Saint-Barth -

L’urgence à améliorer la coordination et la communication de certains secteurs a été soulignée lors d’une rencontre entre les directeurs des aéroports de Sint Maarten et de Saint-Barth, le 27 février en Collectivité territoriale.

Une réflexion pour améliorer la coordination entre Princess Juliana et Rémy-de-Haenen

Les premiers bilans de la saison touristique 2025/2026 annoncent d’ores et déjà une nouvelle hausse de la fréquentation à Saint-Barthélemy. Les visiteurs transitent, dans leur majorité, par l’aéroport international Princess Juliana de Sint Maarten. Les liaisons entre Juliana et l’aéroport de Saint-Barth représentent 60% du trafic global, confirme la direction de Rémy-de-Haenen. Pour exemple, en janvier, sur les 26.341 passagers qui ont atterri à Saint-Barth, 16.123 étaient en provenance de Sint Maarten. Par conséquent, la coordination opérationnelle entre les deux infrastructures aéroportuaires se doit d’être la plus rationnelle et la plus efficace possible. Car il va sans dire qu’une telle activité n’est pas sans poser quelques difficultés. Particulièrement en période de haute fréquentation, qui engendre des situations de congestions qualifiées de «récurrentes » par les professionnels du secteur. Afin de mener une réflexion approfondie sur les « problématiques persistantes » pour y apporter des solutions, la direction de l’aéroport de Saint-Barthélemy a organisé une rencontre avec ses homologues de Princess Juliana, le vendredi 27 février.

Saturation, retards, facteurs aggravants
La réunion s’est tenue en l’hôtel de la Collectivité territoriale, à la Pointe. Une délégation de l’aéroport de Sint Maarten, conduite par son directeur Michael Cleaver, était présente. Tout comme le président de la Collectivité, Xavier Lédée, la présidente du Comité du tourisme, Alexandra Questel, le responsable de la tour de contrôle de Rémy-de-Haenen, Yannick Gréaux, et le directeur de l’aéroport, Fabrice Danet. Les discussions ont porté sur plusieurs points cruciaux et ont permis de dresser plusieurs constats.
Tout d’abord, le fait que la croissance significative du trafic aérien sur les deux aéroports entraine une saturation régulière des installations au sol, tout comme l’espace aérien. « Il en résulte une augmentation des évènements de sécurité », ajoute Fabrice Danet. Par ailleurs, il a été observé que la fin de journée à Juliana est devenue « critique » pour les correspondances vers Saint-Barth. «Une congestion aggravée par l’utilisation de la piste 28, utilisée aux heures de pointe pour les décollages face à la mer en direction de Maho Beach », souligne le directeur de l’aéroport de Saint-Barth qui précise que cette pratique, « adoptée au fil des ans pour maximiser la capacité d’emport des avions au départ de Sint Maarten », engendre des retards importants pour les vols en correspondance. Ces derniers étant momentanément cloués au sol sur les deux aéroports, « ce qui réduit la marge opérationnelle avant le couvre-feu du coucher du soleil ». De plus, cinq « facteurs aggravants » ont été relevés.
Ils sont les suivants : un trafic quotidien élevé de jets privés (plus d’une centaine par jour), des retards et irrégularités de certaines compagnies aériennes, une disponibilité limitée des parkings à l’arrivée, les aléas météorologiques et, pour finir, des difficultés de coordination avec les contrôleurs aériens durant les périodes de forte affluence. Ce, en raison du temps requis pour synchroniser les échanges avec l’ensemble des centres de contrôle aérien voisins, notamment ceux de San Juan et de Miami, afin de traiter les clairances des vols moyens et long-courriers au départ de Juliana. Cinq « facteurs aggravants » qui ont pour conséquences des retards en chaîne et une augmentation des annulations de vols. Selon la direction de l’aéroport, 187 vols ont été annulés depuis le mois de novembre. Dont 144 pour la seule compagnie Winair.

Des solutions
Une analyse de ces constats met en lumière les limites de capacité des deux aéroports face à la hausse croissante du trafic. Une activité opérationnelle qui « engendre des désagréments significatifs pour les passagers, contraints de recourir au ferry ou de passer la nuit à Saint-Martin avant de pouvoir rejoindre Saint-Barthélemy », est-il précisé dans le compte-rendu de la réunion. De plus, il est observé que « les programmes de vols des compagnies aériennes ne sont plus adaptés aux contraintes de capacité des infrastructures aéroportuaires ».
Ces constats effectués, des recommandations ont été suggérées afin d’améliorer rapidement la situation. La mise en place d’une régulation proactive des vols, notamment, pour aligner la demande et la capacité des aéroports. En termes d’horaires, de temps d’escale, de trajectoires, de régulation du trafic et du positionnement sur les aéroports voisins (Anguilla, Saint-Kitts, Antigua) des jets privés, etc. Il est aussi question de mieux anticiper les phénomènes de congestion des pistes, d’adapter les méthodes de travail du contrôle aérien, d’automatiser certaines tâches de coordination (gestion des clairances de départ, principalement), renforcer la coordination et la communication… Mais aussi de créer un espace d’accueil spécifique pour les passagers en transit pour Saint-Barthélemy.
Lors de la réunion du 27 février, les représentants des directions des deux aéroports ont insisté sur l’urgence à mettre en œuvre ces mesures d’amélioration. Sous peine de voir « la régularité et la sécurité des vols demeurer fragiles ».

 

Tourisme : « Améliorer l’accueil de nos visiteurs »
Présente lors de la réunion du 27 février, la présidente du Comité du tourisme, Alexandra Questel, estime que l’aéroport international Princess Juliana « reste stratégique pour Saint-Barthélemy, tant pour l’aviation commerciale que pour le trafic de jets privés ». Elle explique : « Dans le cadre de notre axe prioritaire « coopération régionale et qualité d’accueil », que nous menons en étroite collaboration avec le directeur de l’aéroport de Saint-Barthélemy, Fabrice Danet, nous avons structuré notre action autour de deux orientations majeures. La première vise à améliorer concrètement l’accueil de nos visiteurs dès leur arrivée à Juliana. Nous travaillons à l’installation d’un point relais Saint-Barth à l’aéroport, afin d’accompagner et d’orienter nos clients. Trop souvent, ils manquent d’informations en cas d’annulation de vol, de retard ou de modification de correspondance. Le deuxième axe porte sur la gouvernance. Il nous paraît légitime que Saint-Barthélemy dispose d’un siège au conseil d’administration de l’aéroport de Juliana. Une part significative des flux de jets privés concerne directement notre clientèle. Nous restons structurellement dépendants de cette infrastructure ; il est donc fondamental pour nous d’être associés aux décisions stratégiques et d’anticiper les évolutions futures. Une de ces évolutions devrait être l'agrandissement de leur piste aéroportuaire. »
Par ailleurs, la présidente du CTTSB souligne que la réunion du 27 février a permis de faire un point précis sur la qualité du contrôle aérien et l’organisation de la formation des contrôleurs. « La question de la sécurité est centrale. Sur ce point, nous avons été rassurés par l’annonce du recrutement et de la formation de dix nouveaux agents qui viendront renforcer les équipes (à l’aéroport de Juliana, ndlr). » Un point a également été fait sur la création de nouvelles lignes aériennes à Juliana. Des liaisons directes depuis la Colombie ou le Mexique ont ainsi été annoncées. « Cela nous permet d’anticiper les flux et d’adapter notre stratégie, explique Alexandra Questel. Notre objectif n’est pas d’augmenter la pression sur le territoire, mais de mieux maîtriser les provenances et la qualité des clientèles qui transitent vers Saint-Barthélemy. »

 

 

Journal de Saint-Barth N°1655 du 05/03/2026

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