A l’orée du week-end, la situation a semblé prendre une tournure relativement favorable. Pour preuve, le samedi 24 octobre, quatre jours à peine après l’arrêt forcé du groupe de production G7 de la centrale EDF de Public, les délestages ont été nettement moins fréquents, parfois même inexistants. Une amélioration qui était à la fois liée à l’arrivée sur l’île de groupes de production de secours mais aussi et surtout à une modération de la consommation de l’électricité par l’ensemble des habitants, entreprises et commerces de l’île. Néanmoins, depuis le début de la semaine, une hausse de la consommation a été constatée par les services d’EDF Archipel Guadeloupe. Par le biais d’un communiqué presse diffusé le mercredi 28 octobre en début de soirée, la direction d’EDF a ainsi exprimé ses craintes en évoquant « un fort risque de délestages » si une maîtrise de la consommation ne s’installait pas à nouveau à Saint-Barth. « On est sur le fil du rasoir », assure Pierre-Yves Gillot, responsable des sites de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy pour EDF Archipel Guadeloupe.
« Nous risquons aujourd’hui le déséquilibre entre l’offre et la demande malgré l’installation de six groupes électrogènes », renchérit le communiqué d’EDF. Toutefois, si des groupes de secours ont débarqué en nombre depuis le samedi 24 octobre, leur puissance cumulée est loin d’atteindre celle des deux moteurs à l’arrêt. En effet, le G8 en phase de maintenance et le G7 stoppé et démonté pour être réparé produisent à eux seuls 16 MW.
Bientôt neuf groupes de secours
Dès le début de la crise, le mardi 20 octobre, la direction d’EDF et les services de la Collectivité ont coordonné leurs efforts pour trouver au plus vite des solutions. EDF pour détecter et acheminer des groupes de production de secours, la Collectivité pour déterminer les sites où les installer. Depuis le samedi 24 octobre, six groupes sont arrivés de Saint-Martin et de la Guadeloupe. Pierre-Yves Gillot résume : « Le plus gros qu'on ait monté fait 400 kVA. Le poste de transformation sur lequel il est branché (à Anse des Cayes) demande une puissance moindre. Donc on est sûr que ça ne va pas disjoncter, entre guillemets. Sur les six groupes, le plus petit fait 80 kVA. » Raccordés à des postes de transformation en fonction de leur puissance et de leur capacité de production, les groupes de secours ont tous été mis en marche depuis leur installation. Anse des Cayes (à côté de l’Institut médico-éducatif), lotissement Lédée (derrière la piste de l’aéroport), Public, les sites sur lesquels les machines ont été implantées sont divers. Trois autres groupes vont être acheminés dans les prochains jours depuis la Martinique et la Guadeloupe. « Ils devraient arriver ce vendredi », confirme Pierre-Yves Gillot. Pour une durée qui reste à déterminer.
Des renforts en personnel
En effet, selon le responsable EDF, il est prévu que tous les groupes de secours demeurent à Saint-Barth jusqu’à la date estimée de la remise en route des deux principaux groupes de la centrale de Public. C’est-à-dire à la mi-novembre. « Quand on aura redémarré le G8, on peut penser qu'on sera sorti de la crise, déclare pierre-Yves Gillot. Pour autant, on n’exclue pas de les conserver. On verra en fonction des besoins. Le plus difficile, c’est de les faire venir. Maintenant qu’ils sont là, on peut les garder un peu. Mais il ne faut pas oublier qu’ils prennent de la place et qu’ils peuvent créer des nuisances. Ce n’est pas neutre non plus. »
Parallèlement aux moyens matériels, EDF a dépêché des personnels pour venir renforcer les équipes locales. Ainsi, aux 33 agents de la centrale et aux huit de l’agence réseau clientèle sont venus s’ajouter six personnels de Saint-Martin et de la Guadeloupe. Par ailleurs, EDF a demandé aux entreprises chargées d’effectuer les opérations de maintenance sur les groupes G7 et G8 de dépêcher des techniciens supplémentaires. Huit doivent désormais être présents sur l’île.
Un énième appel à la modération
« La mobilisation de chacun est encore aujourd'hui indispensable pour traverser cette période de tension, insiste la direction d’EDF. Les efforts de modération de la consommation doivent continuer car ils constituent un levier essentiel pour sécuriser l'alimentation en électricité de l'île et limiter le recours aux délestages en attendant l’installation d’autres équipements complémentaires qui seront mis en service à la fin de la semaine. »
Pour mémoire, depuis l’arrêt du G7 et du G8, la centrale de public fonctionne sur ses six vieux moteurs, installés entre 1988 et 1997, d’une capacité maximale de 3,1 MW chacun, ainsi que sur des groupes électrogènes temporaires fournis par la société Aggreko.
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Des hôtels qui s’effacent
Depuis le début de la crise, les établissements hôteliers de l’île qui ont signé un contrat d’effacement avec EDF Archipel Guadeloupe fonctionnent hors du réseau, par leurs propres moyens. Sept hôtels sont en contrat d’effacement avec EDF : Airelles Le Guanahani, le Cheval Blanc, Le Barthélemy, Eden Rock, le Christopher, le Fouquet's et le Toiny.
Un arrêté territorial restreignant les « usages non essentiels de l’électricité »
Le vendredi 23 octobre, le président-candidat de la Collectivité territoriale, Xavier Lédeé, a pris un arrêté qui institue des mesures de restriction des « usages non essentiels de l’électricité ». Pêle-mêle, cela implique l’arrêt de la climatisation dans les espaces non occupés, l’interdiction du chauffage et du rafraîchissement des piscines mais aussi des éclairages intérieurs des locaux commerciaux non occupés ainsi que des vitrines et des enseignes commerciales en dehors de horaires d’ouverture ...
