Saint-Barth - Guanahani Péninsule

Le Guanahani acheté par l’homme d’affaires Stéphane Courbit

Lorsqu’il rouvrira ses portes le 1er novembre, Le Guanahani portera un nouveau nom. Rosewood, qui exploitait le plus vaste établissement hôtelier de l’île depuis six ans, cède sa place à Airelles. L’acquéreur de l’hôtel est l’homme d’affaires français Stéphane Courbit. Il en a fait l’acquisition par le biais de sa holding LOV Group. Le Guanahani va intégrer la Collection Airelles qui compte déjà plusieurs établissements de luxe, principalement dans l’Hexagone et, depuis peu, à Venise (Italie).
Le montant de la transaction n’a pas été officiellement dévoilé. Toutefois, différentes sources immobilières de Saint-Barthélemy évoquent un montant qui pourrait excéder les 200 millions d’euros. Une somme record pour l’achat d’un hôtel sur l’île. Néanmoins, la vente englobe le site d’une superficie d’environ 7,3 hectares, un hôtel de 66 hébergements, comprenant des chambres, des suites et des suites signatures, deux piscines, un spa, un restaurant, sans oublier les logements pour les employés.

Quelques millions pour la Collectivité
Pour la Collectivité territoriale, une opération immobilière d’une telle ampleur est une aubaine. En effet, au titre des droits d’enregistrement, elle va empocher 5% du montant de la vente. De quoi renflouer des caisses déjà bien pleines avec quelques millions d’euros supplémentaires.
Depuis plusieurs années, dès 2019 selon différents articles de la presse hexagonale et étasunienne, Stéphane Courbit cherche à investir à Saint-Barthélemy. D’après une source immobilière locale, les héritiers de l’ancien propriétaire (David Bonderman, financier étasunien décédé en décembre 2024) ont eu à choisir parmi « sept à huit » offres d’achat. Celle formulée par LOV Group et Airelles a été la plus convaincante.
Pour mettre en vente l’établissement, les héritiers de David Bonderman ont activé une clause leur permettant de mettre un terme au contrat de gestion qui les liait à Rosewood. Sur le site Rosewood Global, le groupe annonce : « À compter du 1er octobre 2026, Rosewood cessera d’assurer la gestion du Rosewood Le Guanahani St Barth, dans le cadre de la transition de l’établissement vers un nouveau propriétaire et opérateur. » Le groupe précise que les réservations enregistrées demeurent « confirmées » et que les tarifs restent, pour l’heure, inchangés.

Des équipes inchangées
L’acquisition du Guanahani par Stéphane Courbit n’entraîne aucun changement au sein des personnels, assure une source au sein de l’établissement. « Les équipes restent en place, affirme-t-on au JSB. Il n’y aura pas de changement structurel mais quand les gens entreront le 1er novembre, ils verront des changements cosmétiques. » Car l’ouverture annoncée du Airelles Guanahani est prévue pour le dimanche 1er novembre. Si le groupe Airelles n’a pas encore diffusé de communiqué afin d’annoncer la reprise du Guanahani ainsi que ses intentions pour l’avenir de l’établissement, son site officiel affiche d’ores et déjà un compte à rebours en temps réel. Juste au-dessus des chiffres qui défilent, il est inscrit : «Saint-Barthélemy is calling. Ouverture le 1er novembre 2026. »

Une « montée en gamme »
Le délai de quelques semaines entre l’achat et la réouverture du Guanahani ne permettent pas au nouveau propriétaire d’entreprendre de grandes modifications. La question est désormais de savoir si des travaux seront engagés lors de la prochaine intersaison. « On va monter en gamme, assure-t-on au sein de l’établissement. Mais, en soi, Saint-Barthélemy est déjà une exclusivité. Ce que l’on voit, c’est une ambition d’investir et de continuer à enrichir la destination. »
Le Guanahani devient le premier établissement balnéaire de la Collection Airelles, née en 2017. Celle-ci se compose déjà de sites luxueux à Val d’Isère, à Courchevel, et compte aussi Le Grand Contrôle à Versailles, La Messardière et le Pan Deï Palais à Saint-Tropez, la Bastide de Gordes ainsi que le Palladio à Venise.
Parallèlement, le départ de Rosewood après six années d’exploitation coïncide, comme le remarque la Tribune de l’hôtellerie, avec une consécration internationale. En effet, le groupe compte quatre de ses établissements dans le classement des 50 meilleurs hôtels du monde, dont le Rosewood Hong Kong qui occupe la première place mondiale pour la deuxième année de suite.
Pour mémoire, le ­Guanahani a ouvert ses portes en 1986. Ravagé par l’ouragan Irma en septembre 2017, il a fallu plus de trois années de travaux de rénovation avant qu’il puisse rouvrir à l’orée de la saison touristique, en 2021. 
 

 

Journal de Saint-Barth N°1680 du 24/09/2026

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