Un groupe de jeunes basketteurs suit les consignes de l’entraîneur. Malgré la chaleur, ils effectuent des allers et retours sur le terrain de basket de la plaine des jeux de Saint-Jean. Pour superviser le camp d’entraînement, Raoul Ramdine, directeur général du Marseille Athlètes Campus. « Le but est de leur faire toucher du doigt leurs limites, explique le dirigeant. Les séances sont longues, trois heures, et intensives. Ça peut paraître énorme mais on a souvent des ressources physiques et mentales que l’on ne soupçonne pas. Ils répondent présent et sont fiers de tenir des séances comme ça. » Raoul Ramdine en profite pour observer les jeunes talents. « Le niveau moyen est intéressant, assure-t-il. Il y a quelques jeunes qui sont vraiment en avance par rapport à des joueurs de leur âge, même de France. Ils sont volontaires, dans le club en général. Il y a une atmosphère agréable, bienveillante. On retrouve beaucoup de valeurs que l’on défend dans le sport. Moi qui travaille sur le haut niveau, je trouve qu’il y a des jeunes qui ont la capacité pour aller vers le plus haut niveau. » Comme Sayan Cagan Arnaud, repéré voilà plusieurs mois.
Depuis, Sayan Cagan Arnaud a intégré le Marseille Athlète Campus. « Je pensais qu’il aurait eu besoin d’une transition par une équipe de niveau intermédiaire, explique Raoul Ramdine. Mais quand la liste de la première journée de championnat est tombée, j’ai vu qu’il était retenu en équipe U15 France pour jouer son premier match contre Antibes. C’est remarquable. »
Avec le SMUC Marseille, l’équipe de Sayan est première du groupe B en championnat de France. « Il a trouvé son rôle dans l’équipe, assure le directeur général. Il a même été convié à des entraînements au Pôle d’Aix-en-Provence avec la sélection. Ses entraîneurs, ce sont Mo Kanté et Patrick Gallin, qui ont été des joueurs professionnels. C’est une chance. »
Au-delà de la réussite sportive, c’est le parcours de vie de l’adolescent (15 ans) que Raoul Ramdine souligne. « Il a su répondre présent, même scolairement. Il a su s’adapter à la vie. A Saint-Barth, je pense que les jeunes sont prêts pour s’adapter, parce qu’ils ont l’habitude de fréquenter des gens de milieux différents. Ils ne doivent avoir aucun complexe par rapport à des jeunes qui viennent d’autres territoires. Il y a une belle dynamique basket sur l’île. Je suis sûr qu’il y aura d’autres jeunes qui se démarqueront. Il faut utiliser le basket pour s’ouvrir d’autres portes. Il existe des opportunités pour les jeunes de l’île. »
Pour Sayan, l’aventure va se poursuivre la saison prochaine avec l’équipe des moins de 18 ans. Afin de continuer à vivre son rêve, tout en inspirant les jeunes joueurs du Pelican’s Club de Saint-Barthélemy.
T.F.
Sayan Cagan Arnaud (au centre), ici en compagnie de Yanis Leclercq, 14 ans, et Naullah Husson, 12 ans, avec lesquels il a représenté Saint-Barthélemy en sélection de Guadeloupe lors du dernier tournoi Guymargua.
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