Saint-Barth - rugby féminin entente iles du nord rascasses

@Gilles Morel

Rugby féminin - L’Entente îles du Nord pour l’éternité sur le bouclier

En soulevant le premier bouclier de champion régional de l’histoire du rugby féminin des îles du Nord, l’Entente Rascasses de Saint Barth - Archigirls de Saint-Martin, venue à bout du Good Luck sur le score de 41 à 33 samedi soir à Goyave, rentre dans l’histoire du rugby Antillais en gravant le nom de son entité sur le trophée. Un titre qui récompense la connexion entre les joueuses de Saint Barthélémy et de Saint Martin. 

Il fallut bien les trois tiers temps réglementaires pour que l’Entente des Iles du Nord devienne l’équipe championne qu’elle voulait être. « On a d’abord cru qu’on allait faire un remake de la saison dernière. A la fin du premier 1/3 temps à 5-28, rien ne va et les regards sont perdus car on vient de faire une des pires entame de match de la saison, mais malgré tout il n’y a que 3 essais d’écart... On prend alors 2 minutes pour laisser les joueuses s’exprimer et cracher leur rage de vaincre », prophétise Fabien Maurel, un des entraîneurs. Et c’est alors une remontada qu’effectuent les iliennes du Nord qui, en respectant les consignes offensives et en redoublant d’agressivité en défense, parviennent à recoller au score, pour ensuite prendre les devants au tableau d’affichage et ne plus être rattrapées par la suite. «On est restée disciplinée, solidaire et concentrée jusqu’au bout. C’est vraiment notre collectif qui nous a permis d’aller chercher cette victoire », rassure Elise Howard, qui marquera l’essai de la gagne pour l’Entente. Sa coéquipière Noémie Delpech-Millet abonde dans son sens, «après le match contre le Bruc, on s’était jurée de rester calme et unie quoi qu’il arrive, on n’avait pas envie de revivre la même situation. » 

Quelle a été la clé de la réussite dans ce match ? Chacun et chacune y va de son avis : «Priver l’adversaire de ballons pour rester maître de notre jeu » suggère Fabien Maurel. « Nos supporters venus de Saint-Barth et de Saint-Martin ont été incroyables. C’était un vrai plus de les entendre nous encourager comme ça tout au long de la rencontre. C’est grâce à eux qu’on a eu cette détermination pour gagner », se targue l’expérimentée Marine Cantatore. Noémie Delpech-Millet pense aussi à un autre facteur, assez marquant : « Pour moi c’est la persévérance de toutes les joueuses. Il y a des filles qui ne connaissaient pas forcément le rugby et qui ont été là à tous les entraînements. Des filles pour qui venir, avec le travail, n’était pas simple, mais qui ont réussi à négocier leurs week-ends pour jouer les matchs. On a toutes fait de gros efforts personnels, sur et en dehors du terrain. » Un élan collectif et solidaire qui a poussé cette équipe à ne jamais baisser les bras jusqu’au coup de sifflet final. 

« On va les choquer ! »
Une délivrance pour les joueuses, le staff, les supporters et les bénévoles, qui basculent dans une hystérie collective où se mêlent cris, joies, pleurs et soulagement. « Entre le moment où notre capitaine a envoyé le ballon en touche et celui où l’arbitre a sifflé la fin du match, le temps m’a paru interminable, puis il y a eu la délivrance. Au milieu de toute cette joie, j’entendais ma maman (Florence, vice-présidente du club, ndlr) exprimer son bonheur. Pouvoir partager ce moment avec elle était très émouvant » s’émeut Marine Cantatore. Fabien Maurel, présent depuis le début de l’aventure des Rascasses n’en revient pas : « Avec Thomas et Kiwi, le coach de Saint-Martin, on se prend d’abord dans les bras et puis là, tout défile dans ma tête, depuis ce repas  il y a 9 ans de ça, où est née l’idée de créer une équipe féminine à Saint Barth jusqu’à la finale d’aujourd’hui.». 

De quoi s’offrir quelques jours de festivités, qui débutent dès la fin du match et se prolongent jusqu’au retour à Saint Barth, et encore aujourd’hui. Du bonheur et de la fierté avant tout. « Le meilleur souvenir pour moi, c’est de voir ces petites filles nous tendre un dessin qu’elles ont fait. Quand j’étais petite, les grandes de mon club étaient des stars pour moi ! Alors de ramener le bouclier à des filles qui grandissent sur l’île et qui font du rugby enfants, je trouve ça génial ! » confie Noemie Delpech-Millet. Les joueuses sont accueillies à la descente de l’avion de retour par une centaine de supporters venus fêter le retour à la maison de leurs championnes de rugby. « Présenter le bouclier au club et à ses adhérents est une image qui restera longtemps dans nos mémoires », abonde Elise Howard. « On va faire tourner le bouclier partout sur l’île ! » annonce Galib’ (Célyne Galibert). 

C’est l’heure du bilan de cette saison historique, qui a vu l’Entente IDN se requalifier pour la finale du championnat, ce qui est inédit en soi, et dont la conclusion, avec ce titre de championnes de Guadeloupe, donne une dimension historique à cette saison 2025-2026 que joueuses et staffs ne sont pas prêts d’oublier. « Terminer l’année avec le premier titre féminin pour le club récompense tout le travail accompli et montre que le rugby féminin des Îles du Nord continue de progresser », résume Elise Howard. 
Marine Cantatore voit aussi de beaux jours se profiler : «Notre cohésion avec les Archigirls ne cesse de grandir, et elle nous a menée jusqu’à ce titre. J’espère que ce n’est que le début et qu’il y en aura d’autres ! ». 

Comme si le destin avait frappé à la porte des iliennes du nord, Noémie Delpech-Millet se remémore : « En début de saison, une de nos coéquipières, Léa, nous avait dit : On va les choquer ! Là, on les a tous et toutes choqué, par notre victoire finale et par l’équipe qu’on a créée. » 

Et le saviez-vous ? Les néo championnes de Guadeloupe de rugby ont trouvé un chant pour l’occasion, et c’est leur coach Fabien Maurel qui le crie, en guise de conclusion : « Oh la la, Oh lé lé, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? On a le bouclier !!! »
 

 

Journal de Saint-Barth N°1669 du 11/06/2026

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