Où en est l’égalité entre les femmes et les hommes à Saint-Barthélemy ? C’est la question qu’est venue poser Aude Luquet, coordinatrice interministérielle à l’égalité entre les femmes et les hommes, lors de sa visite sur l’île le vendredi 22 mai. Un séjour relativement court qui a toutefois permis à l’ancienne députée de Seine-et-Marne d’effectuer plusieurs rencontres.
Après deux étapes en Martinique puis à Saint-Martin, Aude Luquet a donc posé le pied à Saint-Barth. Au sortir d’une traversée agitée, elle a été reçue en Collectivité par le président du conseil territorial, Xavier Lédée, entourée de quelques cheffes de service. La coordinatrice a ensuite visité l’hôpital Irénée de Bruyn avant de rencontrer des cheffes d’entreprise à Saint-Jean, dans les locaux de la Cem (Chambre économique multiprofessionnelle).
« Ma mission a pour objectif de voir dans les territoires ultramarins quelle est la situation au niveau de l’égalité entre les femmes et les hommes, explique Aude Luquet. Aussi bien par rapport aux violences faites aux femmes qu’à l’égalité professionnelle, à la santé des femmes et à la culture de l’égalité, c’est-à-dire l’égalité fille-garçon. »
De sa rencontre avec les cheffes d’entreprise, elle retient : « On sent que c’est une île particulière avec beaucoup de spécificités. Les problématiques qui remontent sont celles du logement, de la garde d’enfant. En même temps, on sent ce côté entrepreneurial. J’ai l’impression que c’est presque dans l’ADN de Saint-Barth. On dit si tu veux réussir, il faut travailler, si tu travailles, tu réussis, voilà. C’est comme cela que je l’ai ressenti et compris. Les difficultés ne sont pas plus importantes que cela pour entreprendre. »
La visite a aussi été l’occasion d’évoquer les violences faites aux femmes. « Une des priorités de la mission 2026-2027 est de savoir quel est le parcours d’une femme victime de violence, souligne Aude Luquet. Surtout par rapport à l’hébergement, à la mobilité et à l’autonomie financière. L’idée de l’hébergement, c’est de prévoir l’éviction des auteurs ou des autrices. Il faut protéger les femmes victimes de violences, mais pas nécessairement en quittant définitivement le logement dans lequel elle a été victime de ces violences. Aujourd’hui, il existe des ordonnances de protection qui s’appliquent beaucoup plus qu’avant, avec des interdictions de contact. Il faut que ce soient les auteurs qui soient obligés de partir et pas les victimes. »
Si la coordinatrice interministérielle remarque « moins de violences intra-familiales que sur d’autres territoires » à Saint-Barthélemy, elle nuance en insistant sur le fait que «tout n’est pas lisse ». Un travail de vigilance et d’amélioration des dispositifs d’aide aux victimes reste donc indispensable.
