Saint-Barth -

La Croix-Rouge de Saint-Barthélemy voit plus grand et lance un appel aux bénévoles

Vendredi 23 octobre, la Croix-Rouge organisait une réunion publique d’information à destination de ses adhérents, sympathisants et futurs engagés. L’occasion pour l’association d’affirmer haut et fort que son action sur l’île va bien au-delà de sa célèbre boutique solidaire, et de présenter des projets ambitieux pour les mois et années à venir. Mais pour les concrétiser, un ingrédient reste indispensable : le renfort de nouveaux membres actifs.

Devant une assistance attentive, le président de l’unité locale, Éric Djamakorzian, a dressé le bilan et posé les jalons de l’avenir de l’association. Fort aujourd’hui de 25 membres engagés activement et de 49 adhérents, l’organisme entend franchir une nouvelle étape. Grâce à un diagnostic territorial approfondi, la Croix-Rouge a identifié les besoins locaux prioritaires pour bâtir son plan d’action autour de trois axes fondamentaux : prévenir et éduquer, protéger, et relever. Derrière la carte postale d’une île privilégiée, la réalité du terrain rappelle en effet la nécessité absolue de ces actions associatives. Comme le soulignait Éric Djamakorzian, en marge des échanges : « nous sommes quasiment les seuls acteurs sociaux de l’île ».

Une boutique solidaire, mais pas que
Si, dans l’esprit de beaucoup de résidents, la Croix-Rouge se résume à son espace de vente de seconde main, la réalité du terrain est infiniment plus vaste. Certes, le site historique fait peau neuve : les travaux d’agrandissement, soutenus par la Collectivité territoriale, touchent à leur fin. La réouverture est espérée pour la fin du mois de novembre. Cette extension permettra notamment d’intégrer une salle dédiée à l’hygiène pour les bénéficiaires. Des bras seront d’ailleurs requis dès la fin octobre pour orchestrer l’aménagement et la mise en place.
Mais l’engagement de la Croix-Rouge s’illustre sur bien d’autres fronts. Au collège, l’opération « Option Croix-Rouge » voit des binômes de bénévoles intervenir sur des thématiques clés comme l’histoire du monde associatif ou la lutte contre le cyberharcèlement. Tout au long de l’année scolaire, l’association propose également du soutien scolaire gratuit pour accompagner les enfants dont les familles ne peuvent s’offrir les services d’un professeur particulier.

Cap sur 2027
Parmi les chantiers phares figure la reprise en main intégrale des maraudes. Jusqu’alors initiées par l’unité de Saint-Martin et impliquant une logistique lourde d’allers-retours en bateau, ces tournées destinées à aller à la rencontre des plus démunis seront désormais pilotées directement par les équipes locales. Un projet d’envergure qui nécessite le recrutement d’au moins 10 à 12 bénévoles actifs supplémentaires. Pour des raisons de sécurité, chaque sortie en véhicule doit en effet mobiliser au moins trois personnes, à une fréquence bimensuelle pour démarrer.
Autre ambition majeure portée par l’association : la création d’équipes de secouristes pour assurer la couverture sanitaire des événements de l’île, à l’image de ce qui se pratique en métropole. Un axe de développement fort ciblé pour 2027, qui demandera une phase de formation approfondie des volontaires.
Pour concrétiser ces avancées, la campagne d’adhésion vient d’être officiellement lancée. Fidèle à ses sept principes fondateurs (humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité), l’association prône un engagement souple. « Ici, chacun fait comme il peut et comme il veut. C’est un peu le Club Med : tout est proposé, rien n’est imposé », plaisante Éric Djamakorzian. Un état d’esprit qui séduit de nouveaux profils, comme Angela, future adhérente. Habituée à donner de son temps de manière individuelle, elle a décidé cette fois de « sauter le pas » pour intégrer le dispositif des maraudes.
Pour d’autres, l’aventure s’avère déjà particulièrement enrichissante. C’est le cas pour Patricia, bénévole depuis un an et animatrice à l’Ehpad, qui vient chanter chaque vendredi pour les aînés. Devant l’auditoire, elle a évoqué avec émotion ces instants partagés avec une résidente atteinte de la maladie d’Alzheimer : «Quand je chante du Véronique Sanson, sa diva, elle chante aussi. À cet instant précis, je lis dans son regard qu’elle est vraiment là, avec moi. » Une parenthèse lumineuse face à la maladie qu’elle qualifie d’« extrêmement gratifiante », et qui lui donne envie d’en faire encore plus pour les années à venir.
La soirée s’est conclue chaleureusement autour du verre de l’amitié, scellant la promesse d’une Croix-Rouge plus que jamais mobilisée pour son territoire.

 

Journal de Saint-Barth N°1685 du 29/10/2026

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