auprès d’un spécialiste. Mais celle-ci n’a, manifestement, pas été concluante. Conseiller territorial et président de la commission de maîtrise du développement et de la modernisation du territoire, Fabrice Querrard explique : « Le premier rapport géotechnique qui nous a été rendu était un peu générique. Donc on a demandé à un bureau spécialisé dans ce type d’événement d’effectuer une étude complémentaire. » Par conséquent, aucun aménagement permettant de sécuriser le morne, donc de prévenir d’éventuels éboulements sur la route, ne sont prévus à cette heure. La voie de circulation restera donc ouverte dans un seul sens de circulation. Les barrières de protection installées sur la voie, le long du morne, délimitent une zone de « sécurité », faute de mieux. Reste à savoir pour combien de temps encore ce dispositif spartiate va être maintenu. Car des chutes de roches ne sont pas à exclure.
Selon les extraits du rapport du BRGM dévoilé par Fabrice Querrard en janvier dernier (JSB 1648), « le danger n’est pas écarté » et «d’autres zones de chutes potentielles sont visibles à l’œil nu ». Plusieurs mètres cubes de roches sont ainsi susceptibles de se détacher du massif, tout comme des «blocs instables masqués par la végétation et situés à mi-pente ». Le rapport avertit qu’une « rupture brutale pourrait survenir à court terme ». De plus, d’autres «blocs menaçants » ont été identifiés sur le versant Sud du massif, au-dessus de la portion de route qui part en direction de Gustavia.
Le 23 janvier, dans une publication en ligne sur son compte Facebook, Xavier Lédée écrivait : « Suite au rapport du BRGM, plusieurs bureaux d’études ont été consultés et les travaux de sécurisation devraient débuter dans les prochaines semaines. » Les semaines et les mois ont passé, sans évolution. 
Parallèlement, d’autres sites dits « sensibles » ont été identifiés par le BRGM de Guadeloupe dans son rapport. Comme celui du morne Depoudré, duquel s’étaient détachés des rochers le 18 septembre 2025 (JSB 1632 et 1633), s’écrasant sur la route puis en contre-bas. Là encore, aucune mesure de sécurisation du site n’a, pour l’heure, été mise en place.

 

Journal de Saint-Barth N°1685 du 29/10/2026

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