Depuis qu’il a commencé à tirer ses premiers bords à l’école de voile du Saint-Barth Yacht Club, Marvin Fébrissy Gréaux a le regard tourné vers le large. « Avant même de quitter l'île et de faire de l'Ilca, je savais déjà que je ne voulais pas faire de l’olympisme mais de la course au large », confirme le jeune marin. Âgé d’à peine 17 ans, il est désormais en passe de réaliser son rêve. Celui de participer à la Transat Paprec en double mixte, sur le Figaro Bénéteau fourni par la Collectivité territoriale : le Team StBarth.
« Ça prend forme depuis environ un an, explique Marvin. J’ai commencé par faire des réunions avec la Cem pour en parler, puis à la Collectivité. Ensuite, David Blanchard (conseiller territorial chargé des affaires sportives) m’a contacté pour me dire que c’était sûrement moi qui allait être choisi pour le projet de Transat 2027. J’ai reçu la confirmation en avril et le bateau est arrivé en juin. Du coup, toute l’année, j’ai passé les formations dont j’avais besoin. »
Son envie de course au large est évidemment apparu en assistant aux arrivées de la Transat à Saint-Barth. « Je ne sais pas ce qui m’intéressait, confie le jeune navigateur. Juste l’idée de partir, sans doute, de faire de la voile, le sport que j’aime, et le fait que ça se passe sur plusieurs jours. Je trouve ça plus intéressant qu’une petite régate à la journée. » Mais avant de larguer les amarres du port de Concarneau, Marvin Fébrissy Gréaux a encore quelques phases d’apprentissage à franchir.
Deux cadors comme coéquipiers
Ainsi, depuis le 23 août, le pensionnaire du Pôle espoir de voile de La Rochelle participe à la première édition de l’Aventura. Il s’agit d’une nouvelle épreuve du championnat de France Elite de course au Large. Courue en double sur Figaro Bénéteau 3, elle est inscrite officiellement au calendrier de la Fédération Française de Voile. La première étape est partie du port vendéen de Port-Bourgenay pour arriver à Lagos, au Portugal. 1.600 milles de navigation à laquelle vingt équipages ont pris part. Parmi eux, donc, Marvin Fébrissy Gréaux et son coéquipier, Romen Richard, qui n’est autre que l’entraîneur des figaristes à La Rochelle. Malheureusement pour les deux marins, l’épreuve n’a pas été de tout repos.
Quelques minutes seulement après le départ, le Figaro Team StBarth a été contraint d’opérer un demi-tour vers Port-Bourgenay, victime d’une déchirure de la grand-voile. Grâce à la solidarité entre les équipes, Marvin et Romen ont rapidement pu reprendre la mer, une nouvelle voile leur ayant été prêtée. « C'était super cool que tout le monde nous ait aidé », se réjouit Marvin, en repos à Lagos dans l’attente de la deuxième étape de L’Aventura au cours de laquelle, flanqué d’un nouvel équipier (Benjamin Dutreux, parrain de L’Aventura, 9e du Vendée Globe 2020/2021, 10e de l’édition 2025, 8e de la Route du Rhum en 2022…), il devra rejoindre l’île d’Yeu. En espérant pouvoir aller au bout.
« Encore beaucoup de boulot »
Marvin évoque avec enthousiasme cette nouvelle expérience au large. « Le premier matin, on a eu du mal à gérer un orage et l’écart commençait à se creuser avec les premiers, se souvient-il. Ils avaient de l'avance donc ils touchaient tout le temps les nouveaux vents avant nous. L’écart se creusait encore, c'était compliqué mentalement, mais pour moi c’est un super entraînement pour la Transat. Ça fait pas mal de nuits en mer donc c'est super ! » Après de nouvelles casses, Marvin et Romen ont dû se résoudre à l’abandon et ont fait route vers Lagos sans poursuivre l’étape. La deuxième levée partira ce dimanche 6 septembre.
« Avoir Romen Richard et Benjamin Dutreux avec moi, ça me permet d’en apprendre beaucoup sur les aspects techniques du Figaro, sur la météo, c’est hyper intéressant », assure Marvin. Il est toutefois conscient qu’il lui reste de nombreuses choses à apprendre. « Il y a encore beaucoup de boulot, je m’en aperçois », s’amuse-t-il, citant les notions de météo, les manœuvres, les réglages… « C’est une accumulation de détails qui font que l’on peut avoir une vitesse plus élevée que les autres », souligne-t-il. Et puis il y a la vie à bord, très particulière. « J’ai pu m’apercevoir que j’ai du mal à m’endormir mais que, quand je m’endors, c’est trop profondément », glisse-t-il.
Tout en se préparant activement pour l’édition 2027 de la Transat Paprec, Marvin, récent bachelier, va entamer une licence en mathématiques. Dans le même temps, il faudra trouver une navigatrice pour constituer le tandem mixte de la Team StBarth.
Remerciements aux sponsors
Marvin Fébrissy Gréaux adresse ses remerciements à Super U, Établissement Hippolyte Lédée, Garage Henri Greaux, Good Deal Auto, Ouana Garden, le nouveau sponsor Daniel Moquet, mais aussi les anciens avec Raymond Magras et Alma qui l’ont suivi trois années et un partenariat de deux ans avec la Caisse Locale du Crédit Agricole. « Et bien sûr la Collectivité qui m’offre cette opportunité incroyable de lancer ma carrière en course au large», conclut-il.
