Carole Gruson à la barre pendant six heures

La gérante du Ti St Barth est accusée de travail dissimulé : elle rémunérait ses salariés en partie en pourboire, en leur donnant à la fin de chaque mois des sommes en espèces, non déclarées.

Une audience marathon le 22 mars à Saint-Martin pour la gérante du Ti Saint-Barth, Carole Gruson, accusée de travail dissimulé en récidive, blanchiment d’argent et abus de biens sociaux, des faits présumés commis entre 2011 et 2015.

Cette année-là, l’un de ses employés a déposé plainte, suivi par six de ses collègues de feu le First Floor et du Ti Saint-Barth. L’enquête a d’abord été menée par la brigade de gendarmerie de Saint-Barth, puis le parquet a co-saisi en décembre 2015 la brigade de recherche de Saint-Martin et le Groupement d’intervention régional (GIR) en Guadeloupe. En mars 2017, Carole Gruson a été convoquée en justice. Il lui est reproché d’avoir versé à tous ses employés des compléments de salaires en espèces à la fin de chaque mois, des sommes convenues au moment de l’embauche mais qui n’étaient déclarées nulle part. Au total, ce sont près de 2 millions d’euros qui auraient été ainsi dissimulés aux organismes sociaux. La caisse générale de sécurité sociale de Pointe-à-Pitre s’est portée partie civile dans l’affaire.

La prévenue aurait également prélevé une part des pourboires, et aurait cédé une partie de ces « tips » à certains personnels qui ne sont pas en contact direct avec la clientèle, ce qui est contraire à la loi. Les avocats de la gérante ont dénoncé une enquête mal réalisée.

La confiscation de sa villa requise

Quoi qu’il en soit, après six heures de débat, le parquet a requis la confiscation de la villa de l’accusée à Gustavia (d’une valeur estimée à 1,6 million d’euros, a peu près l’équivalent du préjudice) et une amende de 75.000 euros contre le Ti Saint-Barth. Il a aussi demandé la publication du jugement dans les journaux. Le tribunal rendra son délibéré le 21 juin.

Carole Gruson, de son côté, tient à préciser que les mêmes salariés avaient été condamnés à l’issue d’une procédure engagée contre le Ti Saint-Barth aux Prud’hommes en 2015.

Ils réclamaient la requalification de la rupture de leurs contrats de travail, le paiement d’heures supplémentaires et de congés payés sur les pourboires, entre autres.

La gérante dénonçait alors un système de détournement de recettes qu’ils auraient mis en place au sein de l’établissement, en modifiant les tickets de caisse après paiement, pour en augmenter la partie pourboire.

JSB 1274