Villas de location : « On ne veut pas brader l’île »

Depuis Irma, c’est le branle-bas de combat chez les loueurs de villas. L’île, privée de ses plus gros hôtels, compte sur eux pour faire venir les touristes pour les fêtes.

«Après Irma, 15% des réservations effectuées avant ont été remboursées, soit dues aux annulations de vols depuis les USA, soit pures annulations. Il faut ajouter à cela 20 % de report à l’année d’après », calcule Pascale-Minarro Baudouin, présidente de l’association des agences immobilières de Saint-Barthélemy. «Au total, 35% des clients qui avaient prévu de venir ont renoncé. » 

Pour les fêtes, sur les 300 villas que représente l’association, 120 sont prêtes à accueillir des touristes. Mais un mois avant le réveillon, elles ne sont pas prises d’assaut. « Aujourd’hui, à l’approche des fêtes de Noël, de nouveaux clients potentiels se renseignent », rassure Pascale Minarro-Baudouin. « Mais certains marchandent, et demandent par exemple à rester une semaine au lieu de deux, et à moitié prix… »

Comment répondre à cela ? Les loueurs de villas, le Comité du tourisme et la Collectivité ont tenu deux réunions, à l’initiative de l’association des agences immobilières (*), pour élaborer une stratégie. « On s’est tous donné une ligne de conduite qui est de ne pas brader l’île. Nous avons des propriétaires qui n’ont pas attendu les assurances pour réparer leurs maisons, ils ont mis la main à la poche, ils doivent être remerciés. Deuxièmement, on s’est dit qu’il fallait absolument être honnête. Prévenir les touristes qu’ils risquent de voir des maisons endommagées, qu’ils ne pourront pas danser au Nikki Beach ou manger les pieds dans le sable… »

Pour Thanksgiving, jeudi dernier, les premiers clients américains étaient là, certes peu nombreux, mais « ce sont des gens qui voulaient venir. Ces clients-là vont faire de bons retours, on les gâte », sourit Pascale Minarro-Baudouin.

Acheminement, plages, réseau mobile

Les points noirs : le manque de restaurants et bars de plages opérationnels, et le fonctionnement aléatoire du réseau téléphonique et internet, toujours pas réglé. Enfin, l’acheminement est aussi problématique, au vu de l’état de l’aéroport de Juliana. Toutefois, « Air France fait un effort et vient d’installer un vol entre Pointe-à-Pitre et Atlanta. »

(*) L’association des agences immobilières, créée en 2009, regroupe douze structures professionnelles de l’île.


« L’immobilier serein malgré Irma »

Les agences immobilières, par la voix de Pascale Minarro-Baudouin, assurent que les transactions ne souffrent pas outre mesure du passage d’Irma. « On s’est posé beaucoup de questions, et finalement, nous n’avons pas de propriétaire désespéré de vendre », explique Pascale Minarro-Baudouin. « Quant aux biens à la vente qui sont endommagés, des négociations sur le prix selon les travaux à effectuer sont possibles. » Quand aux acquéreurs, « ils viennent, et ce ne sont pas tous des requins qui veulent faire un bon coup, même s’il y en a. Les carnets de rendez-vous sont maintenus ». Une bonne nouvelle pour le secteur, mais aussi pour la Collectivité, qui en 2016 a tiré 40,6% de ses revenus de la taxe sur les droits d’enregistrement et les plus-values immobilières.

JSB 1255

 

 

 

Légende : Pascale Minarro-Baudouin sur la terrasse de la villa Perle, à Saint-Jean, qui a accueilli ses premiers clients de la saison lundi.