Saint-Barth -

Le cinéma de l’Ajoe ou l’amour du bénévolat

Depuis sa création, le cinéma de l’Ajoe se veut associatif. Et il entend le rester. « Il faut que ça reste un plaisir », insiste la présidente de l’association, Cécile Coudreau. A chaque séance, les bénévoles sont mobilisés. Pour installer les chaises, tenir le snack, assurer la projection à la technique, accueillir les spectateurs. Sans oublier tout le travail en amont auprès des distributeurs. « Davy Magras et Alban Halgang se partagent les projections, souligne Cécile Coudreau. Et Davy passe beaucoup de temps à contacter les distributeurs pour récupérer des films. Ce n’est pas simple car ce sont de grosses sociétés. Il ne faut jamais oublier que nous sommes un cinéma associatif. »

Négociations avec les distributeurs
Dans le passé, l’Ajoe dépendait essentiellement d’un catalogue de films proposé par la Guadeloupe. Aujourd’hui, ce catalogue s’est réduit et l’association travaille directement avec des distributeurs comme Universal, Disney ou Warner Bros. Entre 2023 et 2025, sur les 65 films programmés, 29 provenaient directement de ces distributeurs. Une évolution qui offre un choix de films plus large mais qui entraîne davantage de contraintes techniques et organisationnelles. «Chaque distributeur impose ses propres conditions, souligne Davy Magras. Il faut mener des négociations séparées avec chacun d’eux et gérer individuellement les KDM (clef numérique temporaire permettant de lire un film au cinéma). Or, ces clefs sont désormais ouvertes sur des périodes plus courtes de 24 heures, ce qui réduit fortement notre marge de manœuvre lorsqu’une séance doit être décalée, par exemple en raison des conditions météo ou d’un manque de bénévoles. »

Une programmation diversifiée
Si le travail se fait désormais en direct avec certains distributeurs, c’est aussi parce que ces derniers ont fait évoluer leurs modes de distribution. «Ce qui contraint parfois à arrêter temporairement la programmation de certains catalogues, explique Davy Magras. Comme avec les films Sony, dont les conditions de diffusion ont changé. À titre d'exemple, les négociations sont toujours en cours concernant la sortie de « Spider-man : Brand New Day » prévue le 29 juillet. »
L’Ajoe s’efforce d’offrir une variété de films aux spectateurs de l’île. Dont certains, moins « grand public ». Mais le nombre d'entrées reste parfois trop faible. « Cela a notamment été le cas pour Les Chèvres (66 entrées), À couteaux tirés (38), La Dégustation (28), Comment j’ai rencontré mon père (55), énumère Davy Magras. Nous cherchons malgré tout à conserver une programmation diversifiée. Comédies françaises, blockbusters, biopics, films en version originale, dessins animés ou encore films multigénérationnels comme Le Roi Lion ou Super Mario. » Pour plaire à toutes et tous, des plus petits aux plus grands. En conservant un esprit familial cher à l’Ajoe.


Simplicité et convivialité
Un fonctionnement qui plait, puisque les chaises installées par les bénévoles trouvent souvent preneurs lors des séances. « Les habitants, les saisonniers, tout le monde vient », se réjouit Cécile Coudreau qui remarque aussi la volonté de modernisation de l’Ajoe avec la mise en place d’une billetterie en ligne après la crise sanitaire du Covid, ainsi que la possibilité de payer les achats au snack par carte bancaire. Des évolutions qui ne doivent toutefois pas faire faire oublier que le cinéma de l’Ajoe demeure une offre associative. Avec une simplicité et une convivialité que les bénévoles et leur présidente entendent faire perdurer.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1668 du 04/06/2026

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