Conseiller territorial de Saint-Barthélemy entre 2007 et 2017, ancien candidat aux élections législatives 2012 et 2017 ainsi qu’aux élections sénatoriales 2014, ancien président de l’Agence territoriale de l’environnement, Benoît Chauvin est âgé de 54 ans. Statisticien économiste, sensible aux questions environnementales, il se définit comme centriste.
(Seuls les grands électeurs prennent part aux élections sénatoriales. A Saint-Barthélemy, ce sont les dix-neuf conseillers territoriaux, le député et la sénatrice)
Vous ne faites plus vraiment partie du paysage politique local depuis 2017. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter à ces élections sénatoriales ?
Je suis passionné par la politique. J’aime agir dans l’intérêt de la vie quotidienne des gens. C’est ce que j’ai fait pendant dix ans, entre 2007 et 2017. J’ai vécu les débuts des nouveaux statuts de la Collectivité. J’ai suivi de très près leur préparation. Je m’engage dans l’intérêt de Saint-Barthélemy, de ses habitants, et pour préserver le statut tel qu’il a été rédigé. Il faut le faire vivre mais en commençant par bien appliquer les compétences qui sont les nôtres aujourd’hui. Je n’ai pas été là pendant des années pour des raisons personnelles. Pour autant, ma candidature est sérieuse. Je ne me suis pas réveillé hier matin en me disant que j’allais y aller. Tout cela a été réfléchi, structuré. Ce n’est pas improvisé. Sur le plan professionnel, je me suis organisé pour être disponible pour exercer cette mission. Un mandat parlementaire, je sais comment cela fonctionne.
Les autres candidats sont Micheline Jacques du groupe Saint-Barth d’Abord et Maxime Desouches pour Action-Équilibre.
Bénéficiez-vous de soutiens qui vous permettent d’espérer emporter cette élection ?
Tout d’abord, je connais plutôt bien la plupart des élus, avec lesquels j’ai travaillé activement, quels que soient les groupes dans lesquels ils sont aujourd’hui. Le fait de n’être impliqué dans aucun de ces groupes peut me permettre de faire consensus. Si je suis élu, je travaillerai avec tout le monde. Localement, on peut avoir tous les débats que l’on veut sur des sujets importants, mais à partir du moment où l’on sort du territoire pour défendre les intérêts de Saint-Barthélemy, il faut parler d’une seule voix. Donc il faut faire consensus. Aussi bien avec le président de la Collectivité, les élus et le député.
Quels sont les sujets que le prochain sénateur devra porter ? Quels seront vos chevaux de bataille ?
On a tendance à confondre le rôle du sénateur et celui d’un élu de la Collectivité. Au Sénat, ce n’est pas le sénateur qui fixe l’ordre du jour. L’essentiel des missions concernent les projets de loi qui sont mis à l’ordre du jour par le gouvernement. Si on a un sujet à proposer pour Saint-Barthélemy, il faut trouver le moyen de l’inscrire à l’ordre du jour, ce n’est pas évident. Le programme, ce sont les élections territoriales de mars prochain qui vont le définir. Mais il y a des projets de loi à défendre dans l’intérêt de Saint-Barthélemy, et surtout faire connaître la réalité du terrain. Rappeler tout le temps que l’image que l’on voit dans les magazines n’est pas la réalité. Les précédents sénateurs ont très bien fait ce travail. La question des sanctions pénales de l’environnement sera à travailler, les problématiques de santé et d’éducation devront être évoquées, et le gros sujet de fond sera tout ce qui est clarification de la question fiscale. Une autre question importante à traiter sera celle des donations et successions. Pour éviter que l’île se départisse de son histoire et de sa population. C’est un enjeu important pour que Saint-Barth conserve son authenticité.
Dans un contexte de relative instabilité politique à l’échelon national, quel sera le rôle du futur sénateur de Saint-Barthélemy ?
A défaut de programme, mon rôle sera de faire consensus et l’interface à Paris par rapport aux choix politiques qui sont faits ici. Le Sénat est relativement stable politiquement. Il y aura peut-être des repositionnements au niveau des petits groupes parlementaires, mais c’est un autre sujet et nous n’y sommes pas encore.
Nourrissez-vous des ambitions pour les élections territoriales de mars prochain ?
On ne peut pas avoir été élu et ne pas y songer. J’écoute les conseils territoriaux, je suis les dossiers, donc c’est une chose à laquelle on pense toujours. Mais si je suis au Sénat, je ne ferai pas de liste, cela va de soi. Si je n’y suis pas, il est possible que j’y aille, tout dépendra des listes qui se créent. Mais si je suis sénateur, je le serai à 100%, pleinement investi. Je ne candidate pas aux sénatoriales comme un plan B. Je le fais parce que ça m’intéresse et que je peux avoir une vraie valeur ajoutée. Je suis confiant.
