Près de 500 invités, plus de 20.000 spectateurs. Il ne s’agit pas des prévisions de l’édition 2026 du Festival du Théâtre de Saint-Barthélemy. Une telle affluence mettrait toute l’île dans un émoi proche de l’embarras ! Ces chiffres correspondent au bilan dévoilé par la directrice artistique du Théâtre du Paradis, à Gustavia, Nadège Emmanuelian, après 24 années de festival. Des nombres qui, à n’en pas douter, grimperont encore lors de cette édition toute particulière : celle qui célèbre le 25e anniversaire de l’événement théâtral de l’année à Saint-Barthélemy.
Un festival « à la forme unique »
« 25 ans déjà », titre Nadège Emmanuelian en tête de l’édito de la plaquette de présentation de la 25e édition. Elle se souvient de la «modeste terrasse » de la présidente de l’association en 2001, Martine Simon, avant de faire le compte des invités et de spectateurs. « De quoi rendre fière notre petite association qui, contre vents et marées, n’a jamais cessé de se battre pour faire vivre ce festival à la forme unique, fondé avant tout sur l’échange et la bienveillance », écrit Nadège Emmanuelian.
Lorsqu’elle évoque le festival, la directrice artistique emploie à plusieurs reprise le terme d’aventure pour le qualifier. Et pour que celle-ci se poursuive depuis tant d’années, Nadège Emmanuelian souligne le rôle indispensable joué par « trois piliers essentiels ». Les artistes invités, en premier lieu, « qui viennent sans contrepartie financière », rappelle-t-elle. Les partenaires, ensuite, « qui offrent aux invités des prestations de grande qualité ». Puis, bien entendu, les bénévoles de SB Artists. « En plus de leurs costumes de comédiens, ils endossent selon les besoins des rôles moins reluisants, précise-t-elle. Placeur, décorateur, accessoiriste, barman, parfois même déboucheur de lavabo… »
Un Paradis à préserver
Nadège Emmanuelian n’oublie pas de saluer « notre ami et technicien lumière », Guillaume Parra. « Il a lui aussi joué un rôle essentiel en transformant la petite salle paroissiale d’autrefois en une véritable salle de spectacle », se souvient-elle, ajoutant : «C’est ainsi que le Théâtre du Paradis est devenu ce qu’il est aujourd’hui. » Un lieu de culture, de partages, d’éducation et de représentations qui doit être préservé. « Une rénovation redonnerait de l’éclat à ce bâtiment modeste mais chargé désormais d’une partie de l’histoire de l’île, glisse Nadège Emmanuelian. Nous avons d’ailleurs repris le dossier concernant l’achat des fauteuils et espérons qu’ils pourront être installés avant le début de la saison. Le Théâtre du Paradis le mérite, pour ses bons et loyaux services rendus à la population locale, pour sa mission d’éducation, de transmission et de divertissement. » Toutefois, pour l’heure, place est faite au 25e anniversaire du festival.
Un parcours historique
Au-delà de la programmation, les spectateurs comme les habitants de l’île peuvent se plonger dans l’histoire de l’association SB Artists et aux origines du théâtre en se rendant au square de la rétrocession, à Gustavia. Là, un parcours inédit de panneaux d’exposition les attend. Les plus anciens y retrouveront des souvenirs tandis que les autres pourront partir à la découverte et s’imprégner des étapes qui ont permis de créer puis de développer l’activité théâtrale à Saint-Barthélemy. « A notre manière, nous essayons aussi d’offrir une autre image de notre île, souvent réduite à des clichés », écrit Nadège Emmanuelian.
Pendant plus d’une semaine, le théâtre va être à l’honneur à Saint-Barthélemy. S’il est un point d’orgue pour SB Artists, il est aussi l’un des incontournables rendez-vous culturels et artistiques de l’île. Un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer. Parce qu’il offre des moments d’évasion, d’émotion, d’humanité. « Le théâtre est ce lieu unique où l’on raconte des histoires qui font écho, de près ou de loin, à celles de la vraie vie, conclut Nadège Emmanuelian. Réunis dans un même espace, au même instant, les spectateurs vibrent à l’intonation d’une actrice, au message puissant d’une autre ou encore à l’ironie d’un personnage. Chaque représentation est unique. » A l’image du Festival de Saint-Barthélemy.
| Les billets sont en vente sur le site du festival. Entrée : 28 euros. Les billets ne sont ni échangeables, ni remboursables. |
Trois pièces, sept représentations
Comme à l’habitude, l’association SB Artists a concocté une programmation variée à l’occasion de son Festival de Théâtre. Trois pièces vont être interprétées sur les planches du Théâtre du Paradis entre le samedi 30 mai et le dimanche 7 juin. Mais attention, deux autres représentations sont inscrites au menu. Ce vendredi 29 mai à 20 heures avec une reprise de « Nos amitiés les plus sincères » signée Nouritza Emmanuelian (interprétée par Malo Julien, Romain Vinsot, Samantha Vettraino et Sandrine Mortier), et le dimanche 7 juin à 18 heures avec une nouvelle représentation de « Redoutables », une comédie interprétée par Blanche Dominique, Cécile Tessier et Inès Tessier.
Le manuel de la jeune mariée
Les 30 et 31 mai à 20 heures.

Pièce écrite et mise en scène par Virginie Lemoine, interprétée par Florence Coste, Nouritza Emmanuelian, Mathilde Moulinat, Cloé Horry, Isabelle Turschwell et Stéphane Corbin.
Résumé : en 1957, cinq futures mariées étudient consciencieusement un manuel de bonnes convenances qui leur distille de précieux conseils : éviter toute opinion politique, se montrer inlassablement dévouée à son époux, tenter de mettre au monde une douzaine d’enfants ou encore désinfecter sa maison avec de l’eau claire et du formol. Une plongée dans le temps drôle, édifiante, historique.
Sherlock Holmes - Le signe des quatre
Les 2, 3 et 4 juin à 20 heures.

Inspiré de la deuxième enquête du célèbre détective inventé par Sir Arthur Conan Doyle, le spectacle est mis en scène par Christophe Delort qui signe ici sa troisième adaptation théâtrale d’une aventure de Sherlock Holmes. Interprétée par Nicolas Bresteau, Bénédicte Bourel, Pierre Cachia.
Résumé : Venez résoudre cette enquête interactive à l’humour familial ! Une série de meurtres à Londres, l’Inde des maharajahs, un fort cerné par les révolutionnaires, un trésor caché, un complot, un juge en vacances et même une pizza 4 fromages !
La disparition de Joseph Mengele
Les 5 et 6 juin à 20 heures.

D’après le livre éponyme d’Olivier Guez, publié aux éditions Grasset et récompensé du Prix Renaudot en 2017. Adaptée et interprétée par Mikaël Chirinian, la pièce est mise en scène par Benoît Giros.
« Un récit glaçant », « une plongée au cœur des ténèbres ». Tels sont quelques extraits des excellentes critiques qui accompagnent cette œuvre depuis sa création. Résumé : en 1949, Joseph Mengele arrive en Argentine. Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979. Comment le médecin « SS » a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
