Saint-Barth - Arc de la Caraïbe caribeen

La Caraïbe en bref

Cuba. 
Le tourisme en chute libre

Tandis que la crise économique que traverse Cuba depuis des mois continue de s’aggraver, l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI) publie un rapport qui laisse apparaître que le tourisme est en chute libre sur l’île. En effet, selon les données de l’ONEI, « seulement » 419.000 visiteurs ont été accueillis à Cuba entre janvier et juillet, contre 1,1 million sur la même période en 2025. Une baisse des arrivées internationales qui représente, en pourcentage, un recul de 62%. Entre mai et juillet, rappelle le Caribbean National Weekly, le département d’État américain a annoncé des mesures visant les entreprises du secteur touristique cubain, notamment des restrictions susceptibles de geler des comptes ou d’empêcher les entreprises concernées d’opérer au sein du système financier américain. Depuis, de grands groupes hôteliers internationaux présents de longue date à Cuba, tels que Meliá, Iberostar et Royalton, ont résilié leurs contrats dans le pays. Les services de paiement Visa et Mastercard ont également été retirés, compliquant davantage la situation pour les voyageurs internationaux et les entreprises du secteur touristique. La desserte aérienne a aussi été considérablement affectée. Des compagnies aériennes majeures, dont World2Fly, Air France, Turkish Airlines et Iberia, ont suspendu leurs vols après l’annonce par le gouvernement cubain de l’impossibilité pour les avions de se ravitailler en carburant sur l’île, en raison de pénuries. En 2019, avant la crise sanitaire du Covid, Cuba avait enregistré la venue de plus de 4,3 millions de visiteurs internationaux. Par ailleurs, le gouvernement cubain estime que l’embargo imposé par les Etats-Unis a entraîné des pertes financières à hauteur de huit milliards de dollars entre mars 2025 et février 2026. Un chiffre qui ne prend pas en compte le blocus pétrolier, précise le quotidien Le Monde dans un article paru le 7 septembre.

Saba. 
Un couteux projet d’élimination des chèvres divagantes 

En 2021, l’entité gouvernementale de Saba a lancé un projet visant à éradiquer les chèvres divagantes. Des ruminants qui, comme à Saint-Barthélemy, endommagent la végétation, provoquent de l’érosion et nuisent aux récifs coralliens en raison des ruissellement de sédiments liés à la disparition de la végétation. Selon un article du Saba News, plus de 8.750 chèvres ont été « retirées » du paysage depuis le début de la campagne, dont environ 5.100 par des chasseurs locaux. Le financement des opérations s’élève à 2,61 millions de dollars depuis 2019, précise le Saba News. Près de 2,23 millions ont d’ores et déjà été dépensés. Le recours à des chasseurs extérieurs a couté plus de 690.000 dollars, l’élevage et la gestion de la viande environ 600.000 dollars, tandis que les primes à l’abattage se montent à 275.000 dollars, soit 65 dollars par chèvre. Les fonds restants (383.575 dollars), précise le Saba News, doivent servir à former l’équipe locale de contrôle animalier. Par ailleurs, il est précisé dans l’article que des données satellitaires indiquent une augmentation de 33,7 % de la verdure de la végétation entre 2017 et 2025, suggérant un rétablissement écologique. Le Saba News précise que le programme est encore loin d’être terminé puisque le gouvernement prévoit au moins deux années supplémentaires pour éliminer les chèvres restantes, suivies d’une période de surveillance d’un à deux ans.

République dominicaine. 
Les recettes fiscales du tourisme ont triplé en dix ans

Dans un article publié le 9 septembre, le Dominican Today rapporte que les recettes fiscales générées par les activités liées au tourisme en République dominicaine ont triplé au cours de la dernière décennie. Elles sont passées d’environ 15 milliards de pesos dominicains (220 millions d’euros) à plus de 45 milliards (660 millions d’euros) en 2025, selon l’économiste Nassim Alemany. Ces chiffres incluent les impôts sur le revenu et autres prélèvements liés au tourisme, ainsi que les taxes perçues auprès des passagers et les revenus générés par les activités hôtelières et touristiques, précise le site d’information. « L’impact économique élargi du secteur s’est également reflété dans ses achats, est-il souligné dans l’article. Les entreprises liées au tourisme ont effectué pour environ 220 milliards de RD$ (3,2 milliards d’euros) d’achats en 2025, dont quelque 68 milliards (997 millions €) auprès du secteur commercial, 26 milliards (381 millions €) auprès de l’industrie manufacturière, 22 milliards (322 millions €) auprès du secteur de la construction et 6,8 milliards (99 millions €) auprès du secteur des transports. »

Saint-Martin. 
Une réforme fiscale qui divise les élus

Les élus de la Collectivité territoriale n’ont pas réussi à trouver un consensus autour de la réforme fiscale présentée le jeudi 10 septembre lors du conseil territorial. Pour que la délibération portant sur la réforme puisse être adoptée, il fallait que 12 des 19 conseillers votent favorablement. Ils n’ont été que 11 à le faire. Par conséquent, comme l’indique le Soualiga Post, la délibération a été reportée au prochain conseil territorial par le président Louis Mussington. La réforme fiscale présentée le 10 septembre se compose de huit objectifs, parmi lesquels figurent notamment la mise à jour de la norme fiscale en lien avec les activités touristiques, l’unification de l’imposition des résultats des entreprises, le soutien de l’emploi par la fiscalité, la mise en place d’un appui fiscal à la stratégie de développement économique posée par le schéma de développement économique. De plus, le Soualiga Post précise que Louis Mussington « souhaite l’installation d’un comité qui réfléchirait aux dispositions à mettre en place pour atteindre les huit objectifs et élaborer précisément « des mesures fiscales, rénovées, simplifiées, mieux adaptées » au territoire ».

Anguilla. 
Renforcement de la collaboration portuaire avec Saint-Martin

Depuis 2023, les mouvements de passagers entre le port de Saint-Martin et celui d’Anguilla (Blowing Point) n’ont eu de cesse de croître. 197.000 en 2023, 251.000 en 2024, 270.000 en 2025 et, entre janvier et juillet de cette année, déjà 240.000 mouvements de passagers enregistrés. Ce qui représente, en moins de sept mois, 89% du total comptabilisé en 2025. Aussi, une rencontre a été organisée la semaine dernière entre les représentants du conseil d’administration des ports de Saint-Martin et d’Anguilla. L’objectif étant, pour les deux parties, de travailler conjointement à un renforcement de leur collaboration. Plusieurs mesures possibles ont été formulées lors des échanges qui se sont tenus à Anguilla. Comme la mise en place de rotations de ferry supplémentaires lors des périodes de pointe ou l’utilisation de navires de taille appropriée pour mieux accueillir les passagers. Le gouvernement d’Anguilla précise dans un communiqué que « les deux parties ont convenu de poursuivre des réunions techniques trimestrielles pour répondre aux préoccupations partagées et identifier des solutions pratiques ».

Porto Rico. 
Une saison record pour le transport en ferry

Le San Juan Star et le Foro Noticioso relaient une information diffusée par l’Autorité intégrée des transports de Porto Rico qui a annoncé jeudi dernier « une croissance record » du nombre de passagers ayant emprunté le système de transport maritime entre les mois de juin et août 2026. Au cours de ces trois mois, plus de 558.000 passagers ont utilisé le service de ferry, soit une augmentation de plus de 13% par rapport à la même période l’année précédente. Pour exemple, sur la liaison desservant les municipalités insulaires de Vieques et Culebra, la fréquentation a augmenté d’environ 13 % entre juin et août, atteignant près de 440 000 passagers durant les mois d’été. En quelques mois, cette ligne a déjà transporté plus de 1,07 million de passagers. Depuis le début de l’année, le San Juan Star souligne le fait que les services de Puerto Rico Ferry ont enregistré une forte hausse de leur fréquentation. Une croissance qui s’inscrit dans la ligne de la progression observée en 2025 avec plus de 1,8 million de passagers sur les différentes lignes.

Guadeloupe. 
Des sociétés soupçonnées de détourner de l’eau du réseau pour la revendre

Un reportage réalisé en Guadeloupe par France Télévision et relayé le 15 septembre sur le site de France Info révèle que des sociétés privées détourneraient de l’eau du réseau avant de la revendre à des prix élevés aux particuliers, à des hôtels, à des restaurants, etc. Le reportage évoque le cas d’un retraité qui, privé d’eau courante, est contraint d’acheter de l’eau à un revendeur pour un montant de 80 euros le mètre cube. Quand le prix de la régie publique, est-il précisé, est de 2,32 euros le mètre cube. « Selon nos informations, l’eau est aussi volée dans les bornes incendie et dans les châteaux d’eau », soulignent les auteurs de l’enquête. Porte-parole du collectif « Woul’o », Yann Céranton explique à France Télévision que « 80.000 Guadeloupéens vivent sans eau », tandis que le réseau endommagé s’apparente à « une passoire » puisque 70% de l’eau produite n’arriverait jamais jusqu’aux habitations.

Martinique. 
Une dette d’un milliard pour la Collectivité territoriale

Un article de Martinique 1ère publié le 15 septembre est consacré au rapport définitif de la Chambre régionale des comptes (CRC). Un document qui analyse la situation financière de la Collectivité territoriale entre 2020 et 2026. Selon nos confrères, le rapport souligne que la dette de la Collectivité a augmenté de 28% entre 2021 et 2024, pour atteindre un milliard d’euros en 2026. Ce qui équivaut, précise la 1ère, au montant exact du budget de la Collectivité territoriale. « Le niveau d’endettement représente, à ce stade, 94 % du montant des recettes de la Collectivité », indique l’autrice de l’article. Elle ajoute que le document « éclaire d’un nouveau jour les multiples dysfonctionnements qui sont apparus cette année, entre les manifestations pour des retards d’allocations, les alertes des satellites ou autres problèmes en cascade ». Il est précisé que la Collectivité affiche des délais de paiements aux entreprises, fournisseurs ou même les prestations sociales de 131 jours. Or, la tolérance est d’un mois pour une Collectivité. « De plus en plus de créanciers vont directement s’adresser au préfet pour obtenir leurs sous, explique la journaliste. Celui-ci est en effet autorisé à effectuer des « mandatements d’office. La CRC a relevé une augmentation globale des dépôts de dossier de 300 %. Le nombre a été multiplié par 6 en cinq ans. » Selon la Chambre régionale des comptes, la crise financière serait notamment liée à une politique ­d’investissement élevée combinée à un « emprunt systématique ». La 1ère remarque que l’exécutif de la Collectivité justifie la situation par « une baisse constante des dotations de l’État » (-2,5% par an) et le recul du marché immobilier qui aurait fait perdre environ 23 millions de recettes en taxes à la Collectivité.

 

Journal de Saint-Barth N°1679 du 17/09/2026

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