Saint-Barth -

États-Unis - Une défaite électorale historique pour Donald Trump et les républicains

Le Parti démocrate n’avait pas vécu une telle nuit depuis de longues années. Le mardi 3 novembre, à l’issue des élections de mi-mandat, les démocrates ont pris le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants. Peu enclin, d’ordinaire, à reconnaître la victoire de ses adversaires, le président étasunien Donald Trump a reconnu la défaite du Parti républicain. Néanmoins, il n’a pas résisté à la tentation de se mettre en avant en déclarant, par le biais d’une publication sur le réseau Truth Social : « Je ne figurais pas sur le bulletin de vote et, si j’y avais figuré, nous aurions remporté une victoire écrasante ! » Donald Trump a rejeté la responsabilité du succès des Démocrates sur les candidats des républicains. Pourtant, il semble acquis que ce renversement des pouvoirs historiques s’apparente davantage à une réponse brutale de l’électorat étasunien vis-à-vis de la politique menée par le président Trump et son administration. Qu’elle soit économique, migratoire ou extérieure avec, principalement, la guerre en Iran aux côtés d’Israël.

A la chambre des représentants, le Parti démocrate occupe désormais 218 sièges, contre 125 aux républicains. Les 95 fauteuils restants encore à attribuer après le décompte final des voix. Plus improbable, au Sénat, les démocrates vont désormais occuper 54 sièges contre 44 aux républicains. Deux fauteuils n’avaient pas encore été attribués mercredi matin. Symbole de ce qui a été qualifié de « vague bleue » par nombre d’observateurs, les victoires de James Talarico au Texas et d’Adam Hamilton au Kansas. Le premier, ancien séminariste âgé de 37 ans, devient le premier sénateur démocrate du Texas depuis 1988. Le second fait encore mieux puisqu’en s’imposant, ce pasteur de 62 ans fait s’effondrer un bastion républicain qui tenait depuis… 1932. Un succès qui intervient malgré l’offensive des républicains qui ont investi plus de 8,2 millions de dollars en publicité au Kansas pendant la campagne. Autres symboles de ces élections de mi-mandat, les démocrates Keisha Lance Bottoms et Deb Haaland. La première, ancienne maire de la ville d’Atlanta (Georgie), entre 2018 et 2022, devient la première femme noire élue gouverneure d’un État. La dernière victoire démocrate en Georgie datait de 1998. Jusqu’à présent, jamais une femme n’avait été choisie par les électeurs de cet État du Sud. La deuxième devient, au Nouveau-Mexique (sud-ouest), la première femme amérindienne à se hisser à la fonction de gouverneure. Elle avait déjà marqué l’histoire comme première Amérindienne à obtenir un portefeuille ministériel lorsqu’elle était devenue ministre chargée des terres fédérales sous l’ex-président Joe Biden.

A deux journalistes du New York Times, Donald Trump a déclaré dans la soirée du mardi 3 novembre être prêt à travailler avec les démocrates. « Nous avons hâte de travailler avec eux, a ainsi affirmé le président étasunien. Nous trouverons sans doute un terrain d’entente. » Une perspective difficilement envisageable. Pendant les semaines qui ont précédé le scrutin, Donald Trump avait comparé les démocrates à des communistes dont l’objectif était de ruiner les États-Unis. Les deux dernières années du mandat présidentiel en cours risquent donc d’être marquées par de nombreuses confrontations et divergences entre Donald Trump et les deux chambres du congrès.