Saint-Barth - Sommet évolution institutionnelle

L’évolution institutionnelle expliquée en un « sommet »

L’évolution statutaire et institutionnelle de Saint-Barthélemy, principalement en raison de sa réussite, éveille toujours la curiosité. En particulier pour des territoires qui ont entamé une profonde réflexion destinée à les conduire à l’acquisition d’une plus grande autonomie. A l’image de la Guadeloupe, où plusieurs congrès ont déjà été organisés afin d’évoquer les possibilités d’évolution institutionnelle. Aussi, lorsque le président du conseil départemental de Guadeloupe, Guy Losbar, a sollicité le président Xavier Lédée afin de recueillir davantage d’informations, ce dernier a pris l’initiative d’organiser une rencontre ou, plus pompeusement, un «sommet» institutionnel.
Ainsi, le mardi 25 août, plusieurs personnalités ont été réunies dans la salle des délibérations de l’hôtel de la Collectivité. Pour mieux saisir les enjeux d’une évolution institutionnelle, le président de la Collectivité de Saint-Martin, Louis Mussington, le député Frantz Gumbs, le maire de la commune de Sainte-Anne (Guadeloupe) Francs Baptiste, et bien entendu Guy Losbar. 
Pour évoquer leur expérience respective, le président honoraire de la Collectivité Bruno Magras, l’ancien sénateur de Saint-Barthélemy Michel Magras, et par écran interposé le premier vice-président du conseil territorial de Saint-Pierre-et-Miquelon, Yannick Abraham. La direction générale des services de la Collectivité de Saint-Barth, constituée de Claudine Gréaux et de Michel Laplace, était aussi présente, tout comme le directeur du port, Frédéric Blanchard, et celui de l’aéroport, Fabrice Danet. Sans oublier le responsable du centre des finances publiques, Nicolas Ganzer.

Pragmatisme et pédagogie
Sans surprise, les interventions successives de Bruno et de Michel Magras, acteurs essentiels de l’évolution institutionnelle de Saint-Barthélemy, s’imposent avec justesse et précision. Qu’il s’agisse de chronologie, d’éléments juridiques ou statutaires, les deux anciens élus développent leur expérience respective. Le président honoraire avec pragmatisme et son habituel franc parler tandis que l’ancien sénateur a su faire montre de toute la pédagogie qui sied au professeur qu’il fut. Les précisions apportées par Claudine Gréaux et Michel Laplace concernant la maîtrise des notions juridiques et administratives ainsi que l’indispensable formation des agents ont été écoutées avec attention.

L’expérience Saint-Pierre-et-Miquelon
« Egalité réelle », « différenciation », « spécificités », «cadre institutionnel », « compétences locales », « exercice des responsabilités », les notions abordées et sur lesquelles des questions sont posées trouvent des réponses. Aussi bien auprès des représentants de Saint-Barthélemy que de Saint-Pierre-et-Miquelon. Lorsqu’il prend la parole, le premier vice-président de Saint-Pierre-et-Miquelon Yannick Abraham insiste sur la nécessité de « poursuivre le mouvement de clarification des compétences entre l’État et les Collectivités ». L’élu précise qu’il souhaite voir s’ouvrir « un approfondissement des différenciations et de l’autonomie de décision chaque fois que les réalités locales le justifient », pour « une République plus efficace ».
Pour le président du conseil départemental de Guadeloupe, une telle rencontre était indispensable. « Au niveau de la Guadeloupe, il est nécessaire que nous puissions fusionner nos deux collectivités de manière à ce que nous n’ayons pas tout ce mille-feuilles, constate-t-il. Tout cela est complexe. Entre la fusion et l’acquisition de nouvelles compétences, c’est à la fois technique et juridique, donc il faut trouver les mots pour qu’au sein de la population, tout le monde puisse comprendre que c’est dans leur intérêt pour ne pas connaître les écueils que d’autres territoires ont connus. C’est pour cette raison que le partage d’expérience est très utile. Aujourd’hui, on voit que la situation de Saint-Barth se développe. »
Pour sa part, Michel Magras a tenu à rappeler que la Collectivité de Saint-Barthélemy « ne se pose jamais en donneuse de leçon ». Il précise : « On explique un modèle qui est le nôtre et qui est adapté à une réalité qui est la nôtre. A la Guadeloupe, il faut concevoir le même raisonnement, mais à une tout autre échelle. » Michel Laplace remarque qu’un tel exercice, en l’occurrence celui de partager une expérience, permet de « prendre du recul » après une vingtaine d’années d’évolution statutaire.

 

Journal de Saint-Barth N°1676 du 28/08/2026

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