Saint-Barth -

Dans le cadre de la mission d’information consacrée à « La stratégie de développement économique des outre-mer » une partie de la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale s’est déplacée à Saint-Barthélemy. De gauche à droite : Frantz Gumbs (Saint-Martin - Saint-Barthélemy), Emeline K/Bidi (Réunion - 4e circonscription), Davy Rimane, président de la Délégation aux outre-mer (Guyane - 2e circonscription); Frédéric Maillot (Réunion - 6e circonscription), Jean-Victor Castor (Guyane - 1ère circonscription) et Philippe Gosselin (Manche - 1ere circonscription).

Le développement de Saint-Barth au coeur des préoccupations

Changer la vision des territoires ultramarins. C’est l’ambition portée par les sénateurs à travers leur dernier rapport intitulé “Les filières économiques d’avenir dans les outre-mer : un océan d’opportunités”. Pendant six mois, la délégation sénatoriale aux outre-mer, présidée par Micheline Jacques, s’est penchée sur les économies ultramarines afin d’en valoriser le potentiel. Les rapporteurs Annick Girardin (Saint-Pierre-et-Miquelon), Vivette Lopez (Gard), Marie-Laure Phinera-Horth (Guyane) ont formulé 21 recommandations et demandent à l’Etat d’impulser une politique industrielle en faveur des ces territoires. 
Aquaculture, biodiversité, pharmacopée locale, chaque territoire dispose d’atouts qui peuvent être développés pour devenir des “filière fortes, pouvoyeuses d’emplois et de croissance”. Comme tous les territoires, Saint-Barthélemy a sa place dans le rapport, notamment dans le développement du tourisme. « Ce qui a fait la richesse de l’île, c’est cette authenticité, avance Micheline Jacques. Mais comme les hôtels ont été rachetés par des groupes, ils ont tendance à vouloir standardiser, ce qui risque à mon sens de tuer l’attractivité du territoire. Si on a la même chose à Saint-Tropez, pourquoi on irait faire des miliers de kilomètres pour venir à Saint-Barth ? » 
Dans sa contribution au rapport, la Chambre Economique Multiprofessionnelle (CEM) souligne cette culture du service-haut-de-gamme reconnue internationalement et de plus en plus étudiée par les territoires voisins. La CEM confirme cette importance du tourisme dans l’économie locale mais suggère aussi d’autres activités avec du potentiel à Saint-Barth comme la transformation alimentaire locale à petite échelle, le développement d’activités liées au nautisme et à la maintenance maritime, la valorisation des déchets ou la transition énergétique. «L’idée, c’est de trouver des secteurs économiques qui ne soient pas corrélés avec le tourisme pour réduire le risque de concentration », explique Thierry Gréaux.
Le directeur de la CEM a aussi pu partager son expertise aux députés de la délégation aux Outre-mer qui se sont rendus sur l’île vendredi 10 juillet dans le cadre d’une mission d’information sur la stratégie de développement économique des outre-mer. Tout au long de la journée, les députés sont allés à la rencontre de la Collectivité, de la CEM, de la capitainerie ou encore du Comité du tourisme pour préparer à leur tour un rapport.  « On passe dans tous les territoires, on demande aux acteurs locaux de nous partager leurs regards, leurs aspirations, détaille Davy Rimane, président de la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale. Comme ça, nous on les traduit au niveau du budget parce que c’est là que les choses se décident très clairement. » Aux yeux de Thierry Gréaux, ces échanges avec les parlementaires sont l’occasion de partager les difficultés auxquelles chaque territoire peut être confronté : « C’est le moment de faire passer des messages, de façon à ce qu’ils comprennent l’impact des décisions qu’ils peuvent prendre, parce que nous, on est du terrain. »

 


La CEM présente aux Assises économiques des Outre-mer
Une participation inédite. Jeudi 16 et vendredi 17 juillet, Thierry Gréaux et Jérémy Laplace représenteront Saint-Barthélemy aux Assises économiques d’Outre-mer. Ce nouvel évènement se déroule à Saint-Martin jusqu’à samedi. L’idée : rassembler l’ensemble des présidentes et présidents des chambres de commerce et d’industrie des territoires ultramarins. Cette initiative est née en mars 2026, à l’issue des Assemblées générales respectives de CCI France et l’ACCIOM (Association des Chambres de Commerce et d’Industrie des Outre-mer). Cette première séquence sera suivie d’une restitution en septembre à Paris de “propositions stratégiques en faveur du développement économique des Outre-mer, issues des travaux conduits dans le cadre de ces Assises”. 

 

Journal de Saint-Barth N°1674 du 16/07/2026

Fond de rade
Emeraude St Barth
Direction du port