Des échouements de sargasses sur les plages de Saint-Barthélemy se produisent régulièrement depuis une semaine. D’autres arrivages sont annoncés dans les prochains jours.
Grand Fond, Toiny, Cul-de-Sac, Saint-Jean, Grands Galets, Gouverneur… La liste des plages sur lesquelles les sargasses sont venues s’échouer depuis une semaine est quasi exhaustive. Rares sont les sites, à Saint-Barthélemy, qui n’ont pas été touchés par l’arrivée des nappes marrons si redoutées. « Au sud-est, à l'est et au nord de Saint-Barthélemy, des radeaux sont nombreux », constate Météo France dans son bulletin de prévision d’échouement des sargasses. « Des arrivages vont se faire sur les deux îles, mais surtout sur Saint-Barthélemy, sur le littoral exposé au flux de sud-est, est-il précisé. Plus loin à l'est, les radeaux sont bien présents, à se multiplier encore pour les semaines à venir. » La tendance n’est donc pas, en cette fin mars, à une accalmie.
Tandis que les algues envahissantes amorcent leur retour, le président de la commission environnement au sein de la Collectivité territoriale, Rudi Laplace, se démène pour que l’île bénéficie d’une protection. « On essaye d’avancer sur plusieurs axes, explique le conseiller territorial du groupe Saint-Barth d’Abord. On a validé la société Egis (Egis Water and maritime, basée à Montpellier, ndlr) pour nous accompagner sur la partie études, réalisation du marché des barrages. Ça nous permet d’avoir vision globale à long terme. L’objectif est de travailler sur le barrage test de Marigot mais aussi sur la protection de l’ensemble de la côte Nord de l’île. De Petit-Cul jusqu’à Petite Anse. Ce n’est pas un projet qui va se faire en un an. C’est quelque chose qui va s’étaler sur deux ans, deux ans et demi au minimum avant qu’on réussisse, avec un peu de chance, à protéger la partie Nord. »
Des initiatives privées
Pour l’heure, l’objectif est donc de déployer un premier barrage pour protéger la baie de Marigot. Pourquoi ce «spot» ? Parce que la Collectivité dispose, explique Rudi Laplace, de données fiables sur les courants marins dans cette zone. Mais l’élu prévient : « Ce n’est pas le tout d’avoir des barrages. Il faut aussi des sociétés qui soient là pour entretenir et récolter les sargasses. En tout cas la partie qui sera coincée sur le barrage. D’une façon ou d’une autre, il devrait y avoir des bateaux ou des engins maritimes pour gérer cette sargasse qui se stocke. La solution peut être de la repousser mais aussi du ramassage si on n’a pas le choix. »
Par ailleurs, des initiatives privées ont d’ores et déjà été lancées. Notamment par des hôteliers qui souhaitent ne plus avoir à revivre l’invasion de juin 2025 et les pertes financières qui l’ont accompagnée. Rudi Laplace confirme que « des réunions ont été initiées » avec des riverains et auxquelles la Collectivité a pris part. « En passant par des financements privés, c’est plus simple, rappelle le conseiller territorial. On valide l’achat et la commande, ça peut être fait en une semaine. Avec les marchés publics, c’est différent. »
En attendant, les sargasses repointent leur allure filasse sur les plages. Sans se soucier des préoccupations des habitants.
