Le Mexique, le Canada, Cuba, le Groenland, l’Islande, mais aussi la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy… Autant de pays et de territoires qui ont été virtuellement annexés le lundi 7 septembre par le président des Etats-Unis Donald Trump. Ce, par le biais d’une publication sur son compte Truth Social d’une carte du pays revue et corrigée. En effet, sur ce document fictif, Donald Trump agrandit le territoire étasunien en englobant des pays souverains, parmi lesquels (en plus de ceux cités plus avant) la Jamaïque, Sainte-Lucie, la Barbade, Haïti, la République dominicaine, El Salvador, le Nicaragua, le Honduras ou encore les Iles Caïmans, les Iles Vierges britanniques, Turks et Caicos, Anguilla, Montserrat… Par ailleurs, le golfe du Mexique a été rebaptisé «golfe d’Amérique ». Si la carte fictive n’est accompagnée d’aucune explication ou autre commentaire, sa publication a rapidement déclenché une vague de réactions.
Qu’il s’agisse d’une énième provocation de Donald Trump, de l’expression d’une volonté de conquête ou d’une illustration supplémentaire de l’inculture du président étasunien, la publication du document a contribué à attiser des tensions déjà fortes entre les Etats-Unis et l’ensemble de ses voisins. Notamment de la Caraïbe. Hasard ou coincieence, le lundi 7 septembre, jour de la diffusion de la carte par Donald Trump, était la date du 5e anniversaire de la journée Afrique-Caricom.
Peu de réactions
Sur une publication en ligne, le président du conseil territorial de Saint-Barthélemy Xavier Lédée a écrit, diplomate : « Depuis des siècles, Saint-Barthélemy a forgé son destin entre France et Suède avant de choisir définitivement la République française en 1877. Notre récent jumelage avec Saint-Thomas, lui, prouve notre fort lien avec nos voisins américains. Je peux vous garantir que nous continuerons de faire grandir, en toute indépendance, notre histoire commune. Fiers de notre identité, nous serons toujours heureux d'accueillir nos amis américains chez nous, en toute souveraineté et avec notre sens légendaire de l'hospitalité. Alliés, jumeaux, amis… mais profondément Français et avant tout Saint-Barth ! »
La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum, le président cubain Miguel Diaz-Canel ou la ministre islandaise des Affaires étrangères ont réagi de manière bien plus vive, rappelant leur souveraineté et leur indépendance. « Le Mexique n’est pas et ne sera pas une colonie ni un protectorat d’aucun pays étranger, a écrit Claudia Sheinbaum sur « X ». Nous sommes fiers d’être un pays libre, indépendant et souverain. »
Pour mémoire, depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a publiquement évoqué ses envies d’annexion du Canada pour en faire le 51e État des USA, ou encore le rattachement du Groenland aux États-Unis. Des velléités expansionnistes qui s’accompagnent d’actions concrètes, telles que le conflit commercial engagé avec le Canada ou l’enlèvement et l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro en début d’année. Depuis, l’administration Trump s’efforce de faire main basse sur les réserves de pétrole du Venezuela.
