Saint-Barth -

Jade Laidin, étudiante en Master 2 biodiversité, a étudié pendant six mois l’état de santé du récif corallien de Saint-Barth. (Photo ATE)

Un récif corallien fortement dégradé

Vingt-cinq kilomètres de nage le long des côtes de Saint-Barthélemy. Telle est la distance parcourue en six mois par Jade Laidin, à l’occasion d’un stage réalisé auprès de l’Agence territoriale de l’environnement (ATE), pour observer le récif corallien sur les dix premiers mètres de largeur en partant du rivage et, ainsi, évaluer son état de santé. Le mardi 1er septembre, l’étudiante en «Master 2 biodiversité, écologie, évolution, parcours mer, anthropisation, diagnostic » à l’université d’Angers a passé la soutenance de son rapport de stage. Un document de 41 pages d’ores et déjà accessible dans son intégralité sur le site de l’ATE (www.agencedelenvironnement.fr). Avec pour conclusion la description d’un « état dégradé à très dégradé » de 66,4% de la zone étudiée qui s’étend sur 25,17 hectares, soit deux tiers du linéaire côtier prospectable.

« Un net déclin »
« Malgré une densité corallienne élevée, la façade nord-est se distingue par un état de santé nettement plus dégradé que les zones Ouest et Sud, sous l’effet combiné de l’hydrodynamisme et des échouages massifs de sargasses », constate l’étudiante. Les résultats obtenus par Jade Laidin ont été comparés à une première étude effectuée en 2023. L’ATE remarquent qu’ils mettent en lumière « un net déclin de l’état de santé des récifs sur ces trois dernières années ». 
Le travail de l’étudiante en Master 2 a également porté sur l’état de santé de l’oursin diadème. « Régulateur des algues, il est nettement plus abondant au Sud et à l’Ouest qu’au Nord, rappelle Jade Laidin. La comparaison temporelle révèle une dégradation marquée entre 2023 et 2026 : 57,1 % de la surface commune aux deux campagnes s’est dégradée, 34,4 % est restée stable et seulement 8,6 % s’est améliorée. » Elle estime que cette dégradation pourrait résulter de « pressions locales (rejets domestiques, érosion des sols liée au pâturage caprin) combinées à des pressions globales (réchauffement, maladies coralliennes, échouages de sargasses) ».

Des facteurs multiples
Dans ses conclusions, Jade Laidin évoque les multiples facteurs à l’origine de la dégradation constatée. «Certains, comme le réchauffement des eaux, l’acidification des océans ou la fréquence des échouages de sargasses, relèvent de dynamiques globales sur lesquelles les gestionnaires locaux n’ont aucune prise directe, écrit l’étudiante. D’autres, en revanche, comme les rejets d’eaux usées, la pression de pâturage des cabris, la fréquentation des zones de mouillage sont d’origine locale et donc potentiellement régulables à l’échelle du territoire. »
Aux observations, aux analyses et au diagnostic, le rapport est enrichi d’un travail de cartographie. « Elle permet d’identifier les zones refuges à protéger en priorité et les sites où des actions de restauration, de régulation de la fréquentation ou de surveillance renforcée seraient les plus pertinentes », précise Jade Laidin.
Parallèlement, la scientifique prend soin d’évoquer les « limites méthodologiques » de son travail. « Le protocole d’évaluation reposant en partie sur une appréciation visuelle de l’observateur, une certaine subjectivité reste inévitable », écrit-elle, ajoutant la possibilité « que l’état de santé des récifs soit globalement meilleur sur des zones plus profondes ou plus éloignées de la côte ». Quoi qu’il en soit, la qualité de son travail est saluée par l’Agence territoriale de l’environnement.

De fait, l’Agence souligne que les travaux de l’étudiante seront intégrés au rapport d’Ifrecor 2020-2025.

 

 

Une sortie nature à Petit-Cul-de-Sac avec l’ATE

Explorer la plage de Petit-Cul-de-Sac, découvrir son écosystème, sa végétation et observer les sites de ponte des tortues marines. Voici le programme de la sortie nature proposée par l’Agence territoriale de l’environnement (ATE) le mercredi 16 septembre.
Le rendez-vous, fixé à 17 heures à l’entrée de la plage de Petit-Cul-de-Sac, s’adresse aux adultes et aux enfants âgés de neuf ans et plus qui seront accompagnés d’un adulte.
Les personnes désireuses de prendre part à cette petite échappée environnementale organisée dans le cadre de l’anniversaire (à venir) des trente années d’existence de la Réserve naturelle Nicole Aussedat peuvent s’inscrire en contactant l’Agence par le biais d’un courriel (contact@agencedelenvironnement.fr).
La sortie est gratuite et ouverte à toutes et à tous.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1677 du 03/09/2026

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