Saint-Barth - justice tribunal

Prison avec sursis pour l’ancien directeur de l’école Saint-Joseph

L’affaire avait été ressentie comme un profond traumatisme pour toute la communauté de l’école Saint-Joseph de Lorient. Le 5 mai 2022, le directeur de l’établissement, en poste depuis la rentrée de septembre 2021, était interpellé à son domicile par une équipe de la gendarmerie spécialement dépêchée depuis l’Hexagone (JSB1472). Quatre ans plus tard, le jeudi 18 juin, le fonctionnaire de l’Éducation nationale à la retraite a comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin. Il devait répondre de faits d’importation, de détention, d’offre ou de mise à disposition d’images à caractère pédopornographique. Ce, dans une période comprise entre mai 2016 et mars 2022. Soit avant et pendant son séjour à Saint-Barthélemy.
Lorsqu’il prend ses fonctions à la rentrée scolaire 2021, Christophe Leperlier affiche une expérience de directeur longue de treize années (JSB 1437). Professeur des écoles, il explique avoir également enseigné au collège et au lycée, en France hexagonale mais aussi à la Réunion et à l’étranger (Brésil, République dominicaine).
En novembre 2021, le logiciel Child Protection System, utilisé afin de détecter les adresses IP (numéro d’identification unique attribué à chaque appareil connecté à Internet) associées à la consultation ou au partage répété de contenus pédopornographiques émet un signalement. Il correspond à une adresse appartenant au prévenu. Une enquête est ouverte.

Des logiciels spécifiques
Au cours des investigations, la gendarmerie et les experts en informatique découvrent que des téléchargements et des partages se fichiers à caractère pédopornographiques ont été effectués depuis plusieurs adresses IP appartenant à l’enseignant, dans l’Hexagone puis à Saint-Barth. Lorsque survient son interpellation, en mai 2022, l’ensemble de ses appareils électroniques sont saisis. Au cours de l’audience du jeudi 18 juin suivie par nos confrères Saint-Martinois (Le Pélican, Fax Info), il est précisé que des logiciels utilisés pour télécharger et partager des images illégales avaient été installés sur les appareils du prévenu.
Lors de ses auditions comme devant le tribunal, Christophe Leperlier a contesté les faits et clamé son innocence. Il a également affirmé avoir hébergé, à Saint-Barthélemy, un homme sans domicile fixe qui aurait, selon les dires du prévenu, pu faire usage de son matériel informatique et, par conséquent, de son adresse IP. Il a été précisé que cet homme n’a jamais pu être identifié et retrouvé par les enquêteurs. Toutefois, des téléchargements d’images à caractère pédopornographique sur les appareils du prévenu ont été relevés par les enquêteurs bien avant son arrivée à Saint-Barthélemy. Les experts de la gendarmerie ont ainsi découvert plusieurs photographies, dont celles d’une élève de l’école.
A l’issue des débats et de l’examen du dossier, le tribunal a estimé que les éléments de preuve concernant les faits supposément commis entre 2016 et 2021 n’étaient pas suffisants. Par conséquent, pour cette partie de la prévention, l’ancien directeur d’école a été relaxé. En revanche, pour la période allant de novembre 2021 à mars 2022, Christophe Leperlier a écopé d’une peine de 18 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, d’une obligation de soin et de l’interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs pendant cinq ans. De plus, l’ancien fonctionnaire âgé de 64 ans a été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv). Depuis son arrestation et son départ de Saint-Barthélemy, l’ancien directeur a notamment travaillé au sein du Service habitat jeune du Comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ) de Granville (Manche).

 

Journal de Saint-Barth N°1671 du 25/06/2026

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