Saint-Barth -

EDF : une situation maîtrisée malgré une hausse de la consommation

En apparence, tout semble aller pour le mieux. Ce, malgré l’arrêt des deux principaux groupes de production de la centrale EDF de Public, le G7 (en panne) et le G8, en maintenance. Mais les apparences sont souvent trompeuses. De fait, un peu plus de deux semaines après le début de la crise de production, si la situation est maîtrisée, elle demeure on ne peut plus instable.

A ce jour, pas moins de treize groupes électrogènes de secours sont arrivés sur l’île. Douze ont été raccordés au réseau via des transformateurs EDF, dans différents quartiers de l’île (Public, Anse des Cayes, Grand Fond, Petit-Cul-de-Sac, Lorient, Saint-Jean, Vitet, Colombier). « Nous en avons un treizième mais qui vient en secours de l’IME (Institut médico-éducatif, à Anse des Cayes) », explique Pierre-Yves Gillot, responsable des sites de Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour EDF Archipel Guadeloupe. « On ne l’utilise qu’en cas de secours si l’IME n’est plus alimenté », précise-t-il.

« On tire sur la chaîne logistique »
Pierre-Yves Gillot estime que le système mis progressivement en place depuis le samedi 24 octobre et l’arrivée des premiers groupes de secours est désormais opérationnel. « On est rodé sur le fonctionnement, le démarrage, les arrêts, le refueling aussi qui tire beaucoup sur la chaîne logistique de l’île, admet-il. On se fait livrer par camion-citerne, on fait le plein jusqu’à deux fois par jour sur les plus gros groupes, avec notre partenaire Rubis. Mais ça fonctionne bien. » Il est à noter qu’en moyenne, les groupes de secours consomment près de 70 litres de fuel par heure. Ce qui représente dix à douze mètres cubes par jour, si l’on tient compte du fait que douze engins sont utilisés.

Un record de consommation
« On est toujours maillé avec les hôteliers, rappelle Pierre-Yves Gillot. Ça marche bien aussi. Ils s’effacent du réseau et fonctionnent avec leurs moyens. » En réalité, la principale difficulté provient de la hausse générale de la consommation électrique. « On a encore battu un record mardi (3 novembre) avec 23,7 MW, constate le dirigeant. On l’avait frôlé le 28 octobre. Alors, ok, il fait très chaud, mais on rappelle bien l’importance des éco-gestes. La sobriété énergétique est indispensable. J’entends des gens qui me disent que s’ils ne le font pas, ce n’est pas grave, de toute façon leur voisin ne le fait pas non plus. Mais non, au contraire. Chaque geste compte. Ce sont les petites gouttes d’eau qui font les grandes rivières. Surtout si on ne se prive pas de son confort. Baisser la clim d’un degré, ça produit une réelle différence sur la consommation. Bon, on voit bien que l’île se remplit de plus en plus… » Ce qui n’est pas pour arranger la situation. Particulièrement sur des sites où les climatisations tournent à plein régime et en continu. La remise en route des principaux groupes de la centrale devrait être salvatrice.

Confiance pour Thanksgiving
Moins de 48 heures après l’arrêt du G7 en raison d’une avarie, la directrice régionale adjointe d’EDF Archipel Guadeloupe, Emma Dahomay Thibaudier annonçait une reprise à la mi-novembre. Pierre-Yves Gillot confirme. « Pour ce qui est du planning des réparations, nous sommes sur ce qu'on a annoncé, c’est-à-dire un retour à la normale à mi-novembre, assure-t-il. Il devrait y avoir un redémarrage du G8 dans la semaine du 9 novembre. Pour le G7, ce sera plus long. Mais vu ce qu’on a passé sans le G8, ça nous donne confiance en notre capacité à tenir pour Thanksgiving. »
En attendant, compte tenu de la hausse de la consommation et de la production qui est maintenue sur le fil d’un rasoir, les pics d’activité vont être surveillés avec attention par les techniciens d’EDF. «Mercredi à 11 heures, c’était un peu haut, puis c’est redescendu avant d’atteindre une pointe à 14 heures, explique Pierre-Yves Gillot. Nous avons ensuite un plateau puis ça remonte vers 19 heures avant de retomber. C’est ce qu’on a pu observer ces derniers jours. Donc c’est dans ces périodes qu’il faut être vigilant sur la consommation. Peut-être en essayant de la déplacer à un autre moment de la journée. Pour ceux qui le peuvent. Je sais que ça n’est pas toujours facile. »
La semaine prochaine, d’autres personnels d’EDF vont arriver sur l’île en renfort. De Saint-Martin, de la Guadeloupe, de la Martinique et… de Corse. « Plutôt côté production, précise pierre-Yves Gillot. Ce sont de gens qui ont l’habitude d’évoluer dans les centrales. »

Si la crise est encore loin d’être réglée, sa résolution est en bonne voie. Mais même après la remise en route du groupe G8 de la centrale, un test grandeur nature interviendra rapidement avec Thanksgiving. Car, avec l’arrivée de nombreux touristes, difficile d’imaginer que la consommation d’énergie puisse ne pas monter en flèche.

 

Journal de Saint-Barth N°1685 du 29/10/2026

Noé Lédée champion
La Toussaint
Crise à EDF