Invité le vendredi 23 octobre par la Collectivité territoriale, le docteur Alexandre Saint-Vincent Villeneuve est venu présenter au Centre Médico-Social (CMS) un échographe portable novateur couplé à l’intelligence artificielle. Une technologie à 15.000 euros actuellement en discussion, qui pourrait transformer le parcours de soin des femmes de l’île en permettant un dépistage précoce et sans douleur.
En plein cœur d’Octobre Rose, le timing ne pouvait être plus opportun. Le vendredi 23 octobre, les acteurs majeurs de la santé de l’île, représentants du Centre hospitalier de Bruyn, de l’Agence Régionale de Santé (ARS), de la Maison de Santé et médecins locaux, étaient réunis au CMS pour découvrir une technologie appelée à changer la donne : un petit scanner portable propulsé par l’intelligence artificielle et développé par l’entreprise PW (Power Woman), dirigée par le chercheur canadien Alexandre Saint-Vincent Villeneuve.
Un diagnostic immédiat
Concrètement, l’appareil se présente sous la forme d’un tout petit échographe sans fil qui se déplace facilement. « Il prend 100 images à trois reprises, soit 300 clichés envoyés directement sur un smartphone en quelques secondes », explique le chercheur. Sans douleur et utilisable sans formation médicale lourde (par des infirmières ou des sages-femmes), l’appareil s’appuie sur une IA intégrée pour analyser les tissus et indiquer immédiatement si une lésion suspecte est présente.
L’objectif principal ? Détecter la maladie au « stade 0 » ou «stade 1 », bien avant l’apparition de premiers symptômes ou de métastases. « Le dépistage précoce, c’est la clé. Quand le cancer est détecté à ce stade, c’est jusqu’à 99 % de chances de survie, et souvent une simple intervention d’une journée suffit, sans passer par la chimiothérapie », souligne le Dr Saint-Vincent Villeneuve.
Vers une plus grande autonomie médicale
Au-delà de la prouesse technique, cette technologie répond directement aux problématiques d’insularité et d’accès aux soins. Aujourd’hui, le dépistage national organisé en France ne cible que les femmes de 50 à 74 ans. Or, les cancers apparaissent de plus en plus tôt. «L’idée est de rapprocher la technologie des femmes, dès 30 ou 40 ans. Au lieu d’attendre qu’elles aillent à l’hôpital, on apporte l’outil au plus près d’elles », précise-t-il.
Déjà déployée dans quelques cliniques aux Philippines, au Japon, au Canada et attendue en Guyane pour 2027, l’innovation a reçu un accueil très favorable des soignants et des élus locaux lors de cette présentation matinale au Centre Médico-Social. Selon Alexandre Saint-Vincent Villeneuve, les discussions sont déjà bien engagées et prometteuses.
Côté budget, l’équipement s’affiche à un tarif très accessible pour les institutions : environ 15.000 euros l’unité, contre plusieurs centaines de milliers d’euros pour une installation de mammographie traditionnelle. « Ce n’est pas un remplacement du parcours de soin ni du rôle des médecins, mais un outil formidable de démocratisation et de prévention », conclut le chercheur.
