Il n’était âgé que de 42 ans. Pourtant, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin à Quimper (Bretagne), Charlie Dalin s’est éteint. Le navigateur n’a pas été emporté par un vent mauvais mais par une tumeur stromale gastro-intestinale, une forme rare de cancer. Vainqueur du Vendée Globe 2024-2025, Charlie Dalin avait accompli son exploit alors qu’il venait d’apprendre son cancer et qu’il était sous traitement. Au cours de sa carrière en mer, il a remporté de nombreuses courses. Au sein de ce palmarès prestigieux figure une victoire qui le lie éternellement à Saint-Barthélemy. Celle conquise aux côtés de Gildas Morvan lors de la Transat AG2R- La Mondiale, ancêtre de la Transat Paprec en double mixte, en 2012 (sur Cercle Vert). A l’époque, cela fait à peine un an que Charlie Dalin a intégré le Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Forêt où il débute en Figaro.
Dans le quotidien sportif L’Equipe, son ami et coéquipier Gildas Morvan raconte : « C’est très dur de le voir partir à son âge. Au sommet de son art. Parce que là, il aurait pu gagner encore des courses. Il aurait pu regagner des courses. Il était affûté en termes de météo, stratégie, en termes de tout. Il aurait pu être sur un Ultim sur le prochain tour du monde. Il a gagné dans le Vendée Globe quasiment deux fois. Je l’ai vu arriver à Port-la-Forêt (centre d’entraînement du Finistère), c’était un branleur, il était venu taper à la porte. Christian Le Pape (patron du centre) lui avait dit de venir me voir : "Tu vas beaucoup apprendre avec lui. On s’est entraînés. Ensuite, j’ai vu qu’il était rigoureux à tous les niveaux. C’était top. On progressait énormément. On s’est beaucoup entraîné ensemble, à Port-la-Forêt. Et puis, on était vraiment d’attaque au départ. Sur la Transat, il était hyper carré sur tout ce qui est routage météo, les fichiers de vent, les gribs. À un moment, je lui explique que son routage n’est pas bon parce que le vent, la direction et la force ne sont pas bons. Je lui ai dit : "Charlie, tu te perds dans tes carrés, là." On avait rigolé. Il était intelligent pour le reconnaître. Et on avait fini par gagner la Transat. »
Dans Ouest-France, Armel Le Cléac’h, vainqueur du Vendée Globe en 2016-2017 et de la Transat AG2R en 2010 avec Fabien Delahaye, déclare : « Une légende de la voile nous a quittés trop vite trop tôt… Charlie tu es un marin et un homme exceptionnel par ton intelligence, ton travail et ta détermination à toute épreuve ! Tu t’es battu jusqu’au bout comme toujours avec dignité. »
Yoann Richomme, deuxième de la Transat en 2014, dit : « Nos batailles sur l’eau, depuis nos premiers bords en Figaro, nous ont menés jusqu’à cette lutte acharnée sur le dernier Vendée Globe qui nous a tant fait vibrer ! J’ai adoré les années passées ensemble, les franches rigolades et cette envie commune de toujours donner le meilleur de nous-mêmes sur l’eau. »
Quant à Michel Desjoyeaux, vainqueur en 1992 avec Jacques Caraës de la première édition de la Transat AG2R, il déclare dans Ouest-France : « Je garderai l’image d’un bon gars, d’un excellent marin, d’un excellent compétiteur, d’un mec qui avait la banane tout le temps, et qui a réussi à nous sortir une page magnifique de tout son talent lors du dernier Vendée Globe malgré la maladie. »
L’organisation de la Transat Paprec a également réagi au décès du navigateur, par le biais d’un communiqué : « Ce jeudi, nous partageons avec toute la famille de la course au large et l’ensemble des amoureux du sport la peine qui nous étreint. Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille, aux proches et à tous ceux qui ont accompagné Charlie Dalin. Skipper hors pair, compétiteur de toujours, Charlie était avant tout un passionné de course au large et de mer, un modèle bien au-delà du sport. À chaque course, nous étions tous témoins de la ténacité et de la détermination dont il a toujours fait preuve et qui le caractérisaient tant. »
Le 11 juin, Charlie Dalin a mis le cap au large. Définitivement. Trop tôt, trop jeune.
