Saint-Barth - Barrage sargasses

Des ajustements ont été nécessaires sur le barrage anti-sargasses installé depuis août à l’entrée de la baie de Marigot.

Sargasses : des ajustements sur l’essai de barrage à Marigot

Quelques bancs de sargasses continuent de s’échouer sur des plages de l’île. Rien de comparable aux arrivées massives de juin 2025, néanmoins. Du côté de Marigot, le premier essai de barrage destiné à bloquer et dévier les algues sargasses se poursuit. Avec des premiers ajustements qui sont intervenus peu de temps après la pause du dispositif, début août.
« On a fait face à plusieurs problématiques », confirme Rudi Laplace, conseiller territorial et président de la commission environnement au sein de la Collectivité territoriale. « L’atterrage (fixation du filet sur la terre ferme, ndlr) ne fonctionnait pas très bien car la sargasse passait en dessous. On s’est aperçu qu’il y avait plus de courant sur un côté qui faisait couler la sargasse en dessous. Le filet a été rallongé de vingt mètres et cinq mètres plus profond. La sargasse a été bloqué sur le bord et avec la houle elle est encore passée. » Il a donc fallu trouver d’autres solutions. En réflexion avec la société désignée par la Collectivité territoriale pour installer le barrage. « Il y avait aussi le risque de la casse du filet », précise Rudi Laplace. 
Aussi, dans l’optique d’un déploiement à long terme, le filet a été déplacé un peu plus en haut dans la baie pour vérifier son efficacité.

« On avance à petits pas »
Quelques semaines plus tôt, en raison de l’annonce de mauvaises conditions météorologiques, il avait été décidé de replier le filet. « Mais j’ai voulu en garder une partie pour voir comment il allait réagir aux vagues », explique Rudi Laplace. Toutefois, les effets de la houle, moins agitée que prévue, n’ont pas permis d’en apprendre beaucoup plus. «La prochaine étape sera de décaler le filet un peu plus en hauteur, indique le conseiller territorial. Comme il s’agit d’un projet pilote, on avait prévu de pouvoir se déplacer trois fois, car nous n’avons pas de certitude sur l’endroit idéal. On avance petit à petit. On se rend aussi compte que le système d’atterrage n’est pas quelque chose de très mature au niveau des entreprises. Il y a des solutions. On va justement profiter de ce projet pilote pour creuser les techniques et en trouver une qui fonctionne. »
L’un des premiers objectifs de cet essai grandeur nature est, au-delà de l’efficacité du dispositif, de vérifier sa capacité de résistance. En particulier dans des conditions dites de haute mer. «Lors de nos échanges techniques avec différents fabriquants de filets, on s’est rendu compte qu’ailleurs, ils étaient surtout spécialisés dans les barrages de baie mais que peu avaient de l’expérience en haute mer, raconte Rudi Laplace. Le matériel que l’on a actuellement sera peut-être un peu léger. Mais ce qui est intéressant est que l’on va pouvoir recadrer tout cela pour ceux qui répondront aux prochains marchés. Pour qu’ils proposent du matériel plus solide, car ça existe. On avance à petits pas. »

Un nouveau site de stockage des sargasses
L’une des difficultés, bien identifiées, de Saint-Barthélemy est que l’île ne dispose pas de vastes baies, comme en Guadeloupe ou en Martinique. « Nous, on arrive tout de suite en haute mer, constate Rudi Laplace. Et sinon, après, on a les barrières de corail qui nous empêchent de travailler. Donc c'est assez complexe. Mais l’idée reste la même : dévier un maximum de sargasses pour éviter d’avoir à les ramasser sur les plages. Car ça génère divers problèmes, comme l’érosion. » Sans oublier la circulation des camions de ramassage ou le stockage des sargasses à Saint-Jean. Un site qui devra être prochainement déplacé pour laisser place au nouveau centre de tri des déchets pour les particuliers de Paprec, qui va libérer de l’espace sur son site de public pour qu’EDF puisse y installer des moteurs pendant les travaux de reconstruction de la centrale électrique. Un centre de tri temporaire (entre sept et neuf ans) dont le montant des travaux s’élèvera à environ 3,8 millions d’euros, comme il a été précisé lors du conseil territorial du jeudi 27 août.

Pour en revenir à l’installation de barrages pour lutter contre les échouements de sargasses, le marché de maîtrise d’œuvre et d’installation des dispositifs signé en début d’année avec l’entreprise Egis Water and Maritime s’élève à 419.700 euros. Lorsque l’expérimentation de Marigot aura été concluante, d’autres barrages devraient être déployer à Anse des Cayes et à Cul-de-Sac. Initialement, la Collectivité territoriale avait avancé un délai de deux ans pour la mise en place de l’ensemble de ces dispositifs.

 

Journal de Saint-Barth N°1678 du 10/09/2026

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