Et si les violences faites aux femmes et les inégalités de genre appartenaient définitivement au passé ? C’est le parti pris original du Musée National du Patriarcat (MNP), qui invite les visiteurs à se projeter en l’an 2135, dans un monde futuriste où le patriarcat s’est totalement éteint.
Né en 2025 sous une forme virtuelle avant d’être incarné physiquement lors de sessions marquantes à Paris, puis en Martinique et en Guadeloupe, le Musée National du Patriarcat poursuit sa tournée itinérante pour aller au plus près des territoires. À travers une scénographie vivante composée d’objets du quotidien (jouets stéréotypés pour enfants, représentations des rôles féminins/masculins) et d’affiches aux formules percutantes, le parcours questionne nos habitudes les plus ancrées.
« Le musée est avant tout un outil de sensibilisation. Nous avons choisi une approche décalée et humoristique pour parler de sujets graves comme les stéréotypes ou les violences », explique Gwendoline Peltier, responsable communication et collecte de l’association En avant toute(s). « Cela nous permet d’atteindre un public large et de susciter la réflexion sans jamais adopter une posture moralisatrice ou imposer quoi que ce soit », précise-t-elle.
Un besoin de sensibilisation pour le territoire
La venue de l’exposition à Saint-Barthélemy est la résultante de discussions entamées avec la Collectivité. Sur l’île, où le tissu associatif spécialisé sur les questions de violences intrafamiliales reste très limité, l’initiative répond à un réel besoin de prévention.
« Il n’y a aucun territoire au monde qui est exempt de violences ou d’inégalités de genre », rappelle Gwendoline Peltier. « À Saint-Barth, comme ailleurs, ces réalités existent, indépendamment du milieu social. L’idée est de poser un cadre bienveillant pour ouvrir la discussion, même sur des questions complexes. Si la visite permet de déclencher des prises de conscience ou d’amener un couple à échanger sur la charge mentale, alors le pari sera réussi. »
L’exposition est conçue pour être participative et accessible à tous les publics. La visite dure environ une heure, durant laquelle les médiatrices de l’association restent disponibles pour échanger et répondre aux questions.
Un volet éducatif dans les écoles de l’île
Au-delà du grand public, le projet accorde une place centrale à la jeunesse. Dès la rentrée scolaire du 3 novembre, les équipes d’En avant toute(s) mèneront une série d’interventions interactives et d’ateliers pédagogiques directement auprès des élèves de l’île, du primaire jusqu’au collège, dans le cadre du programme national d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité (EVARS).
L’association privilégie une démarche d’éducation populaire, basée sur le dialogue plutôt que sur un cours magistral. À travers des ateliers, des jeux et des questionnaires, les intervenants poseront des questions aux jeunes pour les faire participer et s’exprimer. « Évidemment, la façon de s’adresser au primaire et au collège est différente, on adapte aussi beaucoup en fonction de l’âge », conclut Gwendoline Peltier.
En parallèle, l’association continue de promouvoir son dispositif national d’écoute en ligne via la plateforme commentsefaireaider.fr, un tchat anonyme et gratuit permettant d’accompagner les victimes et les témoins de violences.
Informations pratiques
Du samedi 24 octobre au jeudi 6 novembre 2026.
Musée du Wall House,
Gustavia.
Entrée gratuite.
Renseignements complémentaires sur le compte Instagram @enavanttoutes.
