Saint-Barth -

A Saint-Thomas, le Bastille Day au coeur de la semaine de l’héritage français

Cinq jours de musique, de danse, de rassemblements communautaires et de célébrations culturelles. A partir de ce jeudi 9 juillet, Saint-Thomas (Iles vierges étasuniennes) va vibrer au rythme des célébrations qui entourent la Semaine du patrimoine français. Un événement qui permet d’honorer l’héritage de la communauté française dans les Iles Vierges étasuniennes et qui, cette année, aura une saveur particulière puisqu’il marque également un nouveau chapitre dans les relations avec Saint-Barthélemy.
En effet, le 10 mars dernier, le gouverneur des Iles Vierges étasuniennes, Albert Bryan Jr., et le président du conseil territorial de Saint-Barthélemy, Xavier Lédée, ont officiellement acté le jumelage entre les deux îles (JSB 1656). Un document qui offre un cadre aux deux parties pour renforcer les échanges culturels, éducatifs, sportifs et institutionnels.
Odile de Lyrot, ancienne consule de France aux Iles Vierges, a grandement contribué à la concrétisation du jumelage entre Saint-Thomas et Saint-Barth. Elle a également participé à la relance de la Semaine du patrimoine français. Aussi, elle sait les liens et les enjeux d’un tel événement. « Quand les hommes de Saint-Barth sont partis travailler à Saint-Thomas, comme les traversées était très longues, ils restaient un ou deux ans avant de revenir un ou deux mois, explique-t-elle. Ce qui fait que l’on trouve des Magras, des Aubin, des Gréaux, des Querrard, à Saint-Thomas. »
L’ancienne consule de France rappelle que la descendance Saint-Barth est très présente à Saint-Thomas. « Les Saint-Barths se sont installés dans le Sud de l’île, à French Town, explique-t-elle. Là, ce sont surtout des pêcheurs. Dans la partie Nord, ce sont des artisans, maçons, charpentiers, électriciens. Quand ils sont arrivés, ils étaient méprisés. Aujourd’hui, les descendants français forment presque une aristocratie ! Et ils font un effort pour maintenir les traditions, la culture. Malheureusement, un peu moins pour continuer à apprendre le français à leurs enfants. »
A l’occasion de la Semaine du patrimoine français, des produits artisanaux seront proposés aux visiteurs, mais aussi et surtout un espace consacré à la généalogie. « Quand les gens vont arriver, ils pourront mettre leur nom sur un sticker de Saint-Thomas ou de Saint-Barth, précise Odile de Lyrot. On va essayer de les intéresser à remonter dans leur généalogie. » Nul doute que les deux représentants du conseil territorial (Marie-Angèle Aubin et Fabrice Querrard, indique la Collectivité) se prêteront à l’exercice. Tout comme les membres du groupe New Création et ceux de l’association Saint-Barth des amis de Saint-Thomas dont Vianney Blanchard.
Ce jeudi, l’événement commence en musique et avec, cela va sans dire, un coup d’œil intéressé sur le match des quarts de finale de la coupe du monde de football entre la France et le Maroc. Les célébrations se poursuivent le vendredi à « Sibs on the Mountain » où les musiciens de Saint-Barthélemy vont se produire aux côtés du groupe Obsession Band. Samedi, le « Sibs on the Mountain » accueillera à nouveau une soirée de concert et de danse, avec cette fois les groupes The When Band et Jam Band. Dimanche, les festivités se déplaceront à Hull Bay pour le tournoi de pêche au « kingfish » (maquereau royal) organisé par le Northside Sportsfishing Club. Enfin, la Semaine du patrimoine français s’achèvera le mardi 14 juillet par une célébration de la fête nationale à Frenchtown. « Les habitants d’origine française des îles Vierges ont joué un rôle majeur dans des domaines tels que l’agriculture, la pêche, le commerce, la fonction publique, l’éducation et la santé, tandis que les noms de famille et les lieux emblématiques témoignent encore aujourd’hui de plusieurs siècles de présence française », précise Gabrielle Querrard dans le Saint-Thomas Source. Odile de Lyrot ajoute : « Toute le monde aime avoir un passé. Il est rassurant de savoir d’où l’on vient, où sont nos racines. Surtout dans le monde d’aujourd’hui. Quand on connait ses racines, il devient plus facile d’appréhender l’avenir. »   

Journal de Saint-Barth N°1673 du 09/07/2026

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