Saint-Barth - Cindy Brin Transat

Saint-Barth Yacht Club : Cindy Brin met les voiles

«Mon père m’a dit : on habite sur une île donc tu dois faire quelque chose en rapport avec la mer. » Voilà comment, âgée de cinq ans, Cindy Brin monte pour la première fois sur un petit bateau. Un apprentissage qui va la conduire jusque sur le podium de la Transat Paprec 2024 en double mixte (avec Thomas André, JSB 1616) mais aussi, pendant plus de dix ans, à devenir éducatrice au sein de l’école de voile qui l’a vu grandir, le Saint-Barth Yacht Club. Une structure que Cindy Brin a choisi de quitter à la rentrée. En y laissant une empreinte quasiment indélébile. Même si, comme le dit elle-même : « Des monitrices et des moniteurs, j’en ai vu passer beaucoup ! »

Assommée !
De son propre aveu, l’éducatrice et navigatrice craignait la mer lorsqu’elle était petite fille. « Mon père m’a dit d’y aller quand même, sourit-elle. Lors de mon premier stage, j’ai pris un coup de baume et je suis tombée dans l’eau, assommée ! J’ai dit que je n’y retournerai plus. Finalement… » Finalement, une sacrée aventure maritime a suivi. « Mais je n’aime toujours pas l’eau aujourd’hui, confie Cindy. S’il faut sauter, je saute, mais je n’irai pas de mon plein gré. » D’ailleurs, elle assure qu’avant de s’embarquer pour la Transat Paprec en 2024, elle a mis les choses au point avec son équipier, Thomas André. « Je lui ai dit que je pouvais monter au mât sans problème, mais que s’il fallait se mettre à l’eau pour quelque chose, ce serait à lui de le faire », raconte Cindy. Manifestement, cette entente s’est avérée efficace.
Pour en revenir à l’enfance, la navigatrice se souvient : « Ce n’est qu’à partir de huit ans que j’ai commencé à faire du bateau parce que j’en avais envie. Et puis il y a eu la première régate gagnée. Là, je me suis dit que je serai première. J’y allais pour gagner. » En compétition, elle participe à trois Europa Cup et quatre championnats de France.
Après sa scolarité à Saint-Barth, Cindy Brin s’envole pour le Creps (Centre de ressources, d'expertise et de performance sportive) de Guadeloupe. Le baccalauréat en poche, elle revient en 2015 sur son île. « J’ai bossé trois semaines à U, mais ce n’était trop mon domaine », assure-t-elle aujourd’hui. A l’école de voile, Jean-Paul Berry lui propose de le rejoindre. Avec une place garantie et une formation dans la foulée. « Je t’assure que je préfère sortir des bateaux plutôt que de mettre des choses en rayons », s’amuse Cindy.

Lorenzo Mayer, une fierté
En dix ans, des élèves, elle en a vu défiler ! Mais il en est un qui l’a particulièrement marquée : Lorenzo Mayer. « Parce qu’il réussit une carrière olympique, sourit-elle. Je sais que je n’y suis pour rien mais, dans un petit coin de ma tête, c’est une fierté. Après, il y en a eu plein d’autres ! » Comme Marvin Fébrissy Gréaux qui, comme Cindy, va tenter une traversée lors de la prochaine Transat Paprec. «Marvin, il fait partie de ceux qui, très tôt, m’ont dit qu’ils feraient de la course au large, se souvient l’éducatrice. Tous les élèves, c’est quelque chose de voir leur évolution. Les voir arriver, timides, sans trop savoir ce qu’ils font, et les voir progresser. Parfois je les ai peut-être poussés un peu trop. Mais quand je les croise dans la rue aujourd’hui, même s’ils ne font plus de bateau, ils me disent que ça leur a servi. » Une marque identique à celle que Jean-Paul Berry, qui a quitté le club en 2021, a laissé à Cindy Brin. Elle cite aussi Simon Favaud, dans un autre style. «Il a été mon entraîneur, mon patron aussi, notre relation a évolué au fil du temps. »

« Un jour, j’y serai aussi »
Pour Cindy, la Transat de 2024 a été une révélation. «Elle m’a ouvert les yeux sur plein de choses », affirme-t-elle. Une influence de cette course si particulière qu’elle avait déjà connue, pour d’autres raisons, en 2000. «J’avais quatre ans et, j’ai vu des gens épuisés mais avec le sourire, raconte-t-elle. Debout sur le bateau de mon père, je lui ai dit qu’un jour, moi aussi je serai là-bas. »
Pour l’heure, Cindy Brin va se consacrer à sa nouvelle activité professionnelle. De la manutention et de la livraison. Mais elle ne quittera pas la mer des yeux.  

 

 

Thomas Hervé double champion du monde
L’ancien coéquipier de Cindy Brin lors de l’édition 2024 de la Transat Paprec en double mixte, Thomas Hervé, vient de décrocher le titre de champion du monde offshore en double mixte. Il n’est donc pas seul dans la victoire, bien évidemment. C’est avec Colombe Julia que Thomas Hervé s’est emparé de la victoire après deux jours et cinquante minutes de course au large. Un deuxième titre d’affilée puisqu’il avait déjà été couronné en 2025 aux côtés de Théa Khélif. 
Après son podium sur la Transat avec Cindy Brin, tout porte à croire que le double mixte convient à merveille à Thomas André !

 

 

Journal de Saint-Barth N°1682 du 08/10/2026

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