Saint-Barth -

Réunis au sein de la Cem, les chefs d’entreprise de l’île ont estimé que la création d’un Medef local n’est pas nécessaire.

Renforcer la Cem plutôt que de créer un Medef local

Le 12 mars, Bruno Blandin, président du Medef Guadeloupe, est venu à Saint-Barthélemy afin de s’entretenir avec les chefs d’entreprise de l’île dans le cadre d’une rencontre organisée à la Chambre économique multiprofessionnelle (Cem), à Saint-Jean. Vendredi 24 avril, la Cem a une nouvelle fois convié les entrepreneurs pour évoquer la possibilité de créer une antenne Saint-Barth du Medef (Mouvement des entreprises de France, le syndicat du patronat). Des débats directs et constructifs ont rapidement été engagés, après une présentation rappelant que la Cem assure déjà « environ 95% de ce que le Medef propose ».
« L’idée n’est pas de voir s’empiler des institutions les unes sur les autres », a déclaré un chef d’entreprise. « On a déjà un outil très proactif avec la Cem, on n’a pas besoin du Medef », renchérit un autre. De fait, les échanges ont davantage porté sur les moyens envisageables pour offrir une plus grande indépendance et autonomie à la Cem plutôt que sur la création d’un Medef local.
Pour ce faire, l’idée d’une cotisation annuelle pour s’affranchir de la subvention territoriale dont bénéficie la Cem (établissement public territorial créé par la Collectivité, pour mémoire) est formulée. Pour éviter, comme en 2024, qu’une proposition d’évolution statutaire soit retoquée par les élus territoriaux. Sur ce point, Mélissa Lake, conseillère territoriale et présidente de la commission des affaires économiques, répond : « Cela fait quatre ans que nous travaillons sur ces statuts. Nous avons conscience de la nécessité d’une évolution et nous sommes ouverts aux discussions. Il s’agit de co-construction. » Un chef d’entreprise insiste : « Il faut complémentariser ce qui existe déjà. » Notamment pour mieux répondre à des problèmes spécifiques.
Comme celui qui est évoqué à plusieurs reprises pendant la réunion, en l’occurrence les arrêts de travail jugés « abusifs » par les patrons. Pour ce faire, la création de « dispositifs de contrôle » est invoquée. Sur des bases qui resteront à établir. D’autres besoins sont énumérés : le renforcement de la représentation juridique et prud’homale, une défense accrue des intérêts économiques, par exemple. Pour la Cem, une évidence apparaît. Celle de faire de la Chambre l’interlocutrice unique et légitime des entreprises de l’île. Le « modèle importé » du Medef devrait donc rester à la porte. La Cem doit désormais amorcer de manière encore plus appuyée sa mue.

Journal de Saint-Barth N°1663 du 29/04/2026

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