Élue sénatrice en septembre 2020, Micheline Jacques brigue un second mandat. Âgée de 54 ans, ancienne directrice d’école, elle est conseillère territoriale pour le groupe Saint-Barth d’Abord, membre du parti Les Républicains et présidente de la délégation sénatoriales aux outre-mer depuis 2023. Elle a pour suppléant le chef d’entreprise Jérémy Laplace, actuel président de la Chambre économique multiprofessionnelle.
(Seuls les grands électeurs prennent part aux élections sénatoriales. A Saint-Barthélemy, ce sont les dix-neuf conseillers territoriaux, le député et la sénatrice)
Quel bilan dressez-vous de votre mandature ?
Je n’ai pas à rougir de mon bilan. Je connais parfaitement le fonctionnement des institutions. J’ai un appui solide de la majorité sénatoriale et un réseau tout aussi solide grâce à la présidence de la délégation sénatoriale aux outre-mer. Cela m’a permis de m’ouvrir les ministères, d’y avoir des contacts qui m’ont été utiles quand il a fallu gérer la crise de l’énergie, par exemple. Mais aussi au niveau européen. Quant à Saint-Barthélemy, son statut a été préservé tout au long du mandat. Être le gardien du statut, c’est la première mission du sénateur de Saint-Barth. L’équilibre a été préservé.
Pourquoi vous représenter ?
En marchant dans les pas de Michel Magras, j’ai poursuivi sur un chemin qu’il avait bien balisé. Un chemin qui m’a conduite à la présidence de la délégation sénatoriale aux outre-mer. Saint-Barth a peu de gros sujets avec l’État, mais à chaque fois il s’agit de sujets de grande importance qui demandent du temps et de la technicité pour être examinés et réglés. Le grand sujet de cette mandature était le renouvellement de la convention sur l’énergie, et ce n’était pas un sujet simple. Donc je me représente forte de l’expérience acquise, d’un bilan riche. Saint-Barthélemy a conservé sa place stratégique dans les institutions. Le prochain mandat va être celui de la fiscalité sociale, pour les entreprises et les particuliers. C’est un sujet autour duquel il va falloir arrêter de tourner. On a déjà pas mal travaillé sur les questions de fiscalités. Même si le ministre a annoncé qu’il ne toucherait pas au sujet cette année, nous sommes en sursis. Donc le travail qui a débuté avec les entreprises locales est très important.
Comment abordez-vous ce scrutin face à deux autres candidats ?
Je suis sereine. Je me présente avec un bilan et beaucoup de sérénité. Aujourd’hui, je veux être jugée sur la qualité de mon travail et pas sur des alliances et des discussions politiques. Je soumets mon bilan aux élus mais aussi à la population, pour laquelle j’ai travaillé afin d’améliorer son quotidien. Je reçois des témoignages de reconnaissance de la population et c’est aussi forte de cela que je me représente.
Quels vont être les chantiers de la prochaine mandature ?
Un sénateur ne présente pas un programme comme un président de Collectivité. Il faut parfois attendre plusieurs années pour pouvoir passer des textes. J’ai moi-même soumis une proposition de loi qui a été adoptée à l’unanimité par le Sénat (Proposition de loi organique sur les questions de santé à Saint-Barth adoptée en commission en mars 2023, proposition de loi pour adapter le droit des Outre-mer en juin 2026). Je lutte contre l’inadaptation normative. On sait que la France croule sous le poids des normes. Alors quand notre statut nous permet d’éviter la norme, c’est très bien pour nous. Le sujet qu’il faudra porter, c’est celui qui vise à réguler l’activité de navigation de plaisance commerciale. Il y a aussi la question de la surexploitation aérienne avec de plus en plus de compagnies qui arrivent à Saint-Barthélemy. Un sujet complexe qui touche à l’international et qui inquiète les transporteurs locaux. Ce n’est pas un sujet nouveau mais qui demande un travail de longue haleine.
Dans une récente intervention, le président de la Collectivité a rappelé sa préférence pour un sénateur qui ne serait pas conseiller territorial. Qu’en pensez-vous ?
Être à la fois conseillère territoriale et sénatrice n’a nui à aucun de mes mandats. J’étais souvent à Paris mais j’étais en lien permanent avec l’île, de manière quotidienne. Tant avec la population qu’avec les élus, dans les réunions, en commission. Il faut être organisée et suffisamment solide pour tenir un rythme soutenu. Le travail ne m’a jamais fait peur. Et pour certains sujets, être un élu local permet d’incarner quelque chose.
Si vous n’êtes pas reconduite, envisagez-vous de vous présenter aux élections territoriales ?
Pour le moment, je suis concentrée sur les élections du 27 septembre. De plus, l’élection territoriale n’est pas une aventure personnelle.
