Saint-Barth - Illustration Justice

Justice : Vol, alcoolémie, violences à la barre du tribunal

En ce jeudi 30 avril, la salle «La Capricieuse» de la capitainerie de Gustavia accueille une audience du tribunal judiciaire de proximité. Une greffière, la procureure de la République et la présidente font face à une salle garnie par les personnes convoquées, prévenus et victimes, et des avocats. La présidente ouvre l’audience en procédant à l’appel des présents. En quelques minutes, le rôle (document sur lequel tous les dossiers sont répertoriés) est épuré. Entre les absences, les demandes de renvois à une date ultérieure formulées par les avocats et les reports liés à des questions de procédures, le nombre d’affaires à aborder a considérablement diminué.
 
Un dossier classé
Assis au fond de la salle, un jeune homme se manifeste. Son nom n’a pas été appelé. Il explique avoir perdu sa convocation. Il s’est donc présenté à la gendarmerie pour se renseigner et la date d’audience lui a été communiquée. Mais son nom n’apparaît pas sur le rôle. La procureure pianote sur son ordinateur et finit par trouver le dossier qui concerne un défaut de permis de conduire lors d’un contrôle. Mais l’affaire en question a été classée. « Comme il y avait trop de dossiers en retard, le procureur général a décidé de classer votre dossier », explique au jeune homme la représentante du ministère public. « Donc j’ai juste l’amende à payer ? », interroge le «prévenu». La présidente confirme et lui indique qu’il peut quitter la salle. «Bonne journée et bon courage », lance le jeune homme en se retirant.
 
Petit vol de scooter entre amis
Le premier dossier est appelé. Un habitant de l’île s’avance à la barre. Il vient de fêter ses dix-neuf ans. Il doit répondre de complicité dans le vol d’un scooter commis le 17 mai 2025. A cette date, il est environ une heure du matin quand une femme rentre de son travail dans le quartier de l’Anse des Lézards. Elle stationne son deux-roues et va se coucher. Lorsqu’elle sort à 8 heures pour partir travailler, son scooter a disparu. Elle dépose une plainte à la gendarmerie. L’enquête menée par les militaires leur permet de rapidement identifier et appréhender les deux auteurs du vol qui sont un mineur et le prévenu. Lors de son audition, ce dernier reconnait les faits. A la barre, il explique avoir accepté de « rendre service » à son jeune camarade. « Sans lui demander en quoi consistait ce service ? », s’étonne la présidente, qui enchaîne : « Êtes-vous influençable ? Surtout qu’il est plus jeune que vous. » Le jeune homme ne répond pas. Son casier judiciaire est vierge, il a un emploi, un logement. Présente, la victime explique que son véhicule a été retrouvé mais endommagé. Elle réclame le remboursement des réparations. « Je me suis retrouvée à pied, se plaint-elle. Et puis il y a eu un an de procédure et je n’ai toujours pas été remboursée. Il doit être puni. » La procureure acquiesce, qualifiant les faits de « particulièrement désagréables ». La présidente du tribunal suit les réquisitions et prononce une peine de 500 euros d’amende (« Une mesure de faveur », précise-t-elle) assortie du remboursement des réparations du scooter (828 euros) et d’une amende de 200 euros pour préjudice moral.
 
2,42 grammes d’alcool
Le 16 décembre 2023 à Grand Fond, le prévenu suivant est impliqué dans un accident de la route entre un scooter, sur lequel il circule avec 2,42 grammes d’alcool par litre de sang, et une voiture. S’il est présent à l’audience, c’est parce qu’il a contesté l’ordonnance pénale du jugement qui a été rendu précédemment, en son absence. Il avait écopé de 300 euros d’amende, d’une suspension de son permis de conduire et de l’obligation d’effectuer un stage de sécurité routière. En 2021, il a déjà été condamné pour des faits de conduite en état d’alcoolémie. En 2024, il est à nouveau condamné, cette fois pour défaut de permis de conduire et d’assurance. Le tribunal confirme sa peine initiale, dont six mois de suspension de son permis.
 
Dans la chaleur du carnaval
En période carnavalesque, la parade du Mardi Gras est toujours marquée par des excès en tout genre. Qu’il s’agisse de joie, de partage, mais aussi de libations ou d’extravagance. Elle est aussi, parfois, le théâtre de quelques débordements pouvant aller jusqu’à des actes de violence. Comme ce fut le cas le 4 mars 2025. Ainsi, lors de la traversée de Gustavia par le cortège, une altercation qui oppose plusieurs personnes se termine par une confrontation entre deux hommes. A la barre du tribunal, un habitant de Saint-Barth âgé de 39 ans doit répondre de ces actes de violence. Son adversaire, devenue sa victime dans le cadre de cette affaire, n’est pas présent. Les explications sont assez confuses. Comme les témoignages. Des mots avec une carnavalière, une gifle, des coups échangés, un attroupement, des gendarmes qui interviennent, deux hommes qui luttent à terre, la scène paraît assez brouillonne. Une certitude, néanmoins : l’homme qui s’est opposé au prévenu a porté plainte quatre jours après les faits et a présenté un certificat médical qui fait état d’une plaie à une cuisse refermée avec 23 points de sutures. Face à la juge, le prévenu nie avoir frappé la carnavalière ou avoir porté un coup à la victime avec un bout de verre brisé. « Peut-être s’est-il blessé en tombant ? », suggère-t-il, ajoutant : « Je n’ai insulté ni frappé personne. On m’a frappé à tort, on m’a humilié. » La procureure s’en tient aux témoignages et au certificat médical de la victime. Tout comme la présidente, peu convaincue par la plaidoirie de l’avocate de la défense, qui insiste notamment sur le fait que « les photos de la jambe blessée ne sont pas datées ». Le prévenu écope de deux mois de prison avec sursis et de l’interdiction de détenir ou de porter une arme.
 
 

Journal de Saint-Barth N°1664 du 07/05/2026

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