Une invitation au voyage. Comme chaque année, le Saint-Barth Film Festival convie les spectateurs à la découverte d’autres territoires, d’autres cultures, à travers le grand écran. Pour cette 29e édition, du 29 avril au 2 mai, le voyage débute non loin de nous, à Saint-Barth. Mercredi 29 avril, le festival s’est ouvert avec une soirée spéciale intitulée Tradition St Bat’ dédiée à la projection de films documentaires sur le patrimoine de l’île (JSB 1662).
Hasard de la sélection, tous les films présentés au cours de la semaine sont des documentaires (courts-métrages et longs-métrages). Habitués du festival ou nouveaux participants, des amoureux du cinéma du réel seront présents pour introduire leur film et échanger avec le public, comme Stéphanie et Steve James. Leur film “La sirène et le chevalier” sera projeté le vendredi 1er mai au Théâtre du Paradis à 10 heures.
« Le documentaire c’est notre genre de prédilection, confie Stéphanie James, productrice du film. Les plus belles histoires se trouvent dans la vraie vie. » Au cours de leur parcours de documentaristes, Steve et Stéphanie James sont rarement partis à la quête de nouvelles histoires, « elles sont toujours venues nous chercher», déclare la productrice.
« Je me devais de partager sa musique et son histoire »

La soprano Charlotta Hundt dans “La sirène et le chevalier” de Steve James sera projeté vendredi 1er mai à 10 heures au Théatre du Paradis de Gustavia
C’est le cas pour ce troisième film sur le chevalier de Saint-Georges intitulé “La sirène et le chevalier”. Ce projet est né sur leur terrasse en Guadeloupe, lorsque la cantatrice suédoise Charlotta Huldt a découvert le destin de ce violoniste né d’une mère esclave et d’un père colon. « C’était une révélation, s’exclame la cantatrice. J’avais fait huit ans de conservatoire sans même connaître son nom. Je me devais de partager sa musique et son histoire. »
Charlotta Hundt se met alors en tête de réécrire ces compositions de violon en air d’opéra. Un processus de création qui a duré sept ans. Pendant toutes ces années, Steve et Stéphanie James ont suivi Charlotta Huldt afin de documenter ce “road-movie musical”, jusqu’à l’apogée de ce projet : la représentation de l’opéra Sucre à Cuba en octobre 2024. « C’était plutôt dramatique, on a eu deux cyclones, un tremblement de terre et une panne de courant sur toute l’île pendant le festival, raconte la cantatrice. Mais on a réussi à faire toutes nos performances avant que le festival soit annulé à cause du cyclone. »
Capturer les évènements de la vie

Christopher Laird
De quoi donner raison à l’expression “la réalité dépasse la fiction”. Avec la production de plus de 300 documentaires à son actif, le réalisateur Christopher Laird connait bien le documentaire. Il s’est essayé à la fiction, mais le cinéma du réel reste ce qu’il préfère. « Je pense que je suis un peu un anthropologue au fond de moi, sourit Christopher Laird. J’aime raconter ce que les traditions disent de nous et capturer les évènements de la vie. »

Le film “No Bois Man No Fraid”, de Christopher Laird suit deux Trinidadiens dans la découverte de leurs origines à travers la pratique d’un art martial : le combat au bâton Kalinda.
Son film “No Bois Man No Fraid”, diffusé ce jeudi 30 avril à 10 heures, suit deux Trinidadiens dans la découverte de leurs origines à travers la pratique d’un art martial : le combat au bâton Kalinda. « Je pense que techniquement, c’est mon meilleur film », s’enthousiasme le réalisateur. Habitué du Saint-Barth Film Festival, Christopher Laird aura droit à une rétrospective de ses court-métrages samedi 2 mai à 10h. « C’est vraiment un honneur, s’émeut le réalisateur. Je ne suis pas seulement fier, je suis touché que mon travail soit reconnu par mes pairs.»

Le court-métrage de Christopher Laird “Concert de la fôret tropicale” sera projeté à l’occasion de la rétrospective sur le réalisateur samedi 2 mai à 10 heures au Théatre du Paradis.
Le court-métrage “The Power of Video” présente la collection Banyan, une archive vidéo numérisée « consacrée à la culture et à la société des Caraïbes.» Le réalisateur a passé quarante ans à rassembler plus de 3.000 cassettes vidéo désormais acquises par le gouvernement de la Barbade. Une mine d’or numérique qui témoigne de “la richesse et de l’étonnante complexité des Caraïbes”.
Jeudi 30 avril 2026
• 20h, AJOE Lorient
- Un Tango Más de German Kral
En présence du réalisateur (2015, documentaire, Allemagne/ Argentine, 1h25
Vendredi 1er mai 2026
10h, Théâtre du Paradis (Gustavia)
- La Sirène et le Chevalier de Steve James
En présence du réalisateur et la cantatrice Charlotta Huldt (2019 à 2026, documentaire, Guadeloupe, États Unis, France, Suède, Cuba, 52m)
• 20h, AJOE Lorient
- Soundtrack to a Coup D’État de Johan Grimonprez
En présence du réalisateur (2024, documentaire, Belgique/France/Pays Bas, 2h30m)
Samedi 2 mai 2026
• 10h, Théâtre du Paradis (Gustavia)
- Rétrospective des courts-métrages de Christopher Laird
Partir (22 min), La mort du cygne (10 min), Concert dans la foret tropicale (25 min), The Power Of Video (6 min) The Banyan Collection
• 20h, AJOE Lorient, soirée de clôture
- Cuban Food Stories de Asori Soto
En présence du producteur exécutif Joey Carey (2018, documentaire, US/Cuba, 1h22m)
Dimanche 3 mai 2026
• 18h, Eglise Anglicane (Gustavia)
- Concert de chant lyrique avec soprano Charlotta Huldt
Entrée libre ; dons acceptés
