Dans le cadre du partenariat Cerom (Comptes économiques rapides pour l’Outre-mer), l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) a procédé à une nouvelle estimation du produit intérieur brut (PIB) par habitant à Saint-Barthélemy. Une note d’évaluation, sur la base de données datées de 2023, a été publiée le 22 juin. Le document indique qu’en 2023, le PIB en valeur de Saint-Barthélemy est estimé à 960,5 millions d’euros. « Rapporté à une population de 10.660 habitants, le PIB par habitant s’élève à 90.103 euros », précise la note.
Ce niveau place l’île largement en tête des économies ultramarines, mais également à un niveau plus de deux fois supérieur à celui observé à l’échelle nationale. À l’international, l’île figure également parmi les territoires au PIB par habitant les plus élevés. Néanmoins, cette estimation doit être considérée avec prudence.
Une estimation « surévaluée »
De fait, le communiqué de presse de l’IEDOM souligne le fait que cette évaluation du PIB par habitant « est toutefois surévaluée dans la mesure où les travailleurs saisonniers contribuent de manière significative à la création de richesse de l’île, sans être inclus dans la population retenue ». L’évaluation se base également sur une population estimée à moins de 11.000 habitants. Or, cette donnée n’a toujours pas été affinée de manière précise. Le dernier recensement mené par la Collectivité territoriale en début d’année devrait pouvoir apporter des éléments plus fiables.
Le document de l’IEDOM précise que le secteur touristique représente 19,7% du PIB estimé. « La demande d’hébergement touristique stimule le secteur de l’immobilier, spécialisé dans la location et la vente de villas, qui alimente à son tour l’activité de la construction (13,8% du PIB), est-il indiqué. Dans l’ensemble, la valeur ajoutée créée par les entreprises représente deux tiers du PIB, tandis que celle des ménages pèse pour 18% du PIB, essentiellement des loyers.»
À l’inverse, la valeur ajoutée des administrations publiques est jugée « extrêmement faible » avec 2,2 % du PIB. « L’autonomie fiscale, conjuguée à l’essor économique porté par le tourisme, procure à la collectivité des recettes fiscales importantes (11,6 % du PIB) qui lui permettent de couvrir ses charges et de déployer une politique d’investissement ambitieuse », souligne l’IEDOM qui rappelle que le territoire est cependant confronté à des difficultés structurelles telles que la rareté du foncier, la tension sur le marché immobilier, les enjeux de gestion plus durable de l’eau, de l’énergie et de ressources naturelles.
Dans une publication en ligne, le président du conseil territorial Xavier Lédée a réagi en écrivant : « La Collectivité a engagé dès 2022 un important travail de fiabilisation de la donnée publique : création d’un poste dédié à la gestion de la donnée, mise en place de l’adressage, adoption du Schéma Directeur des Systèmes d’Information (SDSI) et du Schéma Directeur des Usages du Numérique (SDUN), ainsi que la mise à jour du fichier des entreprises par le service en charge de la CFAE. »
