Les travaux destinés à creuser un nouveau chenal pour les bateaux dans le lagon de Grand-Cul-de-Sac sont achevés. Ils s’accompagnent de mesures de sécurité.
Dans le lagon de Grand-Cul-de-Sac, un nouveau chenal a été dessiné. Une modification qui ne s’est pas effectuée sans difficulté. De fait, les travaux débutés en mai étaient censés s’étendre sur une durée de trois semaines. En réalité, le «chantier » a nécessité un temps bien plus long. Ce, pour des raisons bien précises qu’évoque le directeur de l’Agence territoriale de l’environnement, Sébastien Gréaux.
« L’emprise initiale du chenal n’a pas été reprise, précise d’emblée le directeur de l’ATE. On est passé légèrement plus au nord pour éviter une zone d’herbier. Malgré des carottages et des tests, quand l’aspiration du sable a commencé, on est tombé sur un cimetière de coraux morts. L’aspiration ne passait plus dans la pompe et il a fallu changer la méthode pour creuser. Ce qui a ralenti l’avancée des travaux. » Des travaux qui sont désormais terminés. « Un balisage a été mis en place pour que les bateaux se repèrent facilement, avec des bouées équipées de lumières, explique Sébastien Gréaux. La dernière bouée, dans la passe, est pour les nageurs. Elle dispose d’une main courante car il arrive que des nageurs se fassent entraîner par le courant dans cette zone. Cela leur permettra de reprendre des forces. »
Le sable aspiré réutilisé
Le directeur de l’ATE souligne le fait que le creusement d’un nouveau chenal s’inscrit dans un projet global sur la zone. «Il y avait aussi un aspect sécurité pour les nageurs qui se retrouvaient à nager dans la zone des bateaux, rappelle-t-il. D’ailleurs, on va communiquer auprès des hôtels et des baigneurs pour leur expliquer qu’à proximité des bouées jaunes, il faut éviter de se baigner. Et on demande aussi aux bateaux de passer près de ces bouées pour éviter les accidents. »
A l’aide de pompes aspirantes, une moyenne d’un peu plus d’un mètre a été creusée pour dessiner le chenal. Sébastien Gréaux indique que le sable aspiré a été récupéré par les deux zones de la plage où la pression est la plus forte : la presqu’île du Guanahani et le coin du Sereno. « Tous les deux ont eu une autorisation environnementale pour réutiliser une partie du sable, insiste-t-il. Mais ils se sont engagés à replanter des végétaux pour tenir ce sable. Le Sereno va aussi mettre en place des pieux hydrauliques qui sont des pieux en bois. Un procédé déjà utilisé ailleurs et qui porte ses fruits. Dans un sens, ils vont casser la houle et dans l’autre retenir le sable. C’est un dispositif assez léger, donc si on voit que ça n’apporte pas grand-chose, ça peut être retiré facilement. Mais c’est un premier test que l’on veut faire pour lutter contre l’érosion de la plage. »
25 mouillages à l’abandon supprimés
Dans le même temps, l’Agence territoriale de l’environnement a constaté que de nombreux mouillages étaient à l’abandon. « On en a profité pour les retirer, précise Sabastien Gréaux. Il y en a quasiment 25, avec des pneus remplis de béton, etc. Il y a toujours eu du mouillage dans la zone et il y a des choses qui date. Nous avons 65 bateaux sous contrat dans la baie et des choses ont été perdues avec le temps. Donc il est difficile de savoir à qui appartenaient ces mouillages. »
Un radar dans la passe
Toujours à Grand-Cul-de-Sac, une caméra radar a été installée au niveau de la passe. Elle permet de mesurer la vitesse de passage des bateaux. « On a eu des accidents, des tortues blessées, donc on veut s’assurer que les gens circulent bien à cinq nœuds comme le veut la réglementation, explique le directeur de l’ATE. On ne verbalisera pas à partir de cette caméra puisque ce n’est pas un radar officiel. En revanche, pour les bateaux en contrat, si un propriétaire ne joue pas le jeu et passe à plusieurs reprises au-delà de la vitesse autorisée, il sera averti une première fois, une deuxième et après on lui retirera son autorisation de mouillage. » Compte tenu du fait qu’il y a près de dix ans sur liste d’attente pour obtenir un mouillage dans la baie, nul doute que cette menace sera bien plus efficace qu’une simple amende.
