Saint-Barth - A l'australienne

J'ai testé pour vous : La course-relais de natation « à l’Australienne »

Il est 6 heures du matin. Le ciel s’est à peine remis des rincées de la nuit et la baie de Saint-Jean arbore un clapotis qui m’inspire tout sauf la sérénité. Moi, mon terrain de jeu, c’est plutôt la salle de sport et les séances de vélo d’intérieur. Mais entre mon récent déménagement sur l’île et les cartons, mon entraînement s’est arrêté net, et la nage en mer est restée au stade de projet.
Sur le sable, l’ambiance est pourtant d’une chaleur réconfortante. Je suis accueillie à bras ouverts par Jean-Marc Outil, président du club organisateur, et sa femme Jessica. Autour de nous, le décor s’installe, mais mes yeux se rivent sur mes futurs compagnons de nage. Des corps sveltes, surentraînés. Certains s’échauffent déjà avec une aisance déconcertante. Parmi eux, un certain Lukas Outil, le fils de Jean-Marc, connu pour avoir relié Saint-Barth à Saint-Martin à la nage en 6 heures et 7 minutes. Heureusement, la présence de ma nièce Victoire, venue faire la bénévole avec sa maman, ainsi que celle de mon conjoint, lui aussi adepte de triathlon, agit comme un baume anti-stress.

Le principe de la journée est simple : former des équipes de 4 tirées au sort (un capitaine et trois coéquipiers) pour accomplir chacune 2 tours d’un parcours exigeant : 400 mètres de nage dans la baie, une sortie de l’eau « à l’australienne », une portion de course sur le sable, et le passage de relais.

Le tirage m’attribue à l’équipe de Jessica. Ouf, une tête connue ! Le coup d’envoi est donné. Le niveau est très élevé. Notre équipe ferme la marche, mais le moral est bon. Soudain, petit coup de pression supplémentaire : une participante d’un autre groupe fait un malaise. La mer rappelle vite qu’elle ne fait pas de cadeaux.
Puis vient mon tour. Jessica arrive sur le sable, me tape dans la main. C’est à moi.

Le grand bain
Galvanisée par les cris de la foule et l’euphorie du moment, je m’élance beaucoup trop vite. Erreur de débutante. Très rapidement, mon inexpérience du milieu marin me rattrape. Les vagues m’envoient tasse sur tasse. Ma respiration devient courte. Par moments, j’ai l’impression de faire du surplace. Mais l’idée d’abandonner ne me traverse même pas l’esprit. Je tousse, je nage, je me bats contre les éléments pendant quelques minutes qui me paraissent durer des heures.
Enfin, mes pieds touchent le sable. J’entame mon dernier sprint pour passer le relai à mon coéquipier sous les encouragements survoltés de Victoire qui court à mes côtés. Le relais transmis, mes jambes se dérobent : je m’effondre.
Tremblante, je suis prise en charge par ma famille, rejointe par mon frère, qui m’avitaille : quartier d’orange, banane... La machine met du temps à repartir. C’est là que Jessica s’approche doucement pour m’annoncer la décision du staff : par sécurité, je ne ferai pas le second tour. Sur le coup, la déception m’envahit. Mais la raison l’emporte vite : la sécurité avant tout.

Une vraie victoire collective
Ce qui suit résume à lui seul l’esprit de cette journée. Pour me remplacer et permettre à l’équipe de terminer, mes coéquipiers, Sarah et Kelvin, se mobilisent sans hésiter : Sarah prendra les 200 premiers mètres, Kelvin les 200 suivants. Une solidarité qui me touche droit au cœur.
La lanterne rouge nous est désormais promise, mais qu’importe : nous sommes une équipe. Lorsque Kelvin sort de l’eau pour les ultimes mètres de l’épreuve, nous nous prenons tous par la main. C’est ensemble, alignés et le sourire aux lèvres, que nous franchissons la ligne d’arrivée.
L’effort fait place au réconfort autour d’un formidable petit-déjeuner offert par l’hôtel Eden Rock, partenaire de l’événement, avant la remise des prix récompensant les trois plus rapides. De mon côté, je repartirai sans trophée et avec quelques litres d’eau de mer dans l’estomac, mais l’expérience était fantastique : une épreuve à refaire sans hésiter... avec un poil plus d’entraînement en mer la prochaine fois !

 

Classement de l’édition 2026

1    Joris Bouchaut, Ambrime Chattour, Tom Soulard, Pedro Greaux Ramos     53'54"
2    Lou-Ann Ray, Nathan Thieurmel, Youenn Morin, Brian Basnight    57'52"
3    Steven Roussel, Didier Duzant, Richard Ramassamy, Henri De Almeida    58'59"
4    Lukas Outil, Alexandre Greaux, Philippe Masseglia, Monique Movich    59'00"
5    Marine Bailly, Thibaut Broset, Gilles Reynal, Estelle Page     59'10"
6    Théo Questel, Philippe Rossoni, Manon Poillion, Benjamin Landais    59'14"
7    Lauriane Prevost, Guillaume Vouillot-Scemana, Fabien Peregrini,
    Cécile Thouvenin Lenient    59'26"
8    Nathalie Gumbs, Seara Bruno, Chloé Libourel, Aleks Marinkovic     1h01'00"
9    Arnaud Brossard, Logan Cloarec, Olivier Milon, Vanessa Glain    1h02'20"
10    Camille Outil, Jérôme Beudin, Kevin Lorin, Marie-Emmanuelle Paziot    1h03'15"
11    Damien Noto, Chloé Bouchon, Eline Tellier, Aurélien Richard    1h03'24"
12    Claire Parmentier, Thomas Manteau, Laurine Di Scala, 
    Julie Chevreul Raimbault    1h04'49"
13    Jean-Marc Outil, Irène D’Amico, Camille Gras, Nina Essabar    1h05'30"
14    Cheyenne Palma, Michel Maurel, Cécile Hoareau, Valérie Lacour    1h05'42"
15    Christine Joimel, Maximiliano Silva, Michael Basnight, Lou Autefault    1h08'09"
16    Sarah Claassen, Kelvin François, Jessica Pearson Outil, Amélie Bernardini    1h11'09"

   

Journal de Saint-Barth N°1685 du 29/10/2026

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