Saint-Barth - Salon des Artistes  de Saint-Barthélemy.

Faiza Belkhatir, Liza Blanchard et Clara Cellerier sont les lauréates de la cinquième édition du Salon des Artistes de Saint-Barthélemy.

Le public désigne trois lauréates au Salon des Artistes

Aucune des trois ne semble véritablement y croire. Pourtant, en ce samedi 17 octobre, ce sont bien elles qui viennent d’être déclarées lauréates de la cinquième édition du Salon des Artistes de Saint-Barthélemy. Faiza Belkhatir pour les arts graphiques, Liza Blanchard pour la photographie et Clara Cellerier pour la sculpture. Tout sourire, le directeur du musée du Wall House, Charles Moreau, pose au milieu de celles qui ont été choisies par les visiteurs du Salon. Car il s’agit du ­principe de l’événement : c’est le public qui désigne, par vote, quelles sont ses œuvres préférées.

 

Surprise, «prise de tête» et fierté
« A chaud, je suis encore très surprise car je ne m’y attendais vraiment pas, s’étonne Faiza Belkhatir. Le Salon des artistes, c’est toujours un plaisir d’y participer. Mais je n’avais pas l’espérance de gagner. » Le sentiment est partagé par ses deux camarades de fortune. « C’est la première fois que je participe et c’était une très belle exposition, assure Liza Blanchard. J’ai été surprise de constater qu’il y a autant d’artistes sur l’île et je trouve qu’il faudrait plus les valoriser. Ça fait vingt ans que je fais de la photo sous-marine, mais la première fois que je me lance, donc je suis très fière ! » Clara Cellerier, si elle reconnaît être «contente » d’avoir gagné, tempère : « Dans la catégorie sculpture, il y avait très peu de participants puisqu’on était que trois, donc j’aurais aimé plus de concurrence. Mais c’était la première fois que je faisais une grosse œuvre. Ça m’a pris du temps, la tête aussi ! De savoir que ça a plu, c’est chouette. »

Faiza Belkhatir habite à Saint-Barth depuis 2013, elle travaille à la cantine scolaire le matin et peint l’après-midi. Liza Blanchard est depuis seize ans sur l’île, elle est directrice de La Ligne Saint-Barth et vice-présidente du CESCE. Quant à Clara Cellerier, originaire de l’île, elle est de retour pour s’installer. « Je ne travaille pas pour l’instant, je couve et c’est un travail à plein temps », s’amuse-t-elle.

« Être fort et délicat » 
Sur leur création, les trois artistes portent évidemment un regard particulier. Clara raconte : « Tout était dans ma tête. J’ai choisi une clef ailée parce qu’elle me faisait penser à un poisson volant, parce que j’adore jouer dans les vagues et que je laisse parfois mes émotions et mes secrets dans les vagues en allant me défouler. Et la racines, je l’ai trouvée à Toiny. Je trouvais joli de mélanger le bois et la mer. Le vitrail, ça fait très longtemps que ça me passionne, mais c’est un art très compliqué parce qu’il faut être fort et délicat. » Liza s’est tout simplement laissé emporter par deux de ses passions : la mer et la photo. « Le monde sous-marin me fascine depuis des années, assure-t-elle. Les tortues sont tellement belles à voir nager. On capte un mouvement entre la vague, la mer, la tortue qui nage dans le lagon… » Pour Faiza, la démarche fut tout autre : « J’ai voulu jouer le jeu d’exposer une œuvre pour la première fois. Elle m’est chère car elle représente un deuil que j’ai vécu il y a six ans. J’ai pu symboliser cette perte à travers la peinture. J’ai exposé une partie de moi-même. »

Un peu plus de visibilité
Par ailleurs, les trois femmes insistent sur la nécessité de voir perdurer le Salon. « C’est une vitrine pour les artistes de l’île, la seule que l’on a, d’ailleurs, glisse Faiza. On y tient. Mon espérance est qu’il se passe un jour à une date à laquelle il y a un peu plus de monde sur l’île. Mais il permet de se réunir, se voir, parler… » Clara ajoute : « A chaque édition, on découvre des artistes, même s’ils ne sont pas professionnels. C’est très hétéroclite, ce qui fait que c’est toujours très dur de voter. Mais on a la vision de tout le monde sur l’île. J’ai été professeure des écoles à Lorient et j’avais emmené les enfants. Ils ont adoré pouvoir exprimer leur avis, voter, selon leurs émotions qui sont très différentes des nôtres. »

Liza répète son étonnement de voir autant d’artistes et de créations sur l’île. « Chacun apporte ses émotions, son histoire, il est important de le conserver, confirme-t-elle. Je suis contente que Charles (Moreau) ait pu la décaler. On a un peu plus de ­visibilité. C’est délicat de se faire connaître. Surtout quand on expose pour la première fois. »

La clôture du Salon a été organisée dans le cadre de la Cem’Art de la Chambre économique multiprofessionnelle. Une exposition supplémentaire pour les artistes. Quant à ceux qui n’ont pas été choisis par le public, ils pourront à nouveau tenter de séduire les visiteurs l’année prochaine.

 

Journal de Saint-Barth N°1684 du 22/10/2026

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Exposition au Wall House
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