Le 6 mai, la directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe, Marie-Line Bassette, est venue à Saint-Barthélemy accompagnée d’une délégation de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) composée d’Emmanuel Massa et d’Ophélie Painchault. Objectif de la visite : que les deux membres des équipes techniques de la commission de régulation puissent « se confronter à la réalité physique du dossier », explique Marie-Line Bassette. Le dossier en question, il s’agit bien entendu de celui du projet de reconstruction de la centrale électrique de Public.
« Ce sont deux personnes qui connaissent bien le dossier puisqu’elles ont travaillé sur le renouvellement de la convention entre l’Etat et la Collectivité, indique la directrice régionale d’EDF. Mais elles n’étaient pas venues depuis deux ans. L’idée était de voir comment sont les choses sur le terrain. Parce que nous sommes sur une opération complexe. Reconstruire sur place une centrale de production pendant que l’on continue à produire, c’est très particulier. Ils ont pu se rendre compte matériellement de tout ce qui est prévu. »
L’indispensable sobriété énergétique
Après une visite de la centrale de Public, la délégation est montée jusqu’au site du phare de Gustavia. « Ils ont pu constater l’exiguïté du terrain », glisse Marie-Line Bassette. La visite s’est poursuivie par une rencontre avec le président du conseil territorial, Xavier Lédée. L’opportunité pour la directrice régionale d’EDF d’évoquer ses préoccupations concernant la future centrale temporaire. « On fait actuellement des études à Saint-Martin pour des centrales temporaires, explique-t-elle, et à chaque fois que l’on entre dans le détail du dossier et de la mise en œuvre, on voit apparaitre des contraintes supplémentaires. Donc pour Saint-Barth on se dit que l’on va anticiper la consultation auprès des soumissionnaires pour la centrale temporaire afin de ne pas avoir de mauvaises surprises à la dernière minute. »
De plus, Marie-Line Bassette précise que la rencontre a aussi été l’occasion de rappeler l’impérieuse nécessité d’une maîtrise de la consommation de l’énergie sur l’île. « Parce que quand on aura cette centrale temporaire, on n’aura pas d’autres moyens, pas d’extension possible, rappelle-t-elle. On sera limité. Déjà aujourd’hui, quand il y a un incident, on fait appel aux effacements pour éviter un délestage auprès de la clientèle. Donc on a eu un échange en Collectivité sur les actions menées en termes de maîtrise de l’énergie et de développement du photovoltaïque. C’est un vrai sujet et il faut arriver à faire passer le message. Soit on a cette sobriété, soit on n’a plus d’électricité. »
Depuis la signature de la convention entre l’État et la Collectivité le 26 janvier dernier, le projet est entré dans une phase de mise en œuvre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), souligne la directrice régionale. « Les équipes d’EDF ont réactivé l’ensemble des acteurs, des ingénieurs qui travaillaient sur le dossier, assure-t-elle. Pour entamer la phase des travaux préliminaires : dimensionnement, emplacement. On entre dans l’étude de détail. » Et d’insister sur un point crucial : « Il faut aussi que la Collectivité s’occupe en urgence de la localisation de l’agence réseau et clientèle qui doit se déplacer. Il faut établir le planning de ce déplacement. Tant qu’il n’y aura pas de nouveau site, cela veut dire que l’on ne peut pas détruire cette partie de la centrale. On entre dans une phase de concrétisation du projet. Pour la centrale temporaire, il faut savoir à quel moment elle va basculer sur un autre site. Pour que l’on puisse lancer les consultations auprès des soumissionnaires et installer cet endroit. »
Pour résumer, le navire est désormais lancé. A une vitesse de croisière mais qui ne permet pas de lambiner. Car chaque hésitation et chaque retard entraîneront des conséquences structurelles et, bien entendu, financières. Pour mémoire, le montant total de l’investissement pour la reconstruction de la centrale a été évalué à près de 400 millions d’euros. La Collectivité devrait investir environ 50 millions d’euros.
