Saint-Barth - Conseil territorial CT

Conseil territorial : une navette toujours controversée

Un parfum de déjà-vu. Telle est l’impression laissée par la réunion du conseil territorial qui s’est déroulée le jeudi 24 décembre. Dans la salle des délibérations de l’hôtel de la Collectivité, malgré un ordre du jour qui ne semblait guère se prêter à des débats animés, une partie des élus est toutefois parvenue à réinstaller un échantillon de l’ambiance délétère qui a rythmé de nombreuses séances depuis le début du mandat. Néanmoins, les échanges, aussi houleux fussent-ils, ont abouti à l’adoption des dix délibérations inscrites à l’ordre du jour. A commencer par celle consacrée à l’organisation du Village de Noël.

Un budget plus élevé
Sylvère Gréaux (Saint-Barth d’Abord) s’interroge sur l’augmentation du budget de l’événement. L’élu précise qu’il s’élevait à 120.000 euros lorsqu’il était mis en place par le Comité du Tourisme alors qu’il coûtera 165.000 euros cette année. Bettina Cointre (Action-Équilibre), présidente de la commission culture, précise alors qu’un groupe de musique « a un budget plus élevé », tout comme le service de sécurité, une nouvelle animation pour les enfants ou encore la gestion des déchets. La hausse du budget communication, fêtes et cérémonies est également évoqué. Celui-ci étant désormais de 3,6 millions d’euros, Alexandra Questel (Saint-Barth d’Abord), émet le souhait d’en connaître le détail. Sans succès.

Huit mois de travail
Sur le Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM) de l’EHPAD Louis Vialenc, les élus approuvent la délibération à l’unanimité. « Cela fait huit mois que nous travaillons sur le schéma territorial pour l’accompagnement des personnes âgées, souligne Melissa Lake (Unis pour Saint-Barthélemy). Nous travaillons sur la prévention, sur le handicap… » La conseillère du groupe présidentielle est ensuite sollicitée sur les trois points suivants : une modification du code de la route, qui consiste principalement en un changement d’appellation pour les quads, une modification de la règlementation des transports routiers de personnes et de marchandises et l’autorisation de mise en œuvre d’une expérimentation de l’organisation du transport de voyageurs.

Renommer le quad avant de le bannir 
Pour le premier, un long débat s’engage sur le sujet des quads et de leur interdiction de circuler à partir de 2030, déjà entérinée par les élus en 2025. Dimitri Lédée (Action-Équilibre), par la voix de Bettina Cointre, répète son incompréhension vis-à-vis de cette interdiction. « Remplacer les quads sans solution réelle de mobilité, comme un transport en commun et pas uniquement une navette, ne m’apparait pas comme une idée lumineuse. Si le seul argument avancé est la dangerosité, va-t-on interdire les scooters et les motos sur ce même critère ? » Le débat s’allonge mais ne concerne pas le sujet de la délibération du jour, qui est juste le changement d’appellation du quad dans les textes. Avec dix voix « pour », cinq « contre » et trois abstentions, la délibération est adoptée. Tout comme la suivante, consacrée à des modifications de la réglementation des transports routiers.
Ce point concerne principalement la formation et la profession de chauffeur de taxi. Mélissa Lake évoque dans le détail le contenu de ce travail minutieux, avant une adoption à la majorité.

Améliorer la mobilité sur l’île
Le point suivant : la mise en place d’une expérimentation de l’organisation du transport de voyageurs. Un projet «approuvé à l’unanimité lors de l’assemblée générale de la Cem », souligne Mélissa Lake qui insiste sur l’intérêt de l’expérimentation qui a pour but d’améliorer la mobilité sur l’île. « L’expérimentation proposée s’articule autour de cinq axes, précise l’élue : le renfort de licences ponctuelles, la mise en place d’une grille tarifaire expérimentale, l’évolution de la réglementation du transport, le déploiement d’un outil de réservation unique et la gestion des carences. » L’expérience s’étendra sur une durée d’un an. « Il y a une demande des taxis qui ont des besoins et qui se sont énormément mobilisés, assure l’élue. Ils veulent faire évoluer cette réglementation. La Cem a fait un gros travail. » La délibération est adoptée à la majorité. Le ton des débats change ensuite assez rapidement.

La navette au cœur de la discorde
L’examen de la traditionnelle décision modificative du budget plonge rapidement l’assemblée dans une atmosphère nettement plus conflictuelle. Notamment entre le président Xavier Lédée et Alexandra Questel. Lors de son intervention, l’élue s’évertue à pointer du doigt les retards de certains projets, comme celui du centre culturel, et autres dépenses qu’elle estime excessives. « A chaque fois que je vois le trou à Gustavia, je me dis que c’est la résultante même de cette mandature, soit un projet qui n’a pas avancé », lance-t-elle avant de s’interroger sur le fait d’investir 1,2 million d’euro supplémentaire pour l’extension du service de navette sans avoir analysé les résultats de la phase test. Rien de plus normal puisque l’expérimentation ne s’est achevée que la veille du conseil, le 23 septembre.
Absent mais toujours porté par la voix de Bettina Cointre, Dimitri Lédée regrette quant à lui que le plan mobilité imaginé par Jonas Brin et lui en début de mandat, « un système pérenne pensé pour durer », n’ait pas été suivi. «La solution finalement retenue a été de déployer la navette sans aménagement préalable avec une planification que je considère corrompue par les objectifs politiques et électoraux de certains », explique-t-il. Malgré ses efforts pour vanter les mérites d’un service en devenir, Mélissa Lake se heurte aux critiques liées aux coûts de l’opération. Le ton monte lors d’un échange avec Alexandra Questel, puis Xavier Lédée hausse la voix, manifestement agacé par les questions posées par la cheffe de file de Saint-Barth d’Abord. Une foire d’empoigne à peine atténuée par l’intervention posée de Rudi Laplace, puisque c’est ensuite avec sa première vice-présidente Marie-Hélène Bernier que le président se chamaille. Pour finir, la délibération est adoptée à la majorité des voix. Il en va de même pour la suivante sur la révision des autorisations de programme (AP/CP) et d’engagement (AE/CP). Quant aux trois dernières (Admission en non-valeur des créances irrécouvrables et des créances éteintes pour l’exercice 2026 ; Actualisation du régime d’amortissement des immobilisations et des modalités de reprise des subventions d’investissement reçues ; Autorisation au président à signer un protocole transactionnel relatif au remboursement des rémunérations de deux agents affectés au collège Mireille Choisy), elles sont votées à l’unanimité.
 

 

Journal de Saint-Barth N°1681 du 01/10/2026

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