Un atterrissage en douceur, quelques pas sur le tarmac suivis des salutations de rigueur et la ministre de l’Outre-mer s’est immédiatement plongée dans l’étude de l’un des dossiers brulants de l’île et de la Collectivité territoriale. En l’occurrence, celui de la maîtrise de l’énergie et, par extension, du projet de construction d’une nouvelle centrale EDF de production d’électricité à Public. Si la visite de Naïma Moutchou à Saint-Barthélemy le lundi 9 mars a été menée tambour battant, sa séquence « énergie » a été la plus longue de la journée.
Dès son arrivée, la ministre a donc pris la direction de la centrale EDF en compagnie du président de la Collectivité, Xavier Lédée, de la sénatrice Micheline Jacques, du député Frantz Gumbs et du préfet Cyrille le Vely. Accueillie par la directrice régionale, Marie-Line Bassette, entourée des responsables locaux, Naïma Moutchou a effectué une visite du site de production. Elle a ensuite présidé une réunion portant sur la convention signée par l’État et la Collectivité sur le projet de construction de la nouvelle usine de production.
Créer un modèle pour répondre aux besoins
« Le sujet de l’énergie est ô combien important dans les territoires d’Outre-mer en général et à Saint-Barthélemy, a déclaré la ministre. Je suis venue pour valoriser un partenariat d’exception. Il y a eu des discussions approfondies entre les services de l’État et la Collectivité. Je remercie aussi madame la sénatrice pour son engagement et son implication. » Naïma Moutchou évoque un investissement de 280 millions d’euros, « dont 50 millions pour la Collectivité », rappelle-t-elle. « Face aux contraintes, il fallait créer un modèle, qui va permettre de répondre aux besoins mais aussi d’anticiper les besoins futurs et de s’inscrire dans la transition énergétique », ajoute-t-elle.
Au sujet des échanges qui ont rythmés la réunion avec les élus et la direction régionale d’EDF, la ministre indique qu’ils ont eu pour but d’inscrire le projet dans un calendrier mais aussi de « voir quelles sont les difficultés ». Naïma Moutchou a évoqué «un chantier complexe et unique en son genre ». Une évidence, compte tenu des contraintes financières, foncières et structurelles. Comme l’a rappelé quelques minutes plus tard la directrice régionale d’EDF Marie Line Bassette, après le départ du «Moutchou express » pour une deuxième séquence en gendarmerie (lire page 3).
Si l’année 2026 s’annonce rythmée par des rencontres régulières entre la Collectivité, l’État et EDF destinées à affiner les contours du projet de nouvelle centrale, ce même projet va nécessairement s’inscrire sur un temps long pour sa réalisation. « Il est sûr que la nouvelle construction d’une centrale a des enjeux énormes car ce sera une première de reconstruire en lieu et place, tout en étant en exploitation, une nouvelle centrale », explique Marie-Line Bassette. Elle assure que les discussions avec la ministre ont permis « de prendre conscience de l’exiguïté du terrain, des enjeux énergétiques et le sujet de la maîtrise de l’énergie ». Mais aussi de la complexité des travaux à venir.
Un chantier « très compliqué »
« Ça va être un chantier très compliqué, déclare Marie-Line Bassette. Pendant la période de construction, on va être limité sur le niveau de consommation par la centrale temporaire que l’on va mettre en place. A terme, avec la nouvelle centrale, ce sera différent. Mais quand les travaux vont commencer, ce sera un Tetris. Il va falloir déplacer les locaux de l’agence, puis commencer à démolir, déplacer des objets, mettre en place la centrale temporaire avant de pouvoir commencer à arrêter les moteurs qui doivent être déclassés, puis les enlever, dépolluer et, enfin, commencer à construire. Vous voyez, on est parti pour de nombreuses années. Au moins cinq ans, si tout se passe bien. Donc plus tôt on commencera, mieux ce sera pour tous. »
Tout au long des travaux, la directrice régionale rappelle que la production d’énergie restera identique à ce qu’elle est aujourd’hui. « C’est pour cela qu’il faut absolument qu’il y ait en parallèle des actions pour la maîtrise de l’énergie, explique-t-elle. Un comité MDE (Maîtrise de l’énergie), avec la Collectivité et les services de l’Etat, va réfléchir pour définir les leviers et les accompagnements pour pouvoir réduire la consommation. On va faire d’une contrainte une opportunité. Pendant cette phase, on ne pourra pas croître, donc c’est le bon moment pour réfléchir à la consommation de l’électricité. »
Dans un précédent entretien accordé au JSB, en septembre 2025 (JSB 1632), Marie Line Bassette évoquait « un ordre de grandeur de sept années » pour la durée des travaux. Par ailleurs, le montant total de l’investissement pour la reconstruction de la centrale a été évalué à près de 400 millions d’euros.
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Xavier Lédée, président de la Collectivité Sur le dossier de l’énergie : Sur le dispositif de frontière intelligente : |

La ministre a également effectué une visite guidée de la ferme pédagogique, à Gouverneur.
