La principale Leela Connor Hanson et son adjoint Olivier Gréaux ont écouté les inquiétudes des parents et promis de les transmettre à leur hiérarchie. 

Des parents vent debout contre le port obligatoire du masque au collège

Plusieurs dizaines de parents se sont rassemblés devant le collège lundi 7 septembre pour protester contre l’obligation du port du masque pour les élèves au sein de l’établissement, y compris durant les cours. Ils dénoncent une privation excessive de liberté et craignent des effets néfastes pour la santé. Entendus par la direction du collège, puis reçus à la Collectivité, ils ne comptent pas en rester là.

 

Trente à quarante parents d’élèves scolarisés au collège Mireille-Choisy se sont réunis devant l’établissement, lundi à 7 heures, pour exprimer leur opposition à l’obligation du port du masque. Depuis le 1er septembre les collégiens doivent masquer leur visage dès qu’ils passent le portail, y compris en classe.

Incompréhensible pour certains parents qui dénoncent une privation de liberté, des incohérences des règlementations autour du Covid-19, et craignent pour la santé des enfants. « Ils se sont fréquentés tout l’été, et dès qu’ils sortent du collège ils enlèvent les masques et se sautent dans les bras. A la cantine ils mangent sans le masque, et sans distanciation. Pour les cours de sport ils courent sans masque, tous ensemble… », soupire une mère de famille. « Ça n’a pas de sens ! » « Nous voulons que nos enfants puissent respirer, au moins une fois qu’ils sont assis en classe », ajoute une autre maman. « On ne veut pas s’opposer pour s’opposer. Mais ça fait six mois qu’ils ne sont pas allés à l’école, aujourd’hui ils ont besoin de pouvoir échanger, s’exprimer, et respirer ! » «C’est limite de la maltraitance », grogne un papa.

Une pétition embryonnaire circule parmi les parents. Ils listent leurs arguments : « Les enfants se côtoient sans masque à l’extérieur du collège, leurs petits frères et sœurs en primaire ne portent pas le masque. Il fait très chaud et ils passent leur journée à essuyer leur visage avec leur masque (qui de ce fait devient rapidement inefficace), ceux qui portent des lunettes sont gênés. »
Ils insistent sur le fait que la circulation du virus à Saint-Barthélemy est très faible, « nous sommes en période touristique creuse avec très peu d’entrées sur l’île, ayant tous un PCR négatif ». Et demandent à ce que les collégiens « reprennent une scolarité normale sans entrave à leur apprentissage ».

Certains craignent que le masque lui-même cause des problèmes de santé à leur progéniture, davantage que le Covid-19. « Nos enfants, on vous les confie en bonne santé, il ne faudrait pas que vous nous les rendiez en mauvaise santé », prévient un papa à l’attention de la principale, Leela Connor-Hanson, venue à la rencontre des mécontents. Elle explique qu’elle n’est pas décisionnaire et bien obligée d’appliquer les consignes nationales. « Que se passe-t-il si vous prenez la responsabilité de dire “bas les masques” ? » demande une femme. « A ce moment-là, c’est moi qui arrive devant le tribunal », répond la principale. « Mais en tant qu’héroïne ! » rit une maman. Un père s’agace : « Vous mettez en danger la santé de nos enfants. » « J’applique les règles édictées par le ministère, la préfecture, l’ARS », rétorque Leela Connor Hanson. « Que se passe-t-il si un enfant a un malaise à force de ne pas pouvoir respirer ? » « On a une infirmerie ; on n’a pas encore d’infirmière mais une candidature est en cours d’étude. » « On ne pourra pas accepter un enfant sans son masque, c’est le règlement, et ce n’est pas ici que ça se décide, on ne peut pas prendre cette responsabilité tous seuls», expliquent le principal adjoint Olivier Gréaux et le CPE Andy Laplace. « C’est ridicule ! Tout est débile », s’énerve un papa. Les parents comprennent bien que localement, la direction du collège ne peut rien.

La Collectivité n’est pas contre
Une délégation de huit personnes marche jusqu’à la Collectivité. Elles sont reçues séance tenante par le directeur de cabinet du Président, Thierry Aron. Lui aussi entend les inquiétudes des parents, et souligne que la Collectivité ne demande qu’à bénéficier de souplesse pour adapter les mesures à son territoire. Cependant, elle ne peut rien aujourd’hui sur les règlementations en matière de santé publique, qui plus est au sein de l’Education nationale.

Les parents ont donc décidé de s’organiser. Ils ont créé un collectif, rejoint par une avocate qui fait office de conseil. Ils ont lancé une page Facebook intitulée “Libre de respirer !” qui regroupe déjà 200 membres. Et dans les jours qui viennent, ils feront circuler une pétition pour faire valoir ce qu’ils considèrent comme leur droit le plus strict : que chaque famille décide elle-même de faire porter le masque à son enfant, ou non.

Un écho à Saint-Pierre-et-Miquelon : jeudi 3 septembre, le préfet a autorisé les enfants à se dispenser de porter le masque à l’école, à la demande des parents d’élèves, qui arguaient de la non-circulation du virus sur l’archipel. Ce dernier avait connu cinq cas en tout et pour tout, tous guéris. Mais les 4 et 5 septembre quatre cas positifs de Covid ont été détectés sur l’archipel, contraignant le préfet Thierry Devimeux à faire machine arrière et revenir aux directives nationales.

Journal de Saint-Barth N°1388 du 09/09/2020

Bilan de la saison estivale
La dengue progresse
Contre le masque au collège