Saint-Barth -

©Albane Harmange

Frontière intelligente : un nouveau capteur pour surveiller les côtes

Sur le fort de la gendarmerie, la délégation a présenté succinctement à la ministre des Outre-mer le projet de «frontière intelligente ». Cyrille Le Vély, préfet de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, explique : « L’objectif c’est d’appliquer notre souveraineté nationale. Saint-Barth, c’est une trentaine de kilomètres de côtes, on peut supposer qu’il se passe plein de choses, notamment en matière de narcotrafic. Le concept c’est de pouvoir repérer, identifier et intervenir s’il y a lieu. » En octobre 2025, le préfet a reçu une lettre de mission des autorités ministérielles l’invitant à rendre un rapport sur un dispositif de frontière intelligente adéquat pour l’île. Une mission du ministère de l’Intérieur est déjà venue en novembre 2025 pour étudier les différentes technologies de surveillance des côtes pouvant s’adapter aux caractéristiques de Saint-Barth.

Un outil sophistiqué
« Au début du mandat, le service des douanes nous avait exprimé ses difficultés, retrace Fabrice Querrard, président de la commission de maîtrise du développement et modernisation du territoire. On a cherché des solutions qui pouvaient répondre aux besoins et on est tombé sur un prestataire.» Lors du Comité interministériel des Outre-mer 2025, le président de la Collectivité Xavier Lédée a formalisé cette demande en suggérant l’installation d’un capteur, la création d’un centre de surveillance unitaire (CSU) et la mise en place d’un questionnaire à l’arrivée sur le territoire. Ce capteur, qui a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros, doit permettre de « surveiller les flux de personnes entre les deux îles » selon Fabrice Querrard. Cette caméra à la technologie avancée a déjà été réceptionnée sur Saint-Barth, elle devrait être opérationnelle dans les semaines à venir.

Des enjeux juridiques 
Sur ce même volet de frontière intelligente, la Collectivité a lancé les démarches pour la création d’un centre de surveillance unitaire (CSU). Il s’agit concrètement d’une salle de visionnage des images retransmises en direct par les caméras installées sur l’île, et aussi, ce nouveau capteur. La Collectivité désire installer un agent derrière ces écrans, ce qui « permettrait d’avancer sur la verbalisation par exemple des dépôts d’ordures sauvages », ajoute Fabrice Querrard. Ce dispositif de frontière intelligente nécessite une collaboration fine entre la Collectivité et les services de l’État. Les deux entités devront déterminer quels sont les comportements suspicieux nécessitant une alerte aux services de la gendarmerie. « Il y a des enjeux juridiques parce qu’il y a un certain nombre de réglementations à respecter et peut-être aussi à faire évoluer, pointe Cyrille Le Vély. C’est aussi un volet important du travail qui m’a été confié : commencer à poser les bases d’un travail juridique, pour que tout ça puisse se finaliser. » Le préfet de Saint-Barth et Saint-Martin doit rendre son rapport sur le sujet fin avril.

 

Mutualiser l’expertise en cybersécurité
Au cours de la visite ministérielle réglée au pas de course, Fabrice Querrard a profité de son intervention sur le fort de la gendarmerie pour attirer l’attention de Naïma Moutchou sur un tout autre dossier : la cybersécurité. La Collectivité travaille sur l’élaboration de communautés de CSIRT (Computer Security incident Response Team). Les CSIRT sont des centres de réponse aux incidents cyber. Saint-Barth fait partie du CSIRT Atlantic qui regroupe la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Les entreprises qui sont victimes d’une attaque cyber peuvent appeler sans surcoût le numéro suivant, du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17H : 0970 260 801. 

La Collectivité envisage donc de créer une communauté de ces centres de réponse afin de proposer à d’autres territoires l’expertise française dans le domaine de la cybersécurité. « L’idée c’est de pouvoir créer une plateforme d’échanges entre les centres des différents territoires, qu’ils soient de pays indépendants comme la Barbade ou Saint-Kitts, ou d’autres territoires européens, précise l’élu. Grâce à des économies d’échelle, l’Agence caribéenne de la cybersécurité pourra proposer à ses adhérents des services supplémentaires avec des coûts infiniment moins élevés. »

 

Étape culturelle au Domaine Félicité

Après une matinée très protocolaire, la ministre des Outre-mer a été accueillie au domaine Félicité. Arlette Magras a fait la prouesse de résumer en quelques minutes l’histoire riche du caillou et de la famille Magras détenue dans ces lieux. Naïma Moutchou a souri à l’évocation des enfants qui dormaient tous en hamac dans la même pièce, ou encore, en découvrant l’impressionnant arbre généalogique de la famille. Alain Magras s’est occupé de la suite de la visite en dévoilant sa connaissance infinie des plantes locales et des nombreuses archives qui composent ce lieu de mémoire. 

Journal de Saint-Barth N°1656 du 12/03/2026

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