Saint-Barth - Fête Saint-Louis

A Corossol, la Saint-Louis plus vivante que jamais

Des jeunes gongonnes et de petits marins circulent dans l’assemblée pour distribuer des galettes. La messe touche à sa fin. Quelques minutes plus tard, après une courte procession jusqu’au rocher de Saint-Louis, une couronne de fleurs est jetée à la mer. Comme chaque année depuis la création de la fête de Corossol, en 1963, la tradition est respectée. Au bar, les bénévoles de l’Association Le Corossol (ALC) sont déjà à pied d’œuvre. Tout au long de la journée, ils vont avoir du travail pour rafraichir les visiteurs, qu’ils jouent, dansent, discutent ou qu’ils aient participé au concours de pêche aux orphies de bon matin. 

« Dans le temps, le 24 août, les marins partaient tous à Gustavia pour faire la fête, raconte Patricia Cassez d’ALC. Ils s’habillaient tous en marins, ils faisaient la procession, ils allaient dans toutes les maisons de Gustavia. Ils y passaient la journée, la nuit, et ça continuait le 25. Donc les anciens, dont Félix Danet, se sont dit qu’il faudrait une fête à Corossol. C’est comme ça qu’elle est née en 1963. Et puis comme pour les dames on ne pouvait pas faire la fête sans Dieu, il y a eu la messe. Les gens se réunissait, il n’y avait rien, pas de chapiteau. On essaye de continuer, avec les petites gongonnes et les petits marins ! » 

Arlette Gréaux se souvient. « Dans le haut du quartier, avec la sœur de Félix Danet, Clementia, on préparait les drapeaux, les danses, la fête. Ils ont appelé la fête « Saint-Louis » parce que beaucoup de marin portaient Louis dans leur prénom. La première fête, on l’a eue quand Félix Danet était au conseil municipal. Il y avait l’élection des miss. Des jeunes filles montaient sur les planches de surf et on leur apportait les habits qu’elles devaient mettre sans tomber ! Il y avait aussi Marie-Joëlle Magras née Félix qui réalisait de belles danses avec les jeunes filles. Le French cancan par exemple. Le problème aujourd’hui est qu’il y a de moins en moins de jeunes qui s’investissent pour aider à la préparation de la fête. Donc ce n’est pas évident. Et puis combien de fois elle a été annulée à cause des cyclones ! » Quelques jours avant la fête, Arlette a perdu sa maman. « Mais j’ai tenu à venir, au moins pour la messe, confie-t-elle. Ma mère était de Merlette, mais les trois sœurs se sont mariées avec des marins de Corossol ! » Si elle n’a pas participé aux festivités de l’après-midi et de la soirée, Arlette a eu la bonne surprise d’apprendre qu’elle avait remporté le premier prix de la loterie : une croisière dans la Caraïbe pour deux, offerte par l’ALC et ATA Voyage. 

Quant à la fête, elle fut belle, musicale, familiale, conviviale et chaleureuse.  

Journal de Saint-Barth N°1676 du 28/08/2026

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