Saint-Barth - Lukas Outil nage

Saint-Barth / Saint-Martin à la nage, bien plus qu’une performance pour Lukas Outil

Lukas, après avoir fait le tour de Saint-Barth à la nage en février dernier (JSB1652), qu’est-ce qui vous a motivé à rallier les deux îles du Nord ? 
Lukas Outil : Au départ, c’est une idée de mon ancien entraîneur de natation Didier Icheck, qui est malheureusement décédé en juin dernier. Didier était un grand nom de la natation guadeloupéenne, il entraînait au pôle espoir du Creps Antilles Guyane…et il m’entraînait aussi (ému). C’est à la suite de mon tour de Saint Barth qu’il m’a mis cette idée en tête. Il m’a bassiné avec ça, si je puis dire [rires] Cela lui tenait à cœur que je relève ce challenge. Quelque part ma performance c’est un peu mon hommage pour lui. Pour l’homme, pour l’ami et pour le coach qu’il était.

Vous avez nagé aussi pour une noble cause n’est-ce pas ? 
Oui je voulais soutenir l’Agence Territoriale de l’Environnement. L’A.T.E. fait beaucoup de choses pour le monde marin comme du clean-up ou encore des plantations de coraux. C’est important de sensibiliser le public et cet organisme le fait très bien. Il faut le mettre en valeur.


Vous avez mis 6 heures et 7 minutes à faire la traversée c’est une performance remarquable !
Oui, mais attention, je ne cours pas derrière un exploit. Je ne veux enlever ce titre ou ce challenge à personne car je sais que d’autres nageurs bien avant moi l’ont fait. Ils n’avaient pas enregistré officiellement leurs résultats à l’époque. Les datas et les palmarès n’étaient pas forcément repris de manière officielle, comme ça l’est aujourd’hui. 

Quel a été le moment le plus dur dans cette traversée de 22,35 km en eau libre ?
Autour du 13ème kilomètre, il y avait beaucoup de houle qui venaient dans mon dos et qui m’obligeait à me cambrer. C’était très dur, j’ai eu des crampes. J’ai dû boire beaucoup à chaque ravitaillement pour tenir. Au fait, je n’ai vu que des dauphins et pas de requins [rires].

Quelle différence, y a-t-il, à la nage, entre faire le tour de Saint-Barth et rejoindre Saint-Martin depuis ici ?
Faire le tour de l’île est plus dur car on est souvent ballotté par les vagues. C’est une course très « articulaire » où il faut combattre les courants. La traversée inter-îles c’est plus de l’endurance et de la concentration.

Quel a été votre sentiment lorsque vous avez atteint Oyster Pond à Saint-Martin ?
Tout le monde était là autour de moi. Ma famille qui m’a suivi durant la traversée mais aussi les amis, déjà sur place, et les sponsors, indispensables à ma réussite. J’étais très heureux et j’ai beaucoup échangé avec le public, venu en nombre.

Quelles sont vos projets natation à venir ?
J’ai fait 2 grosses courses en 2026, vous ne me reverrez pas dans l’eau avant l’année prochaine [rires]. Mon père me sollicite pour que nous fassions tous les deux à un Half-Ironman, j’y réfléchis, même je pense que je vais lui répondre positivement. Mais je ne compte pas arrêter la natation pour autant. Je vous tiendrai au courant de mon prochain défi, c’est promis ! 

 

 

Journal de Saint-Barth N°1676 du 28/08/2026

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Lukas Outil