Le vendredi 16 octobre, les élèves de sixième du collège Mireille-Choisy ont accueilli deux intervenants pas tout à fait comme les autres : Cotis et Jody. Connus pour leurs vidéos humoristiques sur Instagram et TikTok, les comédiens guadeloupéens ont troqué les écrans pour la scène afin de sensibiliser les jeunes au harcèlement scolaire à travers une journée riche en échanges et en théâtre d’improvisation.
Libérer la parole par le dialogue
L’intervention s’est ouverte par une table ronde interactive autour des formes de harcèlement, de leurs conséquences et des réflexes à adopter. Particulièrement concernés et renseignés, plusieurs d’entre eux connaissant déjà le numéro national 3018, les collégiens ont participé activement. Dans un cadre bienveillant et libéré, les témoignages se sont enchaînés naturellement face aux deux comédiens arborant pour l’occasion un t-shirt «Non au harcèlement scolaire ».
Place ensuite au jeu d’acteur. Par petits groupes de quatre ou cinq, les élèves ont eu pour consigne d’improviser une scénette de trois minutes. L’exercice imposait des rôles bien précis : un élève harcelé, des harceleurs, un témoin et un adulte chargé de sanctionner.
Malgré l’effervescence et la fatigue du vendredi soir, vacances imminentes obligent, les prestations se sont succédé dans une ambiance rythmée. Derrière les rires et l’enthousiasme, la patience des intervenants a permis de faire passer un message fort : comprendre ce que l’autre ressent en changeant de rôle sur scène. « On leur transmet l’empathie nécessaire pour aider les victimes et réagir », soulignent les humoristes.
Des réflexes pour l’avenir
Depuis quatre ans, le duo sillonne la Guadeloupe et Saint-Martin. Une démarche qui prend tout son sens au regard de leur propre vécu. «Nous avons été harcelés et harceleurs, donc nous connaissons les deux points de vue. C’est le théâtre qui nous a permis de nous en sortir », confient-ils. Jody a d’abord été harceleur avant de devenir victime. Cotis, lui, était « l’intello de la classe » : « Je suis passé du statut de harcelé à celui de harceleur pour ne plus subir les moqueries et pour faire comme tout le monde, pour suivre le groupe ». Une expérience forte qui nourrit leur complicité avec les jeunes, qui les considèrent souvent comme « des grands frères à qui l’on peut tout dire ».
S’ils reconnaissent que certains élèves les ont « soufflés » par leur investissement durant cette journée au collège, Cotis et Jody insistent sur l’intérêt de rejouer ces scènes : « C’est en répétant ces mises en situation que la bonne réaction devient un automatisme. En cas de harcèlement dans la vraie vie, ils sauront quoi faire ».
