Le projet de reconstruction de l’hôpital Irénée de Bruyn est lancé depuis plusieurs mois. Néanmoins, le choix du site actuel de Gustavia pour rebâtir un établissement de santé continue d’alimenter les débats. Notamment par le biais de tribunes libres.
La tribune de Michel Magras
Le 6 octobre, l’ancien sénateur de Saint-Barthélemy Michel Magras a publié en ligne une longue tribune dans laquelle il expose sa vision du dossier. Président du conseil d’administration de l’hôpital pendant neuf ans, ancien conseiller territorial, Michel Magras rappelle qu’en sa qualité de parlementaire, il a voté « toutes les lois de la République de 2008 à 2020 », notamment la loi HPST (Hôpital, patient, santé, territoire) qui a permis de « territorialiser » la santé et de créer les Agences régionales de santé. « Et la loi portant réforme de la biologie médicale qui, dans sa version initiale, devait supprimer notre laboratoire d’analyses médicales », précise l’ancien élu. Anticipant une hypothétique consultation de la population réclamée par le groupe d’élus territoriaux Action-Équilibre, Michel Magras a donc décliné son point de vue et son analyse dans une tribune que le JSB a choisi de publié dans son intégralité.
La réponse d’Action-Équilibre
Le 10 octobre, le groupe Action-Équilibre s’est également fendu d’une longue réponse à l’attention de l’ancien sénateur et de la population. Toujours en ligne, les huit élus de la formation (Marie-Hélène Bernier, Bettina Cointre, Cécile Rubino Tessier, Pascale Minarro-Baudoin, David Blanchard, Dimitri Lédée, Jonas Brin et Maxime Desouches) qui a rompu son alliance avec le président Lédée et son groupe en 2025 remercient Michel Magras d’avoir « relancé le débat public sur l’avenir de l’hôpital de Bruyn », précisant que le sujet « mérite d’être débattu largement ». Toutefois, le groupe estime que «des points» de la tribune de l’ancien sénateur «contredisent les faits historiques, la réalité foncière et sa propre position d’il y a trente ans ». Action-Équilibre apporte donc ses précisions et son point de vue. Là encore, compte-tenu des enjeux qui caractérisent le projet de reconstruction de l’établissement de santé, le JSB propose la version intégrale de la réponse du groupe d’élus. Pour mémoire, ces derniers ont soumis en décembre 2025 au président de la Collectivité une demande visant à organiser une consultation de la population sur le choix de l’emplacement du futur hôpital. Le groupe militant pour une implantation du nouvel établissement sur un terrain de Saint-Jean appartenant à la Collectivité territoriale. Une demande qui devait d’abord être présentée rapidement au vote des élus mais qui ne l’a été que trois mois plus tard, lors du conseil territorial du 12 mars. La délibération avait été rejetée à la majorité des voix. En réponse, une pétition a été lancée auprès de la population afin de réclamer une consultation populaire destinée à choisir entre le site de Gustavia et celui de Saint-Jean. Une pétition qui a recueillie plus de 5% du nombre d’inscrits sur les listes électorales et qui va donc être soumise à l’examen des élus lors d’un prochain conseil territorial.
La mise au point de Bruno Magras
Après avoir pris connaissance des tribunes de Michel Magras et d’Action-Équilibre, le président honoraire de la Collectivité Bruno Magras a lui aussi souhaité apporter son opinion sur le dossier de l’hôpital. Partisan d’une reconstruction sur le site de Gustavia, l’ancien édile explique dans une tribune concise les raisons de son positionnement. Un point de vue à retrouver in extenso en page 18 du numéro 1683.
Les trois tribunes illustrent la sensibilité du dossier. Par ses aspects historiques, fonciers, financiers, structurels et affectifs. Pour l’heure, plusieurs volets du projet de reconstruction sont en cours. Les trois cabinets d’architectes désignés par le jury « maîtrise d’œuvre » doivent remettre fin novembre leurs esquisses et leurs estimations financières. Quant à la problématique du foncier de l’hôpital, elle a été résolue. L’emprise sur laquelle l’hôpital est implanté a été rétrocédée à l’établissement de santé. Quant à celle de l’Ehpad et du parking, elle est désormais la propriété de la Collectivité territoriale.
Le coût global de la reconstruction de l’hôpital de Bruyn sur son site actuel de Gustavia a été estimé à hauteur de 33,3 millions d’euros.
