Saint-Barth -

Marie-Line Bassette, directrice générale d’EDF archipel Guadeloupe.

EDF : « On ne fait pas des délestages par plaisir »

Le mois d’août a été marqué par de nombreuses coupures de courant. Des délestages, principalement, qui n’ont pas manqué de susciter de nombreuses interrogations au sein de la population. Marie-Line Bassette, directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe, apporte des explications. 
« On était dans la phase de révision d’une maintenance majeure pour l’un des moteurs les plus puissants de la centrale, le G7, qui produit 8 mégawatts, indique Marie-Line Bassette. On fait ces maintenances en dehors de la haute saison pour avoir un impact limité s'il y avait des problèmes. L’objectif est d'avoir tout fini avant Thanksgiving, pour que ce soit stabilisé. Tout se fait donc sur une période plus courte, en juillet et août. Dès lors que l’on a ce moteur à l’arrêt pendant plusieurs semaines, si on a un autre moyen de production à l’arrêt, cela fragilise la production. Et s’il s’agit du deuxième moteur le plus puissant, cela pose forcément des problèmes. » Or, bien évidemment, c’est ce cas de figure qui s’est produit.

«Plus beaucoupn de marge»
La directrice régionale d’EDF explique : « Nous avons eu ce que l’on appelle un fortuit, sur le G8. Un incident mineur, mais on a été obligé d’arrêter et d’effectuer des travaux pour le remettre en service. Quand on perd deux moteurs qui produisent seize mégawatts, tout de suite, on n’a plus beaucoup de marge. » Surtout quand d’autres problèmes surviennent.

Une nouvelle maintenance
« Les autres moteurs historiques, qui ont été installés dans les années 1980 produisent autour de 3,1 MW quand ils sont au bon fonctionnement, rappelle Marie-Line Bassette. Comme ils sont vieillissants, il y en a certains qui sont limités. Et là, on a cumulé les problèmes, puisqu’en juillet un de ces moteurs a eu une avarie plus importante. Elle a nécessité le remplacement d’une pièce, qui a été commandée. Il y a les délais de fabrication et de livraison. Quand on perd un petit groupe, il n’y a pas d’impact. Mais un moteur plus puissant, c’est autre chose. »
Des mécaniciens de Saint-Martin et de la Martinique ont été envoyés à Saint-Barth pour apporter une aide aux équipes locales afin de réparer le plus rapidement possible le G8. « Maintenant, le G7 doit entrer en maintenance, souligne la directrice. On va laisser dix jours de temporisation pour vérifier si après cette maintenance majeure, il ne se passe rien de particulier. Et après, on enchaînera sur une deuxième. Normalement, il n'aura pas de problème. »

Appel à la sobriété énergétique
Néanmoins, Marie-Line Bassette rappelle que « tant que la nouvelle centrale ne sera pas construite et mise en service, sachant que chaque année la consommation augmente, la tension sur le réseau s’accroit ». Et de préciser : « La centrale est tellement petite à Public que l’on ne peut pas apporter d’autres moyens de production. Il faut donc de la sobriété de consommation sur l’île. Un système électrique doit être équilibré en permanence entre la production et la consommation. On dimensionne une centrale en fonction de la pointe de consommation. Or, à la vue de l’augmentation de la pointe, c’est très tendu. On ne fait pas des délestages par plaisir. C’est notre dernier recours. »

Journal de Saint-Barth N°1677 du 03/09/2026

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